Politique et intérêts personnels:Le vrai visage des opposants

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Est-il aisé de les appeler opposants, mécontents ou aigris? La question mérite d’être posée au regard de l’histoire politique qui a commencé par s’écrire avec l’avènement du régime actuel au lendemain du 6 avril 2016. L’opposition actuelle n’est qu’un ramassis de personnes qui n’ont pu combler leurs attentes.

La capacité à soutenir un régime dépend des privilèges qu’on a reçus à un moment donné. C’est en résumé  la consistance du système partisan et la raison d’être de l’opposition sous nos cieux. On est opposant par ici parce qu’on n’a pas eu du pouvoir ce qu’on souhaite avoir. C’est le principe de base qui guide la conscience opposante dans la République. A voir le conglomérat des acteurs politiques se réclamant de l’opposition, on réalise parfaitement qu’ils ne sont que ces farouches partisans d’hier que le pouvoir n’a pas pu contenter à un moment où à un autre.  Point n’est vraiment besoin de se lancer dans des conjectures, car l’évidence saute à l’œil. Le premier sur la liste que l’opinion présente actuellement comme victime du régime du Nouveau départ, c’est Sébastien Ajavon. Cet homme d’affaires a été l’un des premiers soutiens du Président de la République dès son accession au pouvoir. Il ne serait pas exagéré de l’appeler premier ténor de la mouvance sous la rupture, car il l’a exprimée publiquement. Cependant, il n’a pas fallu assez de temps pour qu’il tourne casaque. Le premier soutien de l’actuel Chef de l’Etat a rompu très tôt les amarres toujours pour des raisons intéressées. Il a semblé qu’à un moment ou à un autre, on ne s’est pas accordé sur les intérêts en jeu.

On a beau présenter l’homme comme le puissant homme d’affaires, mais il n’a pas fait toute cette politique par sentimentalisme. Il lui fallait donc un retour sur investissement avec ce nouvel engagement politique. Comme les attentes n’ont pas été véritablement comblées,  le roi de la volaille et du poisson s’est fâché et s’est converti en opposant. A peine s’est-il démarqué qu’il a emporté avec lui, la grande masse d’hommes et de femmes de son parti qui ont un intérêt certain à  être avec lui même contre leur gré. C’est le cas de ses employeurs qui sont contraints d’être opposants même s’ils ne sont pas vraiment d’accord avec lui. C’est aussi le cas de certains de ses proches qui ont un intérêt présent à être avec lui s’il veulent continuer par exister socialement. Cette opposition brusque a contaminé tous les partisans de l’homme d’affaires jusqu’au plus petit niveau de la chaîne. Ce ralliement systématique a également atteint tous les partenaires politiques extérieurs. En effet, l’homme d’affaires une fois devenu opposant déclaré, a commencé les recrutements. Certains acteurs politiques premiers soutiens du Gouvernement de la rupture ont mordu à l’appât de l’homme et sont devenus des opposants convaincus. Ils y sont allés parce qu’ils ont estimé à l’époque qu’ils ont assez attendu la rupture et qu’il fallait qu’ils se repositionnent politiquement. D’autres leaders politiques très respectables et farouches soutiens du régime ont aussi commencé par virer. La raison de ce virage n’est nullement les nombreuses raisons qu’ils avancent. C’est justement l’intérêt présent et actuel. Au cours de confessions nocturnes, certains n’hésitent pas à justifier leurs actes: « Nous avons soutenu Talon, mais nous n’avons rien eu. Il vaut mieux chercher notre voie ».

A côté de ces recrutements stratégiques, il y a aussi ces nombreux cadres qui ont tenté de se faire taper dans l’œil du Président pour avoir des postes. Ce serait indécent de les citer, mais la liste est longue. Dans ce lot, certains ont ouvertement demandé des postes ministériels. Ils ont même fait visiblement les couloirs, mais sans succès. Fâchés, ils sont devenus opposants avec des discours intellectuels orientés et des prises de position ambiguë. C’est le vrai visage de certains intellectuels sous nos cieux. Dans le lot, il y a un parti qui n’a pas été à la mouvance, puisqu’il est de l’opposition naturelle. Il s’agit des Forces cauris pour un Bénin émergent(Fcbe). Ce parti politique vaincu aux échéances présidentielles dernières était logiquement dans l’opposition. Il y est resté même si dans le lot, de nombreux acteurs politiques ont fui l’opposition pour la mouvance. Il en est de même du Parti du Renouveau démocratique (Prd) qui a été un soutien du candidat malheureux aux élections de 2016, mais qui a vite viré pour la mouvance.  On se demande s’il ne sera pas bientôt dansl’opposition.  On réalise donc qu’à part les Forces cauris pour un Bénin émergent, tous les autres partis de l’opposition qui s’agitent actuellement sont des « aigris » du régime actuel. Faute d’avoir l’intérêt qu’ils visaient, ils se sont démarqués arborant la blouse d’opposant et s’illustrant dans la démagogie pompeuse.

 

Où est le peuple dans tous ces jeux?

 

Dans les discours, ils se font amis du peuple. Ces pseudos opposants essaient de voir dans les failles du régime pour exceller dans le jeu de la séduction. Ils parlent de liberté d’expression confisquée, de lois anti sociales, de licenciements massifs etc, mais tout le monde sait les vraies raisons de cet engagement. Tous ces discours ne dureront que le temps de leurs élections à l’Assemblée nationale. Dès lors qu’ils seront au cœur des privilèges à l’Assemblée nationale, ce peuple qu’ils pensent défendre sera très tôt oublié au profit de la défense de leur intérêt personnel.La plupart de ces hommes politiques actuels n’ont plus rien à prouver, car ils ont déjà occupé des postes politiques par le passé. Les jeunes qui les suivent ne sont que dans l’espoir de miettes qui pourront descendre de la table grasse de l’hémicycle. Vigilance donc!

 

 

Abdourhamane Touré

 

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