Que doivent faire les maires qui avaient été rejetés ?

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Les maires qui avaient été rejetés lors de la première phase des installations des Conseils communaux auraient tort de penser qu’ils ont gagné. Ils ont gagné une bataille, mais pas la guerre du développement. Ils ne l’ont pas encore gagnée. Certains maires installés au lendemain de la loi interprétative du Code électoral doivent savoir qu’il y a des frustrés. A Parakou par exemple, le maire Aboubacar Yaya aurait eu tort de penser qu’il a dompté les deux dissidents. La première chose à faire par un tel maire, c’est d’abord de créer la cohésion autour des 17 conseillers du parti. En laissant les deux dissidents, il va donner du grain à moudre à une opposition qui peut naître à l’interne contre lui. Quand vous allez à Ifangni, Adjarra, Zogbodomey, ce sont les mêmes choses. Cela se joue à une voix en défaveur des maires qui sont là. Aujourd’hui, ils sont là sachant qu’il y a une ou deux personnes qui n’ont pas voté pour eux.  En face, il y a un adversaire qui aurait aimé être à leurs places. Il faudrait qu’ils sachent que ce sont ces deux-là qu’ils doivent convaincre par leurs actions. Ensuite, ils doivent  aller vers l’adversaire en question qui est membre de l’autre parti. Tout cela appelle le leadership des nouveaux maires. Le leader, ce n’est pas celui qui écarte, mais celui qui rassemble. Il est vrai, après la désignation des maires, on a vu de la liesse un peu partout. Mais après, il faut penser au développement. Le développement local induit des efforts de tous. C’est vrai qu’on a un Etat central volontariste qui va chercher des projets, et qui mobilise des ressources pour des investissements dans les villes, notamment le projet asphaltage. Au niveau des Communes, il faut que les populations sachent ce qui est fait avec l’impôt collecté, notamment en qui concerne la gestion des ordures ménagères, la gestion des marchés, la propreté des rues, l’urbanisation. Les villes comme Parakou, Porto-Novo, Abomey-Calavi ont besoin d’un plan d’urbanisation qui puisse permettre aux citoyens de vivre dans un certain standing. N’oublions pas l’environnement. La gestion de l’environnement est un défi, surtout pour les villes à statut particulier. Quand vous regardez Porto-Novo, rien n’a bougé. La ville de Cotonou, par exemple, a besoin des gens qui vont la faire rêver comme Rachidi Gbadamassi et Charles Toko ont fait rêver Parakou. Le deuxième niveau d’analyse est qu’il y a des maires qui ont été confortablement désignés, mais ne sont pas des spécialistes de développement. Ils sont allés par militantisme. Aujourd’hui, on ne peut plus faire la décentralisation comme les premiers maires. S’ils le font, ils seront destitués. Il y aura de nouvelles majorités à l’interne. Il leur appartient d’associer tout le monde à la déclinaison des objectifs de développement local. Les universités forment des spécialistes en développement local. Il faut les associer. Il faut que les maires associent toutes les compétences possibles. Qu’ils s’ouvrent aux compétences des suppléants aussi.

 

 

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