Rencontre Céna-Assemblée nationale sur les modalités de parrainage:Appréciations de députés et de la Vice-présidente Geneviève Boko-Nadjo

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La Commission électorale nationale autonome (Céna) a rencontré les députés mercredi 21 octobre 2020 sur les modalités de parrainage des candidats à la Présidentielle d’avril 2021. Au terme de la séance qui s’est déroulée à huis-clos, quelques élus parlementaires et la vice-présidente de la Céna livrent leurs impressions.

Député Robert Gbian, député Br : « Les parrains seront libres »

 

«…Après le vote de la loi portant Code électoral qui a prévu le parrainage pour l’élection présidentielle, il est de bon ton que la Céna viennent entretenir les députés sur sa compréhension des dispositions de cette loi. Au cours de la rencontre, la Céna a abordé trois points essentiels. Le premier point a porté sur les modalités et les procédures du parrainage. Dans un second temps, il a été présenté le module informatique de gestion du parrainage et en troisième point, la Céna a expliqué le programme de gestion de financement public des partis politiques (…) La Céna a expliqué comment l’argent disponible sera réparti pour les partis politiques bénéficiaires. Ce que nous avons retenu et que nous savions déjà, c’est que le parrainage est un acte républicain et individuel. Le député est un élu de la Nation et il est là pour tout le peuple. Les partis politiques n’ont pas à faire injonction sur un député pour orienter son choix. Je profite de cette occasion pour dire au peuple béninois d’être serein. Contrairement à ce que certaines mauvaises langues disent, le parrainage n’est pas synonyme d’exclusion. Les parrains seront libres de parrainer qui ils veulent. Il leur revient de bien analyser la situation pour faire leur choix. Tous les 159 parrains ne parraineront pas le seul candidat que nous souhaitons, Patrice Talon… »

Patrice Agbodranfo Nobimè, député Up : « Nous avons mis l’accent sur la sécurisation du parrainage »

 

«…Pour moi, il s’agissait d’une séance de donner et de recevoir. Je voudrais remercier le président de l’Assemblée nationale qui a autorisé l’arrivée de la délégation de la Céna au Palais des gouverneurs. Il le fallait parce que c’est l’occasion pour nous de dire aux membres de la Céna ce que nous pensons d’eux. Selon les dispositions du nouveau Code électoral, la Céna dispose de deux organes à savoir la Direction des élections et le Conseil électoral. En attendant que le mandat de l’actuelle Céna n’arrive à échéance, il joue les rôles des deux organes que je viens de citer. C’est en application de ces dispositions qu’il y a quelques mois, ils ont reçu les responsables des partis politiques et après la rencontre, c’était toute une polémique. Nous avons entendu beaucoup de choses. Les gens ont écrit sur les réseaux sociaux que c’est la Céna qui clarifie aux députés le contenu des lois qu’ils ont votées. Paradoxalement, la Céna n’a pas daigné rétablir la réalité des faits. Bref ! La rencontre de cet après-midi du mercredi 21 octobre 2020 était donc la bienvenue. C’est avec plaisir que nous avons échangé avec les membres de la Céna parce que la Céna est venue nous entretenir sur les dispositions qu’elle est en train de prendre pour l’application des dispositions du Code électoral que nous avons voté et qui prévoit le parrainage de la Présidentielle de 2021. Nous avons mis l’accent sur la sécurisation du parrainage et c’est tout heureux que je vous dis que la Céna a compris. Il ne s’agissait pas d’une séance d’explication du Code électoral (…) La Céna nous a rassurés que la question de sécurisation du parrainage est confidentiel. Je ne finirai sans dire que le parrainage n’est que pour limiter les candidatures de plaisanterie. Ne doit pas être candidat qui veut, mais qui peut être porté par des élus qui sont des émanations du peuple. Nous ne pouvons plus continuer d’avoir une liste de candidats pléthorique pour l’élection présidentielle dans notre pays si nous voulons vraiment que notre démocratie avance… »

Geneviève Boko-Nadjo, Vice-présidente de la Céna : « Nous avons tous fini par regarder dans la même direction »

 

«…La Céna a décidé de venir rencontrer les parrains de la prochaine élection présidentielle telles que prescrites par le Code électoral en vigueur. Vous n’êtes pas sans savoir qu’au terme de l’article 44 nouveau de la Constitution, il a été institué un système de parrainage des candidats aux élections présidentielles. C’est dans la mise en œuvre de cette innovation que la Céna, dans une démarche communicationnelle, s’est rapprochée du sanctuaire de la démocratie pour rencontrer les députés qui sont les futurs parrains ; afin que dans un débat ouvert, nous puissions échanger sur les modalités de mise en œuvre de ce parrainage. Nous partons satisfaits de cette rencontre avec les différents potentiels parrains. Nous étions en symbiose au cours de nos échanges. Les débats ont tourné essentiellement sur les modalités de mise en œuvre de ce parrainage-là. Des inquiétudes ont été soulevées par rapport à la confidentialité du parrainage. Avec les explications qui ont été données aussi bien par le président de l’Assemblée nationale que par le président Emmanuel Tiando, nous avons tous fini par regarder dans la même direction. Le député est l’élu de la Nation toute entière. Il n’a pas un mandat impératif. A partir de cet instant, on ne peut obliger le parrain qu’il est à vulgariser son choix; choix qui sera matérialisé par un formulaire qui est une pièce de déclaration de candidature que nous n’avons d’ailleurs pas l’habitude de divulguer… »

 

Propos recueillis par Martial Agoli-Agbo (Corresp. Ouémé-Plateau)

 

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