Pour coups mortels:Abdou Raouf Ambani condamné à 48 mois

0
2764

Il est le premier accusé de la première session du Tribunal criminel à recou-vrer sa liberté. Abdou Raouf Ambani a fini de purger sa peine. Il était en dé-tention depuis  décembre 2014.

Bagarre futile de jeunesse au départ, mais mort s’en est suivie. L’accusé de ce vendredi a cogné malencontreusement la tête de son ami contre  une pierre et il en a  succombé. Les faits remontent en décembre 2014. Ce jour, l’accusé Abdou Raouf Ambani était dans sa chambre avec son frère Koudouss quand ils ont reçu la visite de leur ami Yahaya Aboubacar, qui a l’habitude de brancher son téléphone portable chez eux. Après avoir passé quelques mo-ments avec eux, il a branché son appareil et s’en est allé. Un peu juste avant son arrivée, l’oncle de Raouf, un conducteur de véhicule poids lourd, a confié son portable à ce dernier pour qu’il le mette également à la charge .Ce qui fut fait. Tôt le matin, l’oncle a constaté la disparition de son portable ainsi que celui de l’ami de son  neveu qui était branché juste à côté. Il le fit savoir à son neveu, mais prit la peine de lui confier qu’il a aperçu,  quand il voulait faire sa prière du matin, un jeune garçon sortir de la maison. Raouf était persuadé que cela ne pourrait qu’être Yahaya. Tôt le matin, Aboubacar se rendit chez eux et demanda son portable. Raouf répliqua qu’il est déjà venu le prendre et qu’il a d’ailleurs volé l’appareil de son oncle. Pris de colère, le jeune homme est sorti brusquement de la maison et est revenu avec deux de ses frères. Une dispute s’est installée, et sans attendre Raouf et Aboubacar en sont venus aux mains. Raouf l’a déséquilibré et les deux hommes ont commencé une lutte rude au sol. En se débattant, l’accusé d’hier a pris le dessus sur son vis-à-vis qui, dans son mouvement, a cogné la tête contre la pente en béton de la devanture. Aboubacar décède quelques minutes après. À la barre vendredi, l’accusé a reconnu les faits, mais s’est désolé de ne l’avoir nullement prémé-dité. Il a déclaré à la barre qu’il était juste dans l’idée d’infliger une petite correction à son ami. « Je regrette amèrement ce qui s’est passé. Je n’ai ja-mais eu l’intention de lui donner la mort », a-t-il laissé entendre. Une contri-tion amère qui n’a pas manqué d’avoir d’effet sur les hommes en toge. Au cours de sa réquisition, le ministère public représenté par le substitut Ro-drigue Ago, malgré son réquisitoire empreint d’une rigueur scientifique, a laissé transparaître un humanisme assez visible à l’endroit du  jeune homme qui n’a qu’a peine 22 ans. A l’appui des articles 509, et 86 du Code pénal nouveau et 309 en vigueur au moment des faits, il a relevé les éléments cons-titutifs de l’infraction de coups mortels et demandé qu’on le condamne à la peine de 5 ans de réclusion. L’avocat de l’accusé, Me Charlos Agossou, a suggéré au Tribunal de requalifier les faits en homicide involontaire. Selon lui, il n’existe pas d’acte matériel intentionnel qui puisse justifier la mort sur-venue. L’intention de départ de Raouf était de corriger son vis-à-vis et non de lui donner la mort. Il demande qu’on le condamne à la peine déjà passée. Le Tribunal présidée par Michel Adjaka a maintenu l’infraction de coups mortels et condamné l’accusé à la peine de 48 mois d’emprisonnement ferme. Ayant déjà passé plus de 4 années en prison, Raouf recouvre sa liber-té.

 

HA

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here