Proposition de loi dérogatoire pour les législatives:Houngbédji se dessaisit 

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L’opinion publique nationale a assisté ces derniers jours à une cacophonie au Parlement autour de la discussion sur la sortie de crise pour des  élections inclusives. Et pour cause, le président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji n’arrive pas à n’arrive pas à rallier les deux parties à sa position. Le président de l’Assemblée s’est d’ailleurs dessaisit en affectant le projet à la Commission des lois.

 « Considérez qu’une fois que j’ai affecté les propositions de loi à la Commission des mois, j’ai fini aujourd’hui ma mission ». Ainsi, s’exprimait Me Adrien Houngbédji vendredi 22 mars 2019, comme pour signifier à ses collègues députés, la fin de la mission à lui confiée par le chef de l’Etat, Patrice Talon en vue de concilier les positions des parties pour des élections inclusives.  Pourquoi une telle posture alors qu’il était déterminé à conduire les démarches jusqu’à trouver des moyens à la situation ? A la plénière du vendredi 22 mars 2019, des voix se sont levées pour contester la démarche adoptée par le président de l’Assemblée nationale. Le député Guy Mitokpè a été le premier, à récuser le président Adrien Houngbédji, pour avoir saisi la Commission des lois sur la proposition de loi dérogatoire, modificative et complétive portant code électoral pour les élections législatives de 2019. L’opposition, selon lui,  ne se reconnait pas dans le travail du comité paritaire qui a abouti à l’élaboration de ladite proposition.  Cette position rejoint celles de Garba Yaya et Eric Houndété,  qui avaient pris part aux travaux du comité paritaire et ont, ensuite, envoyé au président de l’Assemblée nationale une lettre pour se désengager des  conclusions. Déjà le jeudi, les députés de la mouvance avaient eux-aussi manifesté leur désaccord à l’égard de Me Adrien Houngbédji, qui avait  saisi la commission des lois d’un texte non validé par la conférence des présidents. Dans cet imbroglio, beaucoup d’observateurs, se demandent  si l’attitude des uns et des autres concourt à la recherche de la paix, de la concorde et du consensus.  Chacun semble tirer le drap de son côté. Les deux camps ne parviennent pas encore à concilier leur position. Les députés soutenant les actions du régime  souhaitent une sortie de la crise sans toutefois balayer d’un revers de mains les lois électorales en vigueur. Quant aux opposants, ils veulent passer un coup de chiffon sur les dispositions qui constituent des blocages majeurs. Pour l’opposition, les dispositions du Code électoral par rapport à  la  question de la caution (249 millions), celle des alliances et des 10%  sont des obstacles infranchissables. De son côté, la mouvance réplique qu’il est impossible de revenir en arrière. On est encore loin du consensus. Dans cette ambiance délétère, Me Adrien Houngbédji est à bout et n’en peut plus.

 

Martin Aïhonnou (Coll)

 

 

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