Protection des enfants migrants le long du Corridor Abidjan-Lagos:Le Projet Coral sort 1890 enfants de la vulnérabilité

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La communauté internationale célèbre le 18 décembre de chaque année la Journée internationale des migrants. Ainsi, la Fondation « Terre des hommes » a organisé une série d’activités en décembre dernier pour attirer l’attention des pouvoirs publics et celle de la société civile sur l’évolution du phénomène.

Instaurée depuis le 4 décembre 2000, la Journée internationale des migrants programmée par l’Organisation des Nations Unies, commémore l’adoption de la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Célébrée chaque 18 décembre, c’est une occasion en vue de sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur la protection des enfants et jeunes migrants sur les plans économiques, éducatifs, culturels et sociaux, tant dans leurs pays d’origine que leurs pays de destination. En décembre 2018, la délégation de Terre des hommes (Tdh)  au Bénin a saisi cette opportunité pour  sensibiliser  parents, enfants et pouvoirs publics, sur les risques d’une migration illégale et précoce, mais surtout pour dissiper les fausses idées entretenues sur l’image des migrants. En effet, une étude commanditée par une plateforme de huit agences régionales de protection de l’enfance (BIT, Unicef, OIM, Enda Jeunesse-action, Plan international, Save the Children Suède, Terre des hommes Laussanne et Maejt) révèle que : la mobilité des enfants n’est toujours pas forcée. Elle se fait aussi de manière volontaire. Certains enfants décident d’eux-mêmes ou poussés par leurs familles, de partir à la quête d’une meilleure vie et d’opportunités leur permettant de construire leur futur ; la mobilité des enfants rime bien avec risques et vulnérabilité, qu’avec opportunités et développement personnel. Malgré les nombreuses actions menées par les acteurs de la protection de l’enfance, tant au niveau national que transnational, les enfants concernés par les différentes formes de mobilités ne sont pas tous identifiés.

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Leur intérêt supérieur, leur protection, leur développement ne sont pas pleinement garantis. Leurs opinions, projet de vie ne sont pas toujours pris en compte. Par ailleurs, l’attention ayant été principalement axée sur la traite et la migration des enfants vers les pays développés et ses corollaires, les mobilités volontaires des enfants,  et donc le rôle des enfants dans le processus de ces mobilités, ont été largement ignorés. Selon un spécialiste des questions de migration des enfants,   « reconnaître cette réalité complexe incite à changer de regard sur le phénomène et à vouloir l’accompagner plutôt que de le combattre, le sécuriser plutôt que de le plonger dans la clandestinité, de l’optimiser plutôt que  de l’ignorer ou le diaboliser ». En réalité, cette posture constitue un tournant décisif en matière de protection de l’enfance. De fait, l’objectif n’est plus d’empêcher les migrations,  mais de réduire la vulnérabilité des enfants mobiles et de soutenir leur développement personnel.

 

A ce propos, le rapport de l’étude de base sur la situation des enfants migrants le long du Corridor Abidjan-Lagos publié en janvier 2018, indique que 75% des migrants originaires d’Afrique de l’Ouest et du Centre, se déplacent à l’intérieur de l’Afrique subsaharienne. Un autre   rapport publié par l’Unicef en août 2016 précise qu’environ 50 millions d’enfants fuyant les violences, les guerres, la pauvreté et les effets du changement climatique,  sont en mobilité à l’intérieur de l’Afrique de l’Ouest et vers l’Europe.  Toujours en 2016, Tdh,  dans une étude sur la mobilité des enfants sur l’axe côtier (Hilacondji – Sèmè Kraké), a dénombré 344 492 enfants et jeunes en mobilité dont 175 939 filles et 168 553 garçons de la tranche d’âge de 10 à 21 ans sur la bande côtière du Bénin. 208 418 de cet effectif n’ont aucune pièce d’identité.

 

Code de l’enfant et Politique nationale de protection de l’enfant

 

Démarré depuis 2017, le Projet de protection des enfants migrants le long du Corridor Abidjan-lagos (Coral), a déjà impacté 1890 enfants au Bénin. Des entretiens effectués avec ses enfants et jeunes concernés par la mobilité attestent que la plupart se déplacent pour la recherche d’opportunités d’emplois, d’éducation, de formation pouvant leur permettant de construire leur futur. Pour renforcer cet objectif, le projet vise, entre autres, à travers des actions de plaidoyer, à influencer le dispositif légal et politique de protection de l’enfance. Grâce à un réseau régional en Afrique de l’Ouest, les  travailleurs sociaux accompagnent les enfants qui quittent leurs villes d’origine pour travailler et les protègent des risques d’exploitation. Dans les zones de départ, les communautés sont sensibilisées sur les risques de la migration précoce et dangereuse. L’enfant candidat à la migration est informé sur les lieux d’accueil et les lieux de transit. Il y est souvent écouté, logé, nourri, soigné et protégé. Les enfants faisant face à des risques d’exploitation, d’abandon, de maltraitance ou de traite sont accompagnés dans la mise en place d’un projet personnalisé.

 

Ces projets de vie consistent à les accompagner pour retourner à l’école ou commencer une formation. Aux côtés du gouvernement et d’autres acteurs, Tdh a  contribué à l’élaboration et à la vulgarisation du nouveau Code de l’enfant et de la Politique nationale de protection de l’enfant, renforçant ainsi la protection des enfants. Dans le cadre de notre programme Soins Spécialisés, grâce au partenariat avec la Fondation des Chirurgiens pour l’Enfance Africaine, Tdh a pu construire des blocs chirurgicaux pédiatriques au niveau d’un hôpital départemental à Abomey dans le Zou-Collines, qui permet une prise en charge chirurgicale locale et l’amélioration de l’accès aux soins tertiaires pédiatriques au Bénin. Tdh prend aussi en charge le transfert vers l’Europe des enfants qui ne peuvent pas être opérés sur place.

 

Jean Paul Mahugnon

 

 

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