Réconciliation entre Talon et son prédécesseur:Cacophonie dans l’entourage de Yayi

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Après l’invite du président de la République, Patrice Talon de se réconcilier avec son prédécesseur, il est attendu que l’ex-chef de l’Etat saisisse l’opportunité de cette main tendue. Et ce, au nom de l’intérêt général et non des sentiments personnels. Mais force est de constater que dans son entourage, des voix s’élèvent pour des propositions saugrenues qui ne sont pas de nature à ramener la paix entre les deux amis devenus ennemis par la force des choses.

Le chef de l’Etat veut fumer le calumet de la paix avec son prédécesseur au Palais de La Marina. Devant les jeunes, sages et têtes couronnées de Parakou jeudi 12 novembre, lors de sa tournée nationale, Patrice Talon, a fait part de son souhait de se réconcilier avec son prédécesseur Boni Yayi. « Ma prière est que cela puisse être vraiment du passé ». Alors, « je voudrais vous confier cette mission à vous têtes couronnées et sages de Parakou, pour qu’on nous revoie ensemble le plutôt possible, ici à Parakou ou chez lui à Tchaourou », a-t-il émis. Avant d’ajouter : « ce pour qu’on ait à nouveau cette image que nous savons toujours nous réconcilier au Bénin ». «Vous avez peut-être un grand rôle à jouer si individuellement, nous n’y parvenons pas. Moi, je fais l’effort qu’il faut et je voudrais compter sur vous pour que la chose se fasse ». Quelques jours après cet important appel à la réconciliation qui n’est pas le premier, plusieurs thuriféraires de l’ex-président de la République, s’érigeant en son avocat opinent sur la demande de Patrice Talon avec parfois des propositions qui ne sont pas de nature à permettre de tourner vraiment la page de division ouverte depuis une dizaine d’années. En effet, au micro de Frissons radio, l’ancien secrétaire général du gouvernement, Alassani Tigri, a réagi à la demande de Patrice Talon cette semaine. « Si le président Patrice Talon veut se réconcilier avec le président Boni Yayi, il devrait formaliser cela. Il a tout juste demandé aux sages de lui transmettre son souhait », a indiqué l’ancien ministre de Mathieu Kérékou. Pour Alassani Tigri, « se parler est une bonne chose. Mais la situation actuelle dépasse une simple réconciliation entre les deux présidents », ce qui est archi faux. Selon lui, il faut « qu’il y ait un dialogue national afin que les questions cruciales soient discutées sans tabou ». L’ancien patron du secrétariat général gouvernemental sous Yayi Boni estime que la réconciliation souhaitée par le président en exercice avec son prédécesseur doit aller au-delà des deux hommes car la situation sociopolitique actuelle ne recommande pas simplement une réconciliation entre deux personnes. Entretenant la confusion dans les esprits, il a fait remarquer que le Bénin entier est meurtri et l’idéal serait de convoquer une assise nationale au cours de laquelle tous les points qui fâchent seront examinés. En guise de rappel au Vice-président du parti « Les Démocrates » en cours de création, les sages et notables à qui le président Talon a confié la mission de réconciliation ne fonctionnent pas par écrit pour que l’ancien Sgg demande au président Talon de formaliser sa requête. Il ferait mieux de laisser les acteurs gérer la réconciliation au lieu de s’ériger en lampiste. 

 

Nourou Dine Saka Saley ou l’erreur de la fausse dérision  

 

Dans un post sur sa page Facebook mardi 17 novembre 2020, l’ancien collaborateur du ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané, indique ce qu’il répondrait à cette invite du chef de l’Etat, s’il était Yayi Boni. Se mettant dans la peau du chantre du changement et de la refondation, Nourou Dine Saka Saley indique qu’il inviterait Patrice Talon à ne pas faire une fixation sur sa personne d’ancien président de la République, mais à se tourner vers le peuple béninois avec qui, il doit se réconcilier. Quelle erreur ! Le président Talon n’a aucun problème avec le peuple béninois. La preuve, à chaque étape de sa tournée dans les Communes, c’est dans la liesse totale que le Patrice Talon est accueilli. Même les Communes rebelles que sont Savè, Tchaourou et Parakou ont démontré le contraire de ce que pensaient les ennemis du développement. Toutes les villes sillonnées ont réservé un accueil chaleureux au chantre du Nouveau départ. Mieux, elles ont réclamé un second mandat pour Patrice Talon. De ce fait, l’on se demande si l’ancien conseiller du ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané n’est pas dans l’erreur de la fausse dérision. Au nom du développement, Nourou Dine Saka Saley et les proches de l’ex-chef de l’Etat doivent encourager Yayi Boni à acter la réconciliation en saisissant la main tendue du président Patrice Talon. Exiger là où il ne faut pas le faire n’arrangera rien et fera davantage rater au Bénin, d’importants moments et opportunités indispensables au développement. Il est donc temps que Yayi Boni prenne ses responsabilités car c’est une occasion rêvée pour ramener la paix entre les deux hommes. Le Bénin doit être privilégié, et non les sentiments et les intérêts personnels.

 

Abdourhamane Touré

 

 

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