Réforme du système partisan:L’esprit de grands Blocs en berne

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La barque de la mouvance traverse sa première zone de turbulence. La confiance est à l’épreuve d’un contrat qui s’écrit en pointillés. Faut-il continuer à faire confiance aux leaders politiques qui refusent d’intégrer les blocs en présence ? Tout convie à la prudence.

Ils ont commencé un à un à rompre le contrat légal. Certains leaders politiques de la majorité pourtant très actifs au départ en faveur de la création de grands blocs tournent casaque. Ils se liguent contre la loi portant charte des partis politiques qui prône la création de grands Blocs. Le premier parti à affirmer son indépendance c’est l’Union pour le développement d’un Bénin nouveau (Udbn). Ce creuset politique s’est associé à certains partis et mouvements. S’il est permis de rester fidèle à l’esprit de la Charte des partis, est-ce qu’il est juste de dire que l’Udbn est un grand bloc politique en voie de devenir un grand parti politique? L’avenir le dira. La même question peut être posée à l’And, aile Valentin Houdé, dont l’ancrage politique n’est plus à rappeler. Le fait pour ce parti de s’associer à certains partis politiques amis de la région et à certains mouvements dans quelques communes et départements suffit-il à faire de lui un grand Bloc en phase de devenir un parti d’influence à l’échelle nationale ? Difficile de répondre.

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On peut également explorer la question au niveau de l’opposition, car il est annoncé, de ce côté aussi, des démarches solitaires assez prononcées. Selon des informations, le parti Restaurer l’espoir de Candide Azannaï serait à fond dans cette démarche. Le Parti du renouveau démocratique (Prd) de Maître Adrien Houngbédji aussi a finalement donné le ton en exprimant assez clairement ses inquiétudes qui justifient sa suspension à participer au congrès du Bloc républicain. Ces actes totalement en contradiction avec le contrat de départ signé à travers le vote de la loi portant Charte des partis politiques éprouvent sérieusement la confiance et posent la question de la foi en la parole de ces acteurs politiques qui continuent toujours de se réclamer de la majorité présidentielle.

 

Rupture de confiance

 

On pourrait les comprendre s’ils n’avaient pas été le chantre de cette dynamique politique à l’Assemblée nationale. Les acteurs politiques opposants à la constitution de Blocs avaient soutenu mordicus le projet de Charte alors qu’ils savaient bien qu’ils ne pourront pas suivre la dynamique d’ensemble. Le simple fait d’avoir consenti à la constitution de Blocs tout en sachant qu’ils n’adhéreront pas en pratique ne suffit-il pas à justifier leur manque de sincérité ? On est tenté de dire que ce refus voilé de suivre la ligne de départ est l’esquisse d’un plan de désobéissance futur qui s’élabore en douce et qui ne tardera pas à se dévoiler. Continuer à faire confiance à des leaders politiques en comptant exclusivement sur leur parole ne serait-il pas consentir à boire la ciguë ? Surtout qu’en politique rien ne permet de rassurer sur la sincérité d’un leader à suivre une ligne. Certains pourraient dire qu’il est assez tôt de douter de la bonne foi de ces leaders qui continuent de se réclamer de la majorité. Il est vrai que les passés conflictuels peuvent justifier le refus pour un acteur politique d’intégrer un Bloc politique ou un autre.

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On peut peut-être supposer que les deux premiers acteurs politiques ont des ennemis dans les deux Blocs et que c’est la raison principale qui a justifié leur attitude solitaire. Cette démarche est déjà en conflit avec la Charte des partis politiques qu’ils ont eux-mêmes. Elle peut être un alibi surtout qu’on sait qu’il n’y a presque jamais eu d’ennemi en politique et quetoutes les fois que les calculs politiques privilégient les intérêts, les opposants d’hier arrivent toujours à se mettre ensemble. C’est justement la raison pour laquelle on continue toujours d’avoir du mal à comprendre qu’une simple question de logo puisse justifier un départ d’un bloc. Il y a beaucoup de considérations qu’on ne maîtrise toujours pas. Jurer par la bonne foi de ces acteurs politiques serait faire un pari risqué.

 

Abdourhamane Touré

 

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