Rencontres improvisées des « résistants » à l’intérieur du pays:Trouble à l’ordre public

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(L’opposition illégale dans de basses besognes)

Des acteurs politiques se réclamant de l’opposition ont entrepris depuis peu des rencontres improvisées à l’intérieur du pays. Sans statut juridique et sous la pseudo dénomination de la « résistante », Eric Houndété, Basile Ahossi, Guy Mitokpè et compagnie s’empêtre dans des pratiques qui leur dénient tout légalisme et prônent le soulèvement populaire. Pourtant, il y a quand même des personnes assez élégantes au sein de cette opposition illégale.

Quel est le statut juridique du fameux mouvement de la « résistance » et à quoi peut-on le comparer au regard de la nouvelle Charte des partis politiques au en République du Bénin? A cette question, l’opinion reste sans réponse. Pourtant, l’unanimité est faite autour de l’évidence selon laquelle, la nouvelle loi portant Charte des partis politique a fermé la page des mouvements et rassemblement occasionnels d’acteurs politiques et prescrit la création de grands partis politiques. Ce fondement légal reste le seul pilier juridique de la réforme du système partisan en vigueur au Bénin. Basile Ahossi, Nouréni Atchadé, Guy Mitokpè, Eric Houndété et compagnie le savent assez bien. Ils savent qu’il est définitivement impossible de favoriser les anciennes compromissions politiques faites de regroupements spontanés et circonstanciels sous des dénominations temporaires. Les « résistants » savent qu’ils ne sont plus fondés à parler de mouvement et qu’ils doivent dans une démarche d’unité constituer des partis forts. Les acteurs politiques de cette opposition au nombre desquels certains ont voté la Charte des partis politiques, le savent mieux que quiconque.  Et pourtant ! La question qu’il est permis de se poser, c’est de savoir pourquoi ils persévèrent dans l’illégalité? Quelle est cette intention qui sous-tend cette attitude délibérée de continuer à instaurer des pratiques irresponsables? Difficile de répondre puisque non seulement la majorité de ces acteurs politiques a boudé ce formalisme qui leur permettra d’être des partis forts capables de conquérir le pouvoir d’Etat, mais ils s’y opposent en agissant dans l’illégalité. C’est à ce niveau que se trouve toute la particularité de la démarche de cette frange de l’opposition. Tout démontre avec forte conviction que ces acteurs se réclamant de l’opposition veulent pérenniser la logique de non-droit sous la bannière de laquelle ils ont fait les nombreuses erreurs du passé. Il y a aussi une réalité. La guerre des égos prend sans doute le dessus sur toute volonté de rassemblement. La certitude est que les intéressés appréhendent de perdre des « privilèges » politiciens comme « président de parti » ou quelque autre titre. Aussi, tout en faisant mine d’être ensemble, ces acteurs de l’opposition se soupçonnent mutuellement et ne se font pas confiance. Cette crise de confiance s’est exprimée à plusieurs reprises quand il a été question pour ces acteurs de taire leurs dissensions et de se mettre ensemble. Ils ont du mal à s’effacer les uns pour les autres comme les acteurs de la majorité présidentielle l’ont fait à un moment donné. Le devoir d’accepter de renoncer à leurs privilèges pour se fondre dans les grands ensembles paraît difficile et même irréalisable au niveau de l’opposition illégale. A cette allure, il faut relever dès maintenant qu’en passant leur temps dans des contestations stériles, ces « opposants » illégaux gagneraient à sortir de l’informel. Ce qu’on redoute est que ces acteurs se refusent de se conformer et tentent dans quelques mois, à jouer les trouble-fêtes et les victimes en soutenant qu’ils ont été « exclus » des élections. Pendant qu’il est encore temps, ils devraient s’employer à se mettre en règle.

 

Abdourhamane Touré

 

 

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