Réconciliation des différents camps du parti Fcbe:Yayi, la solution et le problème 

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Il entame une démarche assez louable. L’ancien chef de l’Etat et leader charismatique de la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), démarre un exercice de médiation entre les deux camps antagonistes que sont celui de Paul Hounkpè et de Eugène Azatassou. Face à une si bonne intention, on ne peut qu’être optimiste. Le seul et vrai problème reste le médiateur lui-même.
Pendant longtemps, l’opinion a pensé que Yayi Boni n’est pas un acteur extérieur au sein de la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) mais un élément encore très actif du parti.  Son implication accrue fait de lui un maillon sérieux du dispositif. Durant toute l’année 2019, l’homme a œuvré ouvertement sous la bannière du parti. Dans ses différentes prises de position, il a affiché ses convictions profondes et même ses penchants pour tel ou tel courant prépondérant au sein du parti. En sa qualité d’acteur au front, Yayi Boni a, à un moment donné, exprimé son état d’âme par rapport à ce qui s’est joué au sein du parti. Ce que certains ont appelé la dissidence conduite par l’ancien ministre de la Culture, Paul Hounkpè et compagnie n’a pas été très apprécié par l’homme qui ne l’a pas vraiment caché. La position de l’ancien président de la République était à peu près connue surtout quand on écoute ses indéfectibles alliés que sont Nourénou Atchadé et autres. Avant donc de lancer le dialogue, le prédécesseur de Patrice Talon à La Marina avait sa position. Ses soutiens nationaux favorables au camp Atchadé ne cachaient pas la proximité qu’ils avaient avec lui et conduisaient des actions qui ressemblaient à ses convictions. On se rappelle de cette sortie manquée de Cadjèhoun qui a regroupé les membres de l’aile Nourénou Atchadé et tous les éléments  favorables à l’ancien président de la République. Egalement, les prises de position des membres du parti qui sont à l’extérieur traduisent une aversion à l’initiative Hounkpè et un soutien au leader Yayi Boni. Il ne fait donc l’ombre d’un doute que Yayi Boni n’est pas un médiateur venu ex nihilo, mais un acteur très actif. Son activisme passé laisse d’ailleurs transparaître assez nettement sa position et son penchant pour tel ou tel camp. A partir de cet instant, l’exercice devient complexe. Au-delà de la présomption de parti pris qui est déjà visible, il y a cette volonté de l’homme à rester pour longtemps encore au gouvernail du parti. Si le commandant du navire Fcbe souhaite avancer dans la médiation, il lui faut se mettre au-dessus de la mêlée et dissiper les appréhensions que nombre de Béninois ont par rapport à la conduite des échanges.
La fameuse Assemblée générale, l’os
L’autre équation difficile à résoudre et qui constitue d’ailleurs tout le nœud du dossier Fcbe, c’est cette Assemblée générale qui a conduit à changer le bureau politique tel que souhaité par l’administration centrale pour obtenir le récépissé provisoire. Cet acte posé par l’aile Hounkpè continue d’être le sens de gravité de la division au sein du parti. La question qu’il est permis de se poser est : Quel dialogue pour changer cette nouvelle donne consacrée dans les documents administratifs ? Est-ce que le leader du parti peut concéder à Paul Hounkpè et sa compagnie d’être les leaders du parti sur papier? S’il le faisait, comment le prendront les autres membres de l’aile opposée ? Dans l’une ou l’autre hypothèse, il serait difficile voir même complexe pour Yayi Boni de trancher en faveur d’un camp. La seule voie qui pourrait peut-être favoriser les choses, c’est celle de l’abandon des questions de leadership et l’instauration d’une unité retrouvée entre les acteurs. Réussir à sauver cette unité et se souder les coudes pour aller aux élections, tel peut être le défi de tous les acteurs en commençant par Yayi Boni lui-même. Il est et reste le seul acteur qui pourra unir tous les membres du parti autour de l’essentiel.
Abdourhamane Touré

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