Reformulation technique des recommandations du dialogue politique:Le comité d’experts transmet son rapport au chef de l’Etat

0
2144

Le comité d’experts chargé de la formulation technique des recommandations du dialogue politique a transmis le rapport de ses travaux au président de la République, Patrice Talon. La cérémonie de remise du document a eu lieu le vendredi 25 octobre 2019, au palais de La Marina en présence des membres du bureau de l’Assemblée nationale.

Le document remis au chef de l’Etat propose la retouche de la Charte des partis politiques, du Code électoral, ainsi que certaines dispositions de la Constitution. Dans sa présentation, le coordonnateur du comité d’experts, le professeur Dorothée Sossa, a fait observer que pour l’organisation des élections générales, il va falloir harmoniser les mandats des députés, des maires et du chef de l’Etat qui feront tous un mandat de cinq ans. Pour y parvenir, le comité propose la modification de certains articles de la Constitution, notamment les articles 26, 50, 80 et 81 qui devront subir une modification profonde. Toujours pour le dégel de la crise politique,  le comité d’experts suggère la retouche des articles 42, 80, 350, 351, 352 du Code électoral. A en croire le professeur Dorothée Sossa, d’autres mesures induiront forcément la relecture de la loi 2018-31 du 9 septembre 2018 portant Code électoral en république du Bénin. Cela, pour rendre plus souples  les conditions de participations des partis politiques aux élections. L’article 242 aussi sera corrigé pour  rester dans l’esprit du dialogue politique. Après avoir félicité le comité d’experts pour la qualité du rapport, le président Talon a promis de mettre en œuvre sa capacité de persuasion et de faire le lobbying nécessaire afin que les députés de la 8ème législature soutiennent le projet. Toutefois, il a demandé de le rassurer sur le maintien du nombre de mandat présidentiel dans la Constitution pour lui permettre d’être en phase avec son peuple.

 

Odi I. Aïtchédji

Talon en phase avec l’esprit de la Conférence nationale

Le  débat sur la révision de la Constitution  revient et dans cette perspective, le chef de l’Etat sait ce qui l’attend. Ce sera encore la porte ouverte à toutes les invectives, tous les désaccords et sans doute l’occasion à toutes sortes de procès d’intention. Ils monteront sur tous les toits pour vilipender et attaquer le projet. Ils tenteront de soulever la population contre le président de la République et les députés à l’Assemblée nationale. Le président Patrice Talon en a conscience. Il est résolu à faire de tout son possible pour  ne pas tomber dans les mêmes erreurs du passé. En effet, le projet de révision qu’avait présenté le chef de l’Etat, lequel n’avait pas abouti en raison des exigences constitutionnelles, a été à l’origine de toutes les incriminations exprimées en son temps et les attaques les plus virulentes portaient sur le mandat présidentiel unique de 7 ans.  Tout en étant d’accord que la révision de la Constitution doit intervenir pour être en phase avec le temps et les réformes nécessaires, les acteurs politiques ne s’accordent pas sur l’opportunité de toucher à la matière qui évoque le mandat présidentiel. L’article 42 en question qui énonce que le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois, devient la principale matière à laquelle, beaucoup s’accrochent pour s’opposer à la révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Selon ceux qui brandissent cet argument,  la Conférence nationale de février 1990 qui l’a adopté exprime le sens du consensus et cela ne devrait pas être touché. Du coup, toute tentative de révision prenant en compte cette matière est considérée comme une révision opportuniste. Pour le chef de l’Etat, cet esprit de la Conférence nationale doit prévaloir même s’il est question de décider de la révision de la Constitution. En s’opposant à son tour à une révision opportuniste, il se met déjà en phase avec l’historique conférence et renonce à son projet de mandat unique de 7 ans. En clair, le chef de l’Etat professe sa bonne foi sur le sujet de la révision dans le seul but de continuer dans la dynamique de l’apaisement et de réconciliation. Ce qui devrait rassurer plus d’un et montrer aux yeux du monde entier que Patrice Talon est déterminé à créer les conditions et les espaces pour un vivre-ensemble, gage de la tranquillité sociale. L’initiative du dialogue politique des 10, 11 et 12 octobre 2019 est l’illustration parfaite de cette détermination.  Les  actes  et les promesses qui ont suivi donnent encore plus de poids à cette volonté du président de la République de mettre de côté son égo et de préserver l’intérêt supérieur de la Nation. C’est la preuve qu’il n’est pas assoiffé de Pouvoir et reste un chef d’Etat éclairé et doté d’une grandeur d’esprit.

 

Fidele Nanga

 

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here