Poursuite du processus électoral:Talon se veut garant de la Constitution

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Les prochaines législatives nous offrent,  une fois de plus,  l’occasion  de savourer des moments de débats politiques riches. A ce propos,  n’en déplaisent aux détracteurs, l’entretien  qu’il a accordé hier jeudi 11 avril 2019 à la presse, démontre que Patrice Talon est au fait des méandres de l’actualité nationale et tient au respect scrupuleux des textes de la République.

C’est avec des mots forts que le président de la République a bordé l’actualité socio-politique face aux journalistes.  En effet, le chef de l’Etat était attendu au tournant, puisque beaucoup n’hésitant pas à ressasser depuis quelques semaines  que c’est lui qui détient  les clés d’une  sortie à l’impasse et  aux blocages actuels.Accusé d’avoir privilégié les partis politiques qui le soutiennent, au détriment des partis politiques de l’opposition pour participer aux législatives du 28 avril 2019,  le président de la République s’est voulu respectueux et garant de l’ordre constitutionnel. Selon lui, ce  n’est ni de  son ressort ouses attributions, de prendre une « ordonnance », pour permettre aux partis politiques de l’opposition de participer aux prochaines législatives.  « Je ne peux pas légiférer dans un domaine qui n’est pas le mien. Je n’ai pas le pouvoir de prendre une ordonnance pour dessaisir le Parlement de ses prérogatives  », a martelé le président de la République. Avant d’indiquer, en d’autres termes, qu’il ne peut pas se permettre de  prendre une ordonnance pour imposer ce que le Parlement n’a pas fait. Ce serait  remettre en cause la Charte des partis politiques et le Code électoral. A la question de savoir  pourquoi il n’a pas utilisé les prérogatives de l’article 68 de la Constitution qui prévoit des mesures exceptionnelles pour régler la crise, Patrice Talon a été catégorique. Agir ainsi a-t-il renchéri, « ce serait un coup d’Etat ». Car, toutes les institutions de la République  fonctionnent, et il n’y a pas de blocage.  Par ailleurs, le pays n’étant pas en danger, il n’y a pas selon lui,  de raison de faire recours à  l’article 68 de la Constitution du 11 décembre 1990.Le président de la République a aussi  rappelé  dans cet entretien que  la Charte des partis politiques a été votée à la quasi-unanimité par les députés de la 7ème législature.  Sur un autre plan, a-t-il poursuivi, le  Code électoral s’impose à tous les partis, mouvance et opposition inclues. Revenant sur l’échec des discussions et des rencontres qu’il a initiées, Patrice Talon a dénoncé le subterfuge et la mauvaise foi de l’opposition.

 

« Les réformes les plus difficiles doivent être faites »

 

En effet, il avait espéré, par  respect pour  la souveraineté du peuple à travers ses représentants élus, que les résultats auxquels le Comité paritaire instauré par le président de l’Assemblée nationale étaient parvenus seraient  appliqués. Or, une fois de plus, à ce moment-là,  l’opposition a décidé de tout remettre en cause. Toutes choses qui confortent l’idée selon laquelle   l’opposition n’était pas vraiment disposée à aller à la compétition, parce que  les conditions fixées par la loi étaient dures. Pour exemple, le chef de l’Etata dénoncé l’incapacité de certains partis politiques de l’échiquier politique à pouvoir rassembler les 10% du suffrage sur le plan national. Du coup, ils cherchent à tout remettre en cause. « Beaucoup n’étaient pas disposés à faire les sacrifices nécessaires. Par exemple, pour parvenir à de grands  ensembles politiques fonctionnels et homogènes », a ajouté le chef de l’Etat, pour qui, « les réformes les plus difficiles doivent être faites » malgré tout.

 

Jean-Paul Mahugnon

 

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