Prison civile d’Akpro-Missérété:Les causes du soulèvement

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Les pensionnaires de la prison civile d’Akpro-Missérété ont observé un mouvement d’humeur le mardi 12 mars 2019. Cela, pour protester contre les nouvelles réformes du régisseur.

Entre autres causes de la révolte des détenus de la maison d’arrêt d’Akpro-Missérété, la suppression de certaines mesures à savoir le port de gilets. Ils protestent également contre le temps de visite relativement court. De même, les pensionnaires de la prison civile d’Akpro-Missérété revendiquent l’autorisation de faire rentrer à l’intérieur de la prison des quantités importantes d’aliments et de produits de toutes sortes. Pour contenir leur colère, un détachement d’hommes en uniformes composé des agents de la police républicaine et des militaires a été déployé sur le terrain le vendredi 15 mars 2019. « Nous sommes venus ici depuis quatre jours pour essayer de gérer au mieux les mécontentements des détenus de la prison civile de Missérété. Ils réclament un certain nombre de choses. On les a écoutés, on a discuté avec eux. Ils sont sur le point de comprendre et  d’expliquer à leurs autres camarades ce qui s’est passé. Il s’agit de la résistance au changement, aux réformes que nous essayons de conduire pour le bonheur non seulement des détenus, mais également de notre pays », a confié Jiles Sédjro Yèkpé, Directeur général de l’Agence pénitentiaire du Bénin. Pour sa part, le procureur Florentin Bodou a fait observer qu’il a pu voir incendié un hangar construit par les détenus. Tout en ajoutant que depuis quelques temps, ces mouvements d’humeur se font répétitifs. Selon lui, la prison civile de Missérété, comme les autres prisons civiles, est régie par des lois. « Les comportements développés sont en porte-à-faux avec la loi et c’est normal que les meneurs soient identifiés et poursuivis », a précisé le procureur. Expliquant les raisons de la poursuite des détenus, il a fait savoir qu’ils sont souvent poursuivis pour trafic de chanvre indien. « Jusque-là, nous ne savons pas comment ces produits prohibés entrent dans les prisons », a-t-il signalé. Plusieurs réformes ont été mises en place dans le but d’éradiquer ces genres de pratiques. Parmi les mesures instaurées, il y a le contrôle de la quantité de produits vivriers à introduire dans les prisons civiles. « (…) Il est revenu que c’est en faisant entrer les produits vivriers qu’on y insère les produits prohibés. Donc, ces réformes gênent et dérangent des intérêts. C’est ce qui explique en partie ce qui s’est passé », a renseigné le procureur. A l’en croire, les détenus réclament, entre autres, que la carte d’identité exigée à l’entrée de la prison civile soit revue. « Ils estiment que leurs parents viennent des villages et ils ne sont pas détenteurs de carte d’identité ni de carte Lépi. Mais au cours de la séance, il a été révélé que cette mesure n’est pas appliquée de façon rigoureuse. Si vous déclarez à l’arrivée que vous n’avez pas de carte, il suffit d’aller vous faire identifier au niveau de l’administration pénitentiaire et on vous permet d’aller rendre visite aux détenus », a-t-il expliqué. Le processus de règlement de ce mouvement d’humeur est fait, de l’avis du procureur, de façon méthodique. Cinq responsables des détenus ont été désignés pour siéger au sein du comité qui va se pencher sur la liste des revendications soumises.

 

Martin Aïhonnou (Coll)

 

 

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