Ptme et  « les perdus de vue »:De nouvelles stratégies de lutte contre le Vih/Sida

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La lutte contre le Vih/sida passe nécessairement par le dépistage. Une opération qui permet à tout individu de connaître son statut sérologique afin d’avoir des comportements responsables. Mais, il en existe dans le rang des infectés qui désertent les centres de prise en charge et constituent une poche de menace pour la société. La stratégie pour ramener ces personnes dans les centres de prise en charge a fait l’objet d’un échange avec des médecins.

Certaines personnes atteintes du Vih/Sida nedevraient pas cacher leur état sérologique.Ces dernières sont identifiées comme « des perdues de vue » et doivent faire l’objet d’une attention particulière. Selon Tokpanou Koudjo, responsable du Centre d’informations de prospectives et conseil (Cipec) de Porto-Novo, il est nécessaire de renforcer la sensibilisation tout en expliquant de façon approfondie aux patients, les raisons pour lesquelles ils ont l’obligation de se faire traiter. Il faut égalementque ces personnes soient informées des contours et des effets secondaires que pourraient impliquer cet état de choses. On remarque tout de même que certaines personnes vivant avec le Vih acceptent de prendre les médicaments, mais et les refusent de déclarer leurs statuts à leur parent.

« Se traiter, oui, mais pas en cachette », c’est en ces mots que se résument les recommandations du Centre d’informations de prospectives et conseil (Cipec) de Porto-Novo. Poursuivant ses explications, il dévoile une nouvelle stratégie qui est de plus en plus développée. Celle-ci consiste à utiliser les réseaux sociaux entre les agents de santé, c’est-à-dire quand un agent de santé est sur un forum où il constate qu’il y a un patient qui ne vient plus sur le site habituel, une alerte est donnée pour signaler l’individu. C’est-à-dire quand un agent le récupère, il informe les autres membres du forum sans donner le nom sur le forum. Mais, ça reste toujours contraignant, aussi bien pour le personnel soignant que pour le patient.

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« Le Vih est une maladie stigmatisante alors que cela ne devrait pas être le cas. Ceux qui portent le virus se considèrent comme des marginalisés. Chacun   se rétracte dans son coin refusant de se faire découvrir. Ce comportement ne facilite pas la lutte que mènent les agents professionnels en charge du suivi du malade », fait remarquer Tokpanou Koudjo.

Il poursuit en ces termes : « Plusieurs malades développent une méfiance au sein de la société, surtout face aux agents. Certains malades ont la peur de l’inconnu et préfèrent collaborer avec les membres de leur famille ». Tokpanou Koudjo a, par ailleurs, expliqué qu’on ne saurait adopter la méthodologie pour le cas des tuberculeux où les normes facilitent parfois une recherche  manu militari. Pour Nicole Paqui, spécialiste du Vih/Sida à Unicef Bénin, les statistiques du premier semestre (janvier à juin 2018) révèlent que sur 37.8883 personnes placées sur antirétroviral (arv), il y a  2238 qui sont des perdus de vues au Bénin, soit 5,9%. Mettant l’accent sur  la Prévention transmission mère enfant (Ptme), le médecin coordonnateur de zone sanitaire Zogbodomey-Bohicon-Za-Kpota (Zoboza), Blaise Guézo Mévoa fait savoir que la recherche active des perdus de vue en Ptme est une stratégie développée par la zone sanitaire avec l’appui de l’Unicef pour retrouver et réinitier les patientes ayant abandonné le traitement. « L’expérience a démarré depuis 2016 et a contribué à retrouver plus de 70% des perdues de vue », précise-t-il. Poursuivant, il montre que l’activité consiste à faire le point de tous les perdus de vue dans les centres de santé, répartir les femmes perdues de vue aux médiatrices qui se chargent de les rechercher, reprendre le counseling avec les cas retrouvés, poursuivre le suivi jusqu’à l’accouchement.

 

Gaétan Nato

(Br Zou-Collines)

 

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