Position des élus communaux sur les violences électorales:Casseurs et instigateurs doivent être punis

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Ne pouvant rester insensibles aux fâcheux événements du 1er et du 02 mai 2019, les élus communaux et municipaux de l’Alibori, Atacora, Borgou et la Donga, après une profonde réflexion sur la situation, ont lancé un appel pour la préservation de la paix au Bénin. Par la même occasion, ils ont exigé des sanctions contre les auteurs des actes de violence. C’est à la suite d’une séance de travail qu’ils ont tenue à l’Ecole nationale des instituteurs (Eni) de Djougou, hier jeudi 09 mai 2019.

Les actes de violences et de vandalisme dans lesquelles se sont illustrés certains individus à la solde d’une certaine classe politique ne doivent pas rester impunis. Au terme de leur conclave, les élus communaux et municipaux de l’Alibori, de l’Atacora, du Borgou et de la Donga ont lancé un appel pour la préservation de la paix et exigé des sanctions à l’encontre des auteurs des violences électorales. C’est à la faveur d’une déclaration lue par le maire de Banikoara, Tamou Bio Sarako, qui a reçu l’adhésion de 25 des 27 maires du Nord et de la quasi-totalité des conseillers communaux, qui étaient d’ailleurs présents à la réunion. Ayant compris les manigances des instigateurs, les maires et conseillers communaux et municipaux les désignent comme responsables des violences dans le pays depuis quelques semaines. Tout en félicitant le Gouvernement pour les efforts qu’il fait pour le maintien de la paix, ces élus l’invitent à retrouver les auteurs et instigateurs desdites violences et à leur faire subir la rigueur de la loi, sans distinction aucune. Cette sortie concertée des maires et conseillers communaux et municipaux du septentrion met fin à l’illusion que Yayi Boni entretient sur le contrôle du Nord. Elle est la preuve que qu’il a perdu quasiment ces élus qui étaient ses fervents soutiens. Il n’y a qu’un groupuscule de jeunes et d’étrangers qu’il instrumentalise aux fins de semer le trouble dans le pays. Invité à la cérémonie d’ouverture et de clôture, la délégation gouvernementale conduite par le Ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, accompagné du ministre par intérim de la Décentralisation Alassane Séidou et la ministre des Affaires sociales Adam Bintou Taro, a salué la démarche et appeler les organisateurs à faire passer le message dans tous les coins du pays. La délégation a également promis de rendre compte au Chef de l’Etat.

 

AT

Déclaration

Préambule

 

Préoccupés par la situation politique que traverse notre pays, la République du Benin depuis quelques semaines, et les conséquences graves d’une lecture biaisée des faits sur la paix et l’unité nationale par une frange de la population.

Nous, élus communaux et municipaux venus des communes des quatre départements Atacora/DongaetBorgou/Alibori soutenant l’action du gouvernement avons décidé de nous retrouver pour échanger en vue d’apporter notre contribution à la résolution définitive de ce problème.

A l’issue des échanges empreints de responsabilité, et après avoir écouté l’éclairage par des autorités conviées à cette séance sur des faits,

Nous tenons à rendre public ce qui suit :

Nous,

– maires des vingt-cinq communes sur vingt-sept du Septentrion,

– conseillers municipaux et communaux venus des vingt-sept communesde nos quatre départements,

Réunis à Djougou ce jour jeudi 09 mai 2019, avons échangé sur les électionslégislatives tenues le 28 avril 2019 dans notre pays.

Nous avons confronté nos expériences vécues ces derniers temps dans nos localités, et questionné des autorités politico-administratives de haut niveau conviées à cette séance.

L’examen des faits rapportés au cours de cette séance révèle des préoccupations de menaces graves sur la paix et l’unité nationale qui interpellent le Gouvernement et chacun des citoyens béninois pour des prises de positions claires et responsables.

 

I- Les faits

 

1- Du 26 au 28 avril 2019, toutes nos Communes ont été sillonnées par quelques groupes politiques pour prôner la guerre et menacer les populations qui oseraient sortir de leur maison pour aller voter. Malgré les efforts de sensibilisation et de dénonciation de ces actes d’incivisme, la peur et l’incertitude sur la tenue effective des élections ont gagné une grande partie de la population.

2- La destruction, la veille des élections, des urnes des arrondissements d’Alafiarou et de Tchatchou (Commune de Tchaourou) a été le 1er signal déclencheur des séries de violences électorales. Dans la même Commune, des maisons et autres biens appartenant à des personnes proches de la mouvance présidentielle ont été saccagés et incendiés par des groupes rassurés par l’apparent laisser-faire et l’impunité des instigateurs connus comme meneurs intouchables de l’opposition.

3- Le 28 avril, jour des élections, dans plusieurs localités(Tchaourou, Savè, Bantè, Parakou et Manigri),des groupes brandissant diverses armes ont interrompu le processus électoral et saccagé des urnes.

4- Au lendemain des élections, un groupuscule venu d’ailleurs a mené une expédition avec pour objectif de brûler l’usine d’égrenage de coton de Kandi. A défaut d’y arriver, ils ont néanmoins pu mettre le feu à des tonnes de balles de coton.

5- A Cadjèhoun dans la ville de Cotonou, dès le retour de Tchaourou de l’ancien Président Boni Yayi, une émeute s’est développée autour de son domicile après son appel public à la révolte générale. De nombreux biens ont été par la suite incendiés vandalisés et détruits. Des forces de l’ordre ont  même été attaquées.

6- De nombreuses autres actions de violence seraient planifiées les jours à venir, en réponse à l’appel des anciens Présidents Yayi et Soglo.

 

II- Des aspects préoccupants

 

En examinant les faits ainsi énumérés, certaines préoccupations ont retenu notre attention :

1- le point de départ des violences avant et pendant le scrutin est Tchaourou. Tout s’est déroulé dans cette localité pendant le séjour de l’ancien Président Boni Yayi. La maison et les véhicules incendiés de l’honorable Bagoudou étaient à quelques mètres de son domicile. Et tous les incendies enregistrés ce jour l’ont été dans l’arrondissement central de Tchaourou.

2- la grande majorité des badauds qui ont affronté les forces de sécurité à Cotonou est venue des collines et du Sud Borgou. Il est fait état d’un grand nombre d’étrangers parmi ces badauds.

3- la violence électorale notée pendant la période suit la trajectoire de séjour de l’ancien président Yayi Boni, rappelant sa fameuse promesse de faire venir « les siens » pour affronter les autres.

 

III- Des positions prises

 

Au terme de nos analyses, nous, maires, élus communaux, municipaux et locaux, réunis à Djougou ce jour 9 mai 2019 :

  • Condamnons fermement les violences électorales enregistrées à l’occasion des législatives de 2019.
  • Exigeons que le gouvernement retrouve les auteurs et complices de ces actes, et les punisse conformément aux Lois et Règlements de la République. C’est la seule condition pour éviter d’ériger en règle, le vandalisme comme mode d’expression politique et de contestation.
  • Soutenons le gouvernement et le Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Patrice Talon, garant du respect de la loi, de la protection des personnes et des biens, dans la fermeté du traitement de ces actes de vandalisme.
  • Saluons le peuple béninois notamment ceux qui ont refusé de s’associer à la violence et à la haine initiées et planifiées par certains politiciens.
  • Rendons hommage à tous les citoyens qui n’ont pas cédé aux intoxications, aux menaces et intimidations pour aller voter le 28 avril 2019.
  • Mettons en garde contre toutes nouvelles velléités de violences relatives à ces élections qui dans l’ensemble se sont déroulées dans la paix en dehors de quelques localités des cinq communes touchées sur les soixante-dix-sept (77).
  • Appelons les populations des quatre départements du Septentrion en particulier et du Bénin en général au Calme, à la tolérance et à la vigilance.
  • Exhortons les différentes catégories socio-professionnelles, confessionnelles, coutumières et les leaders politiques de tout bord à œuvrer pour la culture de la Paix et du Dialogue.
  • Réitérons enfin, notre soutien ferme aux actions du Président de la République son excellence Patrice Talon et de son Gouvernement.

 

Fait à Djougou, le 09 mai 2019

 

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