Présidentielle de 2021:L’équation 16 parrains, quelle formule pour les candidats non Up et Br ?

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« Avec la Présidentielle de 2021 qui s’annonce à grands pas, les intentions de candidature se précisent de jour en jour. Ce qui est légitime. Seulement, avec le nouveau Code électoral, il y a une conditionnalité à remplir avant de bénéficier du titre de ‘’candidat’’. Il s’agit du parrainage. Selon ce document qui fixe les règles en matière électorale, il faut être parrainé par 16 élus au moins, députés ou maires. Si quelqu’un n’atteint pas ce nombre de parrains, il n’a pas qualité à être candidat. C’est aussi simple. C’est un choix du Législateur, et il faut s’y conformer. Il l’a institué pour éviter les candidatures fantaisistes, comme on avait institué la limitation d’âge en 1990 que je trouve être une grosse aberration. Je suis de ceux qui pensent qu’on peut diriger le Bénin sans avoir 40 ans. Mathieu Kérékou a pris les rênes de ce pays alors qu’il n’avait pas 40 ans.  Mouammar Kadhafi a pris la Libye à moins de 30 ans. La reine d’Angleterre a été consacrée à 24 ans. On n’a pas besoin d’avoir 40 ans ou moins de 70 ans pour diriger le pays. Abdoulaye Wade a été président de la République sénégalaise à 74 ans. Il vit encore, bien qu’il ait fait deux mandats (12 ans). Pourtant, ici à 70 ans, on ne peut plus être candidat. C’est un choix du Constituant. On le respecte. De la même manière, on doit respecter le choix du Législateur qui a fait entrer le parrainage dans le jeu électoral. Le parrainage, ce n’est pas une invention du Bénin. La France que nous citons comme exemple l’a institué depuis 1962. Lors de l’élection présidentielle, vous devez avoir le parrainage d’au moins 100 élus. Chemin faisant, les Français se sont rendu compte que, malgré cette limitation, il y avait des candidatures fantaisistes, parce que les gens arrivaient à avoir facilement les 100 élus. A partir de 1976, une réforme législative a porté le nombre à 500. Ces 500 parrains doivent provenir d’au moins trente départements, et aucun département ne peut donner plus de 10%. Cela veut dire que vous devez avoir des élus dans 30 départements, et dans un département, vous ne devez avoir plus de 50 élus qui vous parrainent. Ces conditions existent, et à chaque veille de la Présidentielle en France, vous voyez certains candidats dire qu’ils n’ont pas de parrainage. C’est une pratique démocratique. Ceux qui se lamentent, je me dis qu’ils ne sont pas démocratiques, parce que si on peut admettre qu’on fasse la limitation d’âge, pourquoi on n’accepterait pas le parrainage ? Cette condition a été validée, donc elles entrent en ligne de compte pour la Présidentielle de 2021. Les gens le savaient. Chaque pays fait ce qu’il a envie de faire de sa démocratie. Nous ne pouvons pas dire que, parce que telle disposition ne nous plaît pas, elle est anti-démocratique. Pour moi, s’il faut suivre les atermoiements de ceux qui n’ont pas envie de s’adapter, on risque d’être toujours tiré pas le poids de l’inaction, de l’immobilisme ou des visées passéistes. On est obligé d’avancer. Il faut qu’ils acceptent le parrainage comme une pratique normale.  Elle est démocratique, et elle ne pose aucun problème, ni de droit ni politique. C’est la loi qui l’a établi. La loi est dure, mais c’est la loi. La loi est impersonnelle. En votant une loi, on ne regarde pas la tête de quelqu’un. On regarde l’avenir. Aujourd’hui, ceux qui souhaitent candidater pour la prochaine élection présidentielle, au regard de la configuration politique actuelle et des élus qui sont en mesure de donner des parrainages, sont obligés de négocier avec les élus Up, Br ou Fcbe. Il n’y a pas encore une règle qui oriente le comportement de l’élu. Aucun texte, pour le moment, n’a dit que l’élu doit suivre le mot d’ordre de son parti. Il agit librement. De ce fait, il peut décider de concéder son parrainage à une personnalité qui le requiert. Moi, je suis partisan d’un système un peu mixte où les élus concèdent quelques parrainages pour permettre aux partis républicains de l’opposition, des partis qui sont enregistrés et qui ne sont pas représentés au Parlement, ou pas suffisamment représentés dans les conseils, s’ils ont des candidatures, de participer à cette joute électorale. Je pense qu’on ne peut pas retoucher à la loi à chaque instant quand il y a un problème, surtout lorsqu’on peut le régler sans créer des antécédents. La loi n’a pas besoin d’être touchée. Il suffit simplement que les partis s’entendent. Ces partis, même de l’opposition, il faut les aider à avoir de parrainages. Mais, cela ne s’impose pas. Cela doit se négocier politiquement pour que le jeu soit assez ouvert »

 

 

 

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