Réforme du système partisan :Le vrai visage de l’opposition béninoise    

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L’opposition béninoise est aux abois de son propre fait. Après les législatives d’avril 2019, elle risque de ne pas participer aux élections communales et municipales du 17 mai car elle a ouvert tardivement les yeux s’agissant de la mise en application des lois issues de la réforme du système partisan. Le ver est dans le fruit et la fin des partis tels que Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et Restaurer l’espoir (Re) est imminente.
Chasser le naturel, il revient au galop. Lorsque le chef de la maison n’est pas vraiment de bonne foi, les choses vont toujours sens dessus dessous. Ce qui se passe au sein de l’opposition béninoise témoigne de ce que le ver est bel et bien dans le fruit. Tenez ! Au niveau de la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), le problème a un nom et ce nom c’est Yayi Boni. Le maître à penser de la discorde au sein de ce parti n’a rien à faire d’autre que de délivrer les leaders et les militants de sa présence devenue envahissante pour le parti. Yayi Boni doit laisser la Fcbe aux jeunes leaders et se reposer. Son désir à vouloir toujours tenir les ficelles détruit toutes les chances de survie du parti. Le chef saque de ses mains tout l’héritage pourtant prometteur de ce parti politique qui a commencé tout progressivement par panser ses plaies béantes. La seule formation politique en qui l’opinion a commencé par croire est en train d’être ruinée de l’intérieur avec l’œuvre de son président d’honneur. Difficile de le croire, mais c’est pourtant vrai. Les Cauris continuent cette spirale de brouille parce que Yayi veut toujours rester dans la course. Le leader charismatique veut faire comme son alter égo en passant de la Présidence à la mairie. Il ne s’en sort pas visiblement, mais continue de s’accrocher. L’éléphant Fcbe annoncé arrive avec un pied cassé. L’autre de l’opposition qui a perdu le combat avant de l’avoir commencé c’est le leader du parti Restaurer l’espoir. Candide Azannaï a décidé de fuir le combat politique parce que sans arme. Le président a perdu la bataille, mais aussi la guerre. Le paternaliste de tous poils pour qui Restaurer l’espoir est un bien personnel (puisqu’il n’a jamais eu de démocratie dans ce parti) et qui n’a de métier que la politique est en chute libre c onvaincu qu’il n’y a plus de duel politique qu’il pourra gagner. Ennemi de tous, par ses envolées blessantes, le philosophe de Mènontin se retrouve finalement seul face à son destin. Il a capitulé en se réfugiant dans des démonstrations qui tiennent à peine. Quel parti politique peut refuser d’aller aux élections s’il a un électorat acquis ? Quel leader de parti politique peut décider de tout laisser quand tout un peuple le réclame ? Il s’agit juste d’un aveu qui dénote de la grande faiblesse du parti et même d’un malaise que l’homme a su couver jusque-là. Ce qui est certain, c’est que l’opposition béninoise n’existe pas sur l’échiquier politique.
Elle s’est éliminée
Par son fait, elle a réussi à s’éliminer alors qu’elle a tous les outils pour se relever et se consolider. Des mesures d’assouplissement ont été prises par le gouvernement pour permettre à ces partis se réclamant de l’opposition de participer en grand nombre aux prochaines joutes électorales. Au lieu de concentrer leurs énergies sur ces mesures, les opposants ont leurs préoccupations ailleurs. Des mois à l’avance, votre journal avait écrit que cette alliance entre ennemis d’hier ne prospèrera pas. Seuls ou ensemble, ces acteurs politiques de l’opposition ne peuvent rien construire de cohérent, car ils n’ont pas appris à le faire. A part la politique politicienne, l’affairisme et le marchandage politique, ils n’ont plus d’autres chapelles valables. Ils n’arrivent donc pas à retrouver leurs marques dans un contexte de réforme du système partisan orientée vers la consolidation des partis et leurs capacités à s’imposer sur le terrain. Les règles du jeu changent et ils sont aux abois. Pourtant, cette réforme a été voulue et chantée par tous ces acteurs politiques. Ils étaient les chantres, mais c’est la désillusion totale. Ils pensaient que cette réforme allait consacrer les anciennes pratiques, mais c’est tout le contraire. Désabusés, ils se confondent en plaintes. Ils ont tenté un coup de force en mai qui a lamentablement échoué et ils pleurent finalement sur le lait renversé. La nature a payé cash la mauvaise foi de certains ennemis du développement du pays.
Abdourhamane Touré

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