Rencontre pour déjouer l’impasse électorale:Les recommandations de Talon

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Le Chef de l’Etat, joue la carte de l’apaisement. Patrice Talon a convié hier mercredi 6 mars 2019,  les acteurs politiques à trouver ensemble des solutions pour passer en douce la période des élections. La démarche était inspirée par le désir de paix et d’unité, ferment de l’héritage national. Un signal fort que le numéro 1 du Bénin a lancé pour réaffirmer sa disponibilité à contribuer à l’apaisement.

Patrice Talon a confié aux acteurs politiques le soin de trouver ensemble une solution pratique aux difficultés actuelles. Il a remis aux hommes et femmes en charge de conduire la chose politique, la lourde tâche de trouver  à partir de ce jour, ensemble une porte de sortie. Le Président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, a désormais pour mission d’organiser le débat à l’Assemblée nationale pour que les acteurs politiques fassent des propositions concrètes de sortie de crise. Ça y est donc. Les acteurs politiques, quel que soit, leur bord, ont désormais la responsabilité de trouver la clé de la crise. Au cours de son intervention, le Président de la République a exprimé sa gêne de ne pas voir l’opposition à cette élection et s’étonne de leur posture. La rencontre d’hier a l’avantage de se dérouler dans un climat assez détendu et conviviale. Elle a permis aux acteurs politiques présents de faire des propositions. L’atmosphère dénuée de tout esprit polémiste a permis aux acteurs d’explorer ce qui, selon eux, est la clé à une sortie de crise. Si pour certains, il faudra fondamentalement sauter le quitus fiscal, pour d’autres comme Jacques Ayadji, il sera plus sage de trouver un moyen d’amener le politique à payer ses impôts. Plusieurs autres questions inhérentes au bon déroulement du processus ont été explorées. Tout au long de la rencontre, le Chef de l’Etat de faciliter l’apaisement du processus électoral tout en ne s’érigeant pas en celui qui contourne les normes érigées, mais préfère que chaque acteur assure et assume sa responsabilité. « Je n’ai pas le pouvoir de surseoir le processus électoral. Ni l’exécutif ni le parlement, personne ne peut suspendre le processus si la Cour ne constate des irrégularités sur lesquels elle statue. Le temps presse parce que le 15 mai n’est pas loin. Le processus en cours n’est pas arrêté. C’est à nous d’aller vite. Il nous faut dans le courant du processus, rattraper ce qui est rattrapable », a-t-il laissé entendre.

 

L’opposition dans une logique confuse

 

Tout le monde s’attendait à ce que les acteurs de l’opposition fassent le déplacement du palais de La Marina, mais ils n’y étaient pas. Les chantres de l’hymne de l’exclusion ont préféré la politique de la chaise vide à un moment crucial du débat national. Ils ont préféré la politique du renoncement  se fondant sur des présuppositions, des idées arrêtées comme ils en ont l’habitude. Ces hommes politiques ont manqué à l’appel républicain. Ils ont rejeté ce vœu national, cette aspiration souveraine de les voir participer au débat politique. Cette politique de la chaise vide de l’opposition, ce n’est pas seulement au Chef de l’Etat qu’ils ont fait mal, mais à tout le peuple qui voulait comprendre le fond de leur récrimination. Les acteurs de l’opposition ont manqué à l’appel souverain au dialogue et à la négociation. Ils ont préféré fermer la porte à toute discussion préférant leur logique jusqu’au-boutiste. Ils n’ont pas pris la mesure de la situation et ont préféré s’abstenir à ce niveau du débat. Avec le comportement des acteurs de l’opposition, on se demande s’ils veulent vraiment participer aux élections. Il est à espérer que les acteurs de l’opposition se joignent aux échanges suscités au Parlement pour qu’ensemble une solution définitive soit trouvée à la crise. C’est le mieux qu’on peut souhaiter de la part de cette opposition définitivement dans une logique de raidissement inutile.

 

AT

 

 

La balle renvoyée au Parlement

Annoncée comme la rencontre du dégel de la crise électorale, la rencontre entre le chef de l’Etat, Patrice Talon et la classe politique béninoise hier mercredi 6 mars 2019, a tenu ses promesses. L’Assemblée nationale et son président sont mandatés pour trouver les solutions à une participation plus large.

Les députés de la 7ème législature ont encore la responsabilité de trouver une issue à une participation plus large et inclusive des partis politiques aux élections législatives du 28 avril 2019. C’est la principale information à retenir de la rencontre entre le Numéro 1 des Béninois, Patrice Talon et les acteurs politiques. Au cours de son intervention, le chef de l’Etat s’exprimait en ces termes : « Monsieur le président, je voudrais vous prier ainsi que le bureau du Parlement et la conférence des présidents de prendre l’initiative de ces échanges pour trouver des formules qu’il faut et la procédure qui peuvent permettre au Parlement de nous proposer les voies de sortie. Vous pouvez compter sur mon engagement. J’adhèrerai à tout ce que vous allez proposer comme mesures concrètes conformes à notre Constitution. Si dans vos échanges, nous devons aller jusqu’à faire des amendements à la Constitution, les jours à venir, je suis preneur. » Malgré son attachement à la paix et à la quiétude, le chef de l’Etat n’est pas moins attaché aux textes qui gouvernent la République. Pour lui, les solutions à explorer doivent s’ancrer dans la Constitution et les lois. Il ne faut donc pas contourner les normes érigées. Pour ce faire, il a mandaté le président de l’Assemblée nationale d’appeler tous les acteurs politiques qu’ils soient de la mouvance ou de l’opposition pour recueillir leurs préoccupations, les intégrer dans les réflexions et faire des propositions concrètes. « Je veux espérer qu’à partir de tout à l’heure, de ce soir, demain jusqu’à lundi, mardi au plus tard, vous allez être en mesure de nous faire des suggestions pour prendre des décisions parce que vous en avez les prérogatives. Au besoin, s’il faut que l’Assemblée nationale aille en session extraordinaire dans le week-end ou dès lundi, si vous voulez, pour proposer des mesures nous permettant d’atteindre les objectifs tout en respectant les lois actuelles ou celles de demain ou après-demain ; ce serait salutaire pour nous tous et nous allons partager le mérite », a déclaré le président de la République. Vu la programmation établie par la Céna dans le cadre du processus électoral, chaque minute est précieuse. Tous les regards sont tournés vers les députés et les acteurs politiques qui ont le dernier mot dans le dénouement de cette crise. Que va-t-il réellement se passer ? Les jours à venir nous en édifieront.

   

Mohamed Yasser Amoussa (Coll)

 

 

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