Présidentielle du 11 avril:La preuve que le parti « Les démocrates » participe à l’élection

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Ils se sont dits « exclus » des Législatives de 2019. A la vielle de la Présidentielle, ils parlent encore d’exclusion. Histoire d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur les  faiblesses de cette opposition, cette analyse rappelle le comportement et les actes peu responsables et cohérents de l’opposition, notamment le parti « Les démocrates ».

Il y a quelques jours, un député de l’Union progressiste (Up), déclarait sous forme de boutade en pleine conférence de presse, que le seul problème du Bénin depuis 2019, c’est l’ex-président Yayi Boni. Il n’en croyait pas si bien dire. Et les derniers développements de l’actualité sociopolitique liée à l’élection présidentielle, surtout les péripéties liées à la participation du parti « Les démocrates », lui en donnent raison. Ce parti est bel et bien en course pour la Présidentielle du 11 avril 2021, même si pour des raisons qui lui sont propres, il considère ou fait croire à l’opinion qu’il n’y est pas représenté. En effet, ce n’est qu’à trois jours de la clôture du dépôt des candidatures qu’ils se sont décidés à prendre part au scrutin. S’ils se sont conformés bien à la loi en déposant des dossiers pour le duo présidentiel, ils sont restés à mi-chemin de la réforme en refusant de se conformer à l’exigence de parrainages. Ainsi, leur président Eric Houndété a formellement déclaré que les « Démocrates » n’iraient pas chercher les parrainages requis et que, même si on les leur donnait, ils les refuseraient.

Il apparaîtra néanmoins plus tard, que s’ils n’ont pas saisi les partis disposant d’élus à l’effet d’obtenir officiellement les parrainages, plusieurs de leurs membres étaient partis les négocier directement avec les élus. On apprendra ainsi de Reckya Madougou dont personne ne savait l’appartenance au parti jusqu’à 48h de la clôture du dépôt des candidatures à la Céna, qu’elle a entrepris un certain nombre de députés à l’effet d’obtenir lesdits parrainages. D’autres comme Corentin Kohoué (vice-président du parti) et Iréné Agossa (membre attitré du parti, un des plus grands critiques du pouvoir), ont entrepris une démarche plus formelle et ont clamé dès le départ, leur volonté de prendre part au scrutin, ce à quoi ils invitaient leur parti. Même si à l’arrivée le parti a désavoué son vice-président et son colistier en les suspendant de ses activités, il ne les a pas exclus de ses rangs. Ainsi, Corentin Kohoué et Iréné Agossa demeurent à ce jour membres du parti « Les démocrates ». En juillet et septembre 2018, soit au moins 8 et 6 mois avant les Législatives de 2019, la réforme de la Charte des partis politiques et du Code électoral a été effectuée. Les deux lois ont été votées à la quasi-unanimité des députés toutes tendances confondues (y compris ceux se réclamant des Démocrates avec en tête leur président, Eric Houndété). Au terme des modifications effectuées : les partis doivent justifier d’une envergure nationale en ayant au moins 15 membres dans chacune des 77 Communes du pays ; les candidats aux différentes élections doivent être à jour du paiement de leurs impôts, un quitus fiscal en faisant foi ; chaque parti en lice pour une élection législative devra recueillir, à l’issue du scrutin, au moins 10% des suffrages exprimés au plan national pour participer à l’attribution des sièges par circonscription. Ainsi, un parti peut, à l’issue du scrutin, être en tête dans une circonscription donnée sans pour autant emporter de sièges, faute d’avoir une envergure nationale.

 

Malgré  modus operandi  et consensus trouvés…

 

Par la suite, certains partis (Majorité comme Opposition) ont fait état de difficultés à se conformer aux nouvelles règles. De fait, ils ne pouvaient logiquement pas prendre part aux Législatives de 2018. Aussi le président Patrice Talon a-t-il reçu, à leur demande, les partis de l’opposition. C’était le 25 février 2019. A cette occasion, il a exhorté ses hôtes à se mettre en règle pour participer aux élections. Plus tard, et après que la Céna a publié la liste des partis qualifiés pour prendre part au scrutin, le président Patrice Talon a invité toute la classe politique pour une séance d’échanges. Ce jour-là, le 06 mars 2019, l’opposition a brillé par son absence. Le président a dit sa gêne pour la démocratie béninoise que l’élection se déroule sans parti de l’opposition, et a engagé le président de l’Assemblée nationale à entrer en discussion avec les uns et les autres, afin que l’Assemblée trouve un consensus pour réviser les lois et permettre à l’opposition d’être en règle pour le 28 avril. Cela fut fait. Sous la conduite du président Adrien Houngbédji, un accord fut trouvé entre les représentants des partis et un modus operandi a été formulé pour opérer les corrections attendues. Le document d’accord a été paraphé et signé par Eric Houndété pour le compte de l’Opposition. C’était le 18 mars 2019. Mais curieusement, les jours d’après, celui-ci va renier sa propre signature, invité en ce sens par ses partenaires de l’Opposition. Il est alors apparu clairement que leur objectif n’était plus de participer au scrutin mais plutôt de bloquer le processus en espérant créer une crise politique ou institutionnelle au Bénin. C’est alors que le 1er avril 2019, à la suite d’une séance de travail qu’ils ont eue avec le chef de l’Etat, tous les présidents d’Institutions, et le Médiateur de la République, plus le président de la Céna, ont indiqué que : « Le constat est établi que l’Assemblée nationale n’a pu obtenir le consensus nécessaire à la modification de la législation en vigueur sur la Charte des partis politiques et le Code électoral.» « Il est également établi qu’aussi bien les acteurs politiques, les organisations syndicales et celles de la société civile, que le peuple entier sont attachés à la préservation de l’ordre constitutionnel. » « Regrettant cette absence de consensus, les présidents des institutions appellent à la poursuite du processus électoral et à la tenue des élections à bonne date. » « Toutefois, ils invitent l’ensemble des acteurs à poursuivre résolument le dialogue pour améliorer la qualité des textes en vigueur dans la perspective des échéances ultérieures. »

 

Le choix de rester dans la fronde

 

Ainsi, ils ont appelé à la tenue des élections dans les délais constitutionnels. Au total, durant le processus de discussions, l’opposition est allée d’enchère en enchère, de dilatoire en dilatoire, alors que c’est elle qui était en difficulté et qui demandait à être sauvée. Dans ces conditions, elle ne montrait aucune disponibilité à œuvrer à la réalisation du consensus. C’est donc ce qui a conduit à la tenue des Législatives sans elle. Pis, après le Dialogue national qui a eu lieu du 10 au 12 octobre 2019 et auquel ont pris part tous les partis politiques légalement constitués (y compris ceux qui avaient juste formulé le vœu de se conformer aux textes en déposant un dossier au ministère de l’Intérieur et alors même qu’ils n’avaient pas encore obtenu leur récépissé), de nouvelles réformes ont été opérées pour tenir compte des difficultés évoquées et alléger les procédures. Malgré cela, les ténors actuels du parti « Les démocrates » sont restés dans la fronde envers lesdites réformes pendant que les autres partis concernés (Opposition comme Majorité) se sont tour à tour conformés auxdites réformes et ont obtenu leur récépissé puis ont pris part aux élections communales de 2020. Parmi ceux-ci, La Fcbe dont Boni Yayi était encore le président d’honneur. Ce n’est que plus tard, pour des querelles internes ou de stratégies, qu’il s’en ira, avec d’autres, créer « Les démocrates ».  Il est donc clair qu’il n’y avait aucune volonté d’exclure qui que ce soit. Finalement, ce n’est qu’en 2020 que « Les démocrates » vont se conformer aux textes. Après avoir été invités à procéder à des corrections de fond comme de forme, ils ont obtenu leur récépissé qui leur donne droit à une existence légale au Bénin. Ayant ainsi montré enfin leur disposition à agir dans le cadre de l’ordre républicain, l’on était en droit d’espérer qu’ils observent la logique jusqu’au bout en accomplissant les diligences en vue de prendre part à la Présidentielle. Mais c’est à une nouvelle fronde contre les lois de la République qu’on assiste de leur part. Pendant que tous les autres partis se préparaient pour la Présidentielle, les Démocrates, récépissé en poche et assurés de la promesse des élus en place de parrainer tout candidat émanant réellement d’un parti politique, ont passé le clair de leur temps à affirmer qu’ils ne reconnaissaient pas les réformes (qui leur ont pourtant permis d’avoir une existence légale).

 

Jean-Paul Mahugnon

 

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