Rencontre au Palais de La Marina sur la situation des travailleurs:Langage de vérité entre Talon et les Centrales syndicales

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Le gouvernement a réussi un grand coup le vendredi 16 octobre 2020. Présentant les efforts fournis par son gouvernement depuis avril 2016 pour apurer les arriérés et la dette hérités du régime défunt, le chef de l’Etat, Patrice Talon a reçu les félicitations des partenaires sociaux qui n’étaient pas au courant des diligences faites par le gouvernement pour solder les engagements financiers pris par l’ex-président Yayi Boni et son gouvernement.

Les travailleurs dont le salaire du mois d’octobre n’est pas encore traité recevront, avec celui-ci, les rappels dus par l’Etats. Ceux dont le salaire est déjà traité les recevront les jours d’après ou sur le salaire du mois de novembre 2020.  C’est l’information principale qui a filtré de la rencontre vendredi 16 octobre 2020 au Palais de La Marina, entre le chef de l’Etat et les 7 secrétaires généraux des Centrales et Confédérations. La rencontre qui entre dans le cadre de la promotion du dialogue social a permis d’échanger sur les efforts du gouvernement relativement à la satisfaction des besoins des travailleurs. Le gouvernement a décidé, avec effet immédiat, de prendre en charge des dettes de 15 milliards de FCfa découlant des effets d’engagements divers pris avant 2016 et qui n’étaient pas encore payés jusqu’ici. Il s’agit notamment d’engagements en lien avec les arriérés nés des avancements et autres glissements catégoriels. Depuis 4 ans et demi en effet, le gouvernement a engagé d’énormes ressources pour éponger une part importante des dettes de l’Etat à l’égard des agents de l’Etat, découlant de diverses décisions prises avant 2016. Ainsi, sur un total de 94 milliards de FCfa de dette envers les travailleurs, le gouvernement a déjà payé, à ce jour, 52 milliards de FCfa. De même, pour 49 milliards FCfa de dettes envers les retraités, 26,7 milliards de FCfa ont déjà été liquidés. A cela, s’ajoutent 6,9 milliards de FCfa de primes exceptionnelles de motivation aux agents de la santé et 1 milliard de FCfa de primes de risque. Divers autres engagements ont été honorés qui font que, sur un total global de 173 milliards de FCfa dus aux travailleurs et retraités avant 2016, 87 milliards de FCfa ont été effectivement payés, soit plus de 50% de niveau de paiement. Selon  le président de la République, les efforts massifs faits par le gouvernement traduisent bien le fait qu’avec des rapports sociaux sains, on peut résoudre bien des problèmes, sans qu’il ait besoin de recourir aux grèves. Il est aussi revenu sur la situation dont son gouvernement a hérité en 2016. Une situation difficile avec des engagements sociaux colossaux dont le respect était compromis. Mais, grâce aux réformes engagées, grâce à l’assainissement de la gestion des finances publiques, de réels efforts ont été faits. Ainsi, les travailleurs dont le salaire du mois d’octobre n’est pas encore traité recevront, avec celui-ci, les rappels concernés. Ceux dont le salaire est déjà traité les recevront les jours d’après ou sur le salaire du mois de novembre 2020. Tour à tour, les secrétaires ont félicité le gouvernement pour les efforts faits. « Avec ce que je viens d’entendre, on peut dire que des efforts louables sont faits que nous apprécions », s’est réjoui le secrétaire général de la Cosi-Bénin, Noël Chadaré.

Abdourhamane Touré

Noël Chadaré, Sg Cosi-Bénin : « On peut dire que des efforts louables ont été faits que nous apprécions »

« Nous n’avions pas ces informations. Avec ce que je viens d’entendre, on peut dire que des efforts louables sont faits que nous apprécions. Nous venons d’apprendre que des 49 milliards qui sont dus à l’issue de la revalorisation, vous avez fait un effort de 26 milliards. Le milliard mensuel évoqué, on aurait souhaité savoir comment cela se passe pour qu’on puisse communiquer aux mandants. Nous espérons que vous avez faire davantage d’efforts en tenant compte de la caisse de l’Etat pour que le reste dû à nos travailleurs puisse être liquidé. Je suis satisfait si c’est comme cela que les choses se sont déroulées, il faut communiquer avec nous pour qu’on puisse avoir les éléments et suivre au fur et à mesure avec le gouvernement ».

Anselme Amoussou, Sg Csa-Bénin : « Le gouvernement a apuré plus de 85 milliards de dette, on ne peut que vous en féliciter »

 

« Au-delà des chiffres, ce que j’ai noté dans vos propos, c’est que vous avez souhaité que ces échanges soient périodes pour nous permettre de faire le point. Vous avez souhaité également que les relations entre le gouvernement et les syndicats deviennent de moins en moins conflictuelles. Je voudrais le souligner avec vous et vous dire que pour notre part, nous avons toujours été dans cette position. C’est heureux que nous soyons en phase sur cette question. Vous avez souhaité savoir également si tout se passe bien sur le point que nous avons discuté avec vous à la dernière rencontre ? Je voudrais vous rassurer que cela se passe très bien sous la supervision du ministre d’Etat. Nous faisons les ajustements au fur et à mesure en comparant les chiffres du cabinet et les chiffres de terrain. Nous continuons de faire ce suivi et nous espérons que nous allons rapidement sortir de l’impasse. Je voudrais noter que quand on fait le point, le gouvernement a apuré plus de 85 milliards de dette, on ne peut que vous en féliciter. Sur les 15 milliards, je voudrais demander comment le paiement va se passer concrètement et enfin sur le milliard mensuel que le gouvernement paie depuis quelques mois pour apurer les arriérés, nous avions souhaité en rencontrant le ministre des Finances que le gouvernement puisse mieux communiquer là-dessus de façon à faire une clarification et que l’on puisse dire par exemple que le milliard d’octobre va servir à payer tel arriéré de telle année. Cela permet à tous les travailleurs de savoir patienter en comprenant que leur tour viendra et de faire savoir ce qui se passe exactement par rapport au paiement des arriérés. Ce qui reste à faire sur lequel je voudrais attirer votre attention maintenant et qui est une urgence depuis plusieurs années est l’augmentation du Smig. On a eu son augmentation en 2014. Il est de 40 000 FCfa aujourd’hui. Nous avons souhaité à chaque fois que nous avons rencontré les autorités, qu’on puisse aller à la hiérarchisation des salaires. Jusque-là, les discussions entre le patronat et le gouvernement n’ont pas permis d’aboutir à cette solution. Aujourd’hui, nous sommes déjà en retard par rapport à une nouvelle augmentation du Smig. C’est le lieu de demander à votre gouvernement, une nouvelle augmentation du Smig et de régler enfin la question de la hiérarchisation des salaires ».

 

Le chef de l’Etat sur la revalorisation du Smig : « Nous n’avons  pas pu convaincre le patronat »

 

« Vous avez abordé la question de la revalorisation du Smig. L’Etat seul n’a pas la main en cette matière. Le patronat qui regroupe l’ensemble des employeurs du secteur privé est plus concerné que l’Etat. Le secteur privé est le plus gros employeur du Bénin. L’Etat est le deuxième hiérarchiquement concerné. Donc, toutes les fois que nous avançons ces questions de Smig, il faut avoir l’assentiment du patronat. Malheureusement, sur la question, nous avons fait des échanges avec les représentants des deux patronats et nous n’avons pas pu les convaincre sur la nécessité d’augmenter le Smig. L’Etat a la volonté d’augmenter le Smig. En tant qu’autorité, nous avons entamé les démarches, les discussions jusque-là, n’ont pas abouti parce que le patronat pose un problème qui mérite d’être examiné avec attention : la conjoncture économique est globalement difficile dans le monde entier. Le Bénin n’y échappe pas. Nous avons besoin de promouvoir l’emploi, l’investissement. Nous sommes en compétition avec les autres pays du monde sur les conditions de l’emploi dans nos pays respectifs. Il faut donc que les conditions de tout ce qui relève de l’obligation soient compatibles avec le marché international du travail. Vous et nous, nous avons les mêmes préoccupations mais nous n’avons pas encore trouvé les voies et moyens de donner satisfaction à cela compte tenu des paramètres et des préoccupations du secteur privé qui trouve qu’il ne faut pas aller trop vite mais on n’a pas fini les discussions. J’espère que dans les prochains mois, nous allons pouvoir faire quelque chose parce que le besoin est réel ».

 

Propos recueillis pour le Matinal par A.T.

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