Présence de ministres au sein des partis:Les exigences de l’article 14 de la charte

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La réforme du système partisan se concrétise à travers la création de deux grands blocs fidèles au chef de l’Etat. Au sein de ces blocs figurent de grandes personnalités en qualité de membres fondateurs et qui sont à la tête d’institutions impliquées dans l’organisation des élections. Il s’agit d’un inconfort que le Chef de l’Etat essayera de régler en remaniant prochainement son gouvernement.

Certains cadres proches du Chef de l’Etat se trouvent en conflit avec les dispositions de l’article 14 de la nouvelle loi portant Charte des partis politiques en République du Bénin. Selon les dispositions de ce texte, il n’est pas possible pour un cadre ou agent public siégeant au sein d’un organisme impliqué, de quelque manière que ce soit, dans l’organisation des élections, d’être fondateur ou dirigeant d’un parti politique.  L’article 14 en effet, dispose expressément : « Nonobstant les dispositions de l’article 13 ci-dessus, ne peuvent être fondateurs ou dirigeants d’un parti politique, les personnes membres des institutions de l’Etat impliquées dans l’organisation des élections et dans la gestion du contentieux électoral; les personnes responsables des organisations de la société civile intervenant dans le secteur de la gouvernance démocratique et dans l’observation des processus électoraux; les agents publics en service dans les institutions de l’Etat impliquées dans l’organisation des élections et la gestion du contentieux électoral. Tout membre ou agent public des institutions ou organisations susvisées est mis en disponibilité de son parti politique dès sa prise de responsabilité dans lesdites institutions ou organisations ». La logique pure veut qu’on ne soit pas juge et partie. Dans le gouvernement du Chef de l’Etat figurent des personnalités, membres fondateurs de partis et dont les ministères sont impliqués dans l’organisation des élections. Lorsqu’on se trouve à un poste aussi stratégique et qu’on est dans le même temps membre très influent d’un parti, on se trouve aussi au confluent d’intérêts contradictoires. Il s’avère donc urgent de parer au plus pressé et d’éviter ces inconforts, sources de conflit à la longue. Quand on quitte le pallier ministériel, on tombe sur le pallier préfectoral. A ce niveau, les préfets, assez engagés dans les formations politiques, pourront être déchargés. Ces appels à la neutralité soulevés par la Charte des partis politiques sollicitent de la part du Chef du gouvernement une action en faveur d’un redéploiement. Le souci de prévenir les susceptibilités et craindre les conflits oblige de la part de ces derniers un choix rapide. Le Chef de l’Etat est invité à voir de près cette situation et décharger ceux qui sont en conflit avec les textes en vue de leur permettre de s’engager véritablement en politique. Ce ne serait que pur  légalisme.

 

AT

 

A savoir

 

Sur le Code électoral

Article 52 : Dans chacun de ces emplacements, une surface égale est attribuée à chaque candidat ou liste de candidats dans l’ordre d’arrivée des demandes. Les demandes doivent être adressées par les candidats ou les partis politiques aux maires de la commune au plus tard soixante-douze (72) heures avant l’ouverture de la campagne électorale.

Article 108 : Sont à la charge de l’Etat, les dépenses relatives à l’organisation, la gestion et le contrôle de régularité des opérations électorales. Chaque année précédant une année au cours de laquelle des élections seront organisées, la Commission électorale nationale autonome (Céna) élabore, un avant-projet de budget des dépenses électorales. Ce projet de budget après discussion en conférence budgétaire est pris en compte par le projet de budget général de l’Etat.

Ce budget intègre les propositions budgétaires des autres institutions impliquées dans l’organisation, la gestion et le contrôle des élections et liées aux activités électorales relevant de leur compétence. Le cas échéant, la Commission électorale nationale autonome (Céna) convoque, en liaison avec le ministre en charge des finances, une conférence budgétaire pour étude, amendement et adoption du budget général des élections.

Un communiqué final publie les grandes lignes du budget général adopté. A l’issue des travaux de la conférence, la Commission électorale nationale autonome (Céna) transmet, sans délai, au Ministre en charge des finances, le budget général des élections, pour prise en compte par le budget général de l’Etat. L’Etat peut s’appuyer sur les concours financier et matériel de partenaires au développement. Ces concours viennent en dégression du budget prévisionnel des élections.

 

 

 

Ils ont dit

Emmanuel Tiando « Nos Oge doivent être des pierres angulaires »

 

« L’organisation d’élections libres, transparentes et pacifiques est, nous le savons tous, le baromètre de toute démocratie sans laquelle il n’y a pas de développement. Mais pour atteindre cet objectif, nos organes de gestion des élections doivent être des structures fortes, efficaces et professionnelles. Nos Oge sont donc les pierres angulaires de la qualité de nos processus électoraux. C’est d’ailleurs pourquoi, au cours de nos rencontres sous régionales, continentales et internationales, nos réflexions sont toujours axées sur l’adoption et l’échange des bonnes pratiques électorales. La présente mission s’inscrit aussi dans cette perspective puisque nos travaux porteront sur plusieurs thématiques du processus électoral à travers la présentation de diverses communications qui nourriront nos débats. Je demeure persuadé que de ce type d’échanges que nous inaugurons aujourd’hui entre nos deux institutions, sortiront des solutions innovantes qui contribueront à l’amélioration de la conduite de nos processus électoraux et au renforcement de la coopération entre la Céni de Mauritanie et la Céna du Bénin. Dans cette optique je forme le vœu que cette première rencontre devienne une tradition afin que de façon périodique, elle puisse se dérouler alternativement à Nouakchott et à Cotonou. »

 

Jean-Baptiste Hounguè : « La politique, ce n’est pas pour

son bien-être »

 

« C’est avec joie que je me suis associé à l’équipe qui a organisé cette séance de restitution. Pour ma part, c’est une séance réussie parce qu’à partir de maintenant, nous allons revoir le travail qu’on doit faire afin de s’emparer de Porto-Novo, afin de s’emparer de la vallée de l’Ouémé, afin de s’emparer des Départements de l’Ouémé et du Plateau…Mes chers amis ! Faire la politique, c’est quoi ? Anciennement, chacun faisait la politique pour sa poche. Mais depuis quelques temps, nous avons décidé de faire la politique autrement. Si vous avez accepté de faire le déplacement ici pour nous écouter et que demain vous allez vivre le ventre creux, je ne serai pas dedans. Je serai parmi ceux-là qui, à partir de demain, chercheront à transformer la ville de Porto-Novo, chercheront à installer des usines dans tout le département de l’Ouémé, chercheront à garantir l’emploi pour la jeunesse…C’est ça la politique. Dans tous les pays de démocratie moderne, vous remarquerez que les républicains sont des bâtisseurs et c’est pourquoi je vous invite, chers amis, chers parents, chères femmes, chers jeunes à vous associer massivement à nous pour que nous puissions construire le Bénin de demain, le Bénin prospère, le Bénin où couleront désormais le lait et le miel  afin que chacun de nous puisse vivre heureux. La politique, ce n’est pas pour son propre bien-être. La politique, désormais pour nous, c’est comment améliorer les plateaux techniques dans les hôpitaux. La politique désormais pour nous, c’est faire en sorte qu’il y ait moins de chômeurs dans notre pays ».

 

Malick Gomina : « le cheval est  un symbole de noblesse

et de puissance »

 

Dans toutes les civilisations du monde  le cheval est un symbole de noblesse, de puissance en plus d’être un compagnon fidèle de l’homme. En physique, la force de motricité  des voitures s’exprime en chevaux. C’est le signe que c’est un animal vigoureux, capable de faire de grandes choses et qui dispose d’une force  à nulle autre pareille. Il est devenu un symbole de conquête. Qui dit conquête dit guerre. Nos voulons aller en guerre contre les injustices, contre les passes droits dont se prévalent certaines personnes, d’aller en guerre contre la pauvreté et contre la misère dans lesquelles végètent une partie de nos compatriotes. Nous nous devons de prôner le changement de mentalité et nous devons nous-mêmes l’incarner. Oui, c’est cette guerre que nous voulons mener et plaise à Dieu, nous y arriverons. Un cheval cabré exprime l’intelligence et le savoir faire. C’est cette intelligence qui nous a amené à nous mettre ensemble pour nous contraindre au progrès. Donc vous comprenez que notre choix d’en faire notre figure tutélaire n’est pas le fruit du hasard. En acceptant le Cheval comme symbole, nous avons accepté de nous mettre ensemble car, ce n’est pas facile et évident d’adopter les attributs de l’autre et de l’afficher dans son panthéon. Vous savez tous ce que le représente le cheval dans certaines cultures de notre pays. Vous avez tous passé outre ces préjugés et vous l’avez accepté. Désormais, nous devons avoir le même frisson lorsque nous écoutons le Têkê ou le Zinli. C’est à votre actif. Le Bloc Républicain, c’est un ensemble compact solide qui fera bouger les mentalités.

 

 

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