Santé et environnement:Le bien-fondé des tôles laquées

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Le mercredi 22 mai 2019, le gouvernement du Bénin a exprimé sa volonté d’interdire l’usage des tôles non laquées au Bénin. Cette décision s’explique par plusieurs raisons sanitaires quand on sait l’intérêt que le gouvernement porte à la santé des populations.

L’utilisation des tôles non laquées, sources de nombreuses problèmes sanitaires,est désormais interdite au Bénin. Même si on ne dispose pas encore de statistiques particulières, les études scientifiques sont de plus en plus poussées dans le monde actuellement. Il en a été ainsi des feuilles de tuile par exemple. Pendant longtemps,il a été affirmé que certaines contenaient de l’amiante. Il a fallu du temps pour que les fabricants le reconnaissent. Ainsi, le processus de fabrication a été revu.Selon les spécialistes, les tôles galvanisées non laquées utilisées pour la toiture des habitations, en reflétant les rayons solaires, causent de réelles nuisances aux yeux.  Les utilisateurs n’en ont pas souvent conscience, mais les effets se manifestent à plus ou moins long terme.En temps de chaleur, les nuisances sont énormes, car ces tôles sont un puissant vecteur de chaleur. Elles n’atténuent que très modérément l’effet des rayons solaires et crépitent sous l’effet de ces mêmes rayons. De ce fait, on transpire abondamment. Les mêmes nuisances sonores se vivent sous l’effet de la chaleur puisque ces tôles crépitent comme si elles allaient se détacher ou se trouer. En temps de pluie, les crépitements des gouttes d’eau sur les tôles occasionnent une incommodité sonore.  Quand elles sont rouillées et, plus grave, trouées, elles laissent couler l’eau dans les chambres. Cela indispose fortement.Parfois, dans les maisons, les populations recueillent cette eau qui coule à travers les tôles rouillées sans se soucier des risques sanitaires qu’elles courent. En effet, les germes insoupçonnés qui y passent peuvent se retrouver dans l’organisme humain. Loin d’être une décision prise pour briser les intérêts des importateurs, le  gouvernement est soucieux de la préservation de la santé des populations. D’ailleurs,de nombreux pays dans le monde ont déjà renoncé à ces tôles grises. Par exemple, au Ghana et au Nigeria,les populations utilisent en majeure partiedes tôles laquées, les non laquées étant devenues très rares.

 

Mohamed Yasser Amoussa (Coll)

 Les avantages pour l’environnement

En plus des avantages pour la santé, les tôles teintées ou peintes à la fabrication contribuent à l’attractivité et à l’esthétique de l’habitat. Les photos prises de haut montrent des villes harmonieusement colorées, forcément plus belles qu’avec les tôles grises. Ces tôles ne se rouillant pas comme les grises, elles ne salissent pas. Ce type de tôles ajouté aux grands projets touristiques sera, à terme, un atout supplémentaire pour la beauté des villes. Il faut remarquer que dès qu’on va à la frontière de Kraké, on remarque que côté Nigeria, il n’y a que les tôles laquées. Pareil quand on va à Accra au Ghana. En décidant de l’utilisation généralisée de ces tôles, le gouvernement n’est pas dans la logique de contrarier les populations en les exhortant à défaire leurs toitures si elles n’ont pas les moyens de les remplacer maintenant. Au contraire, c’est pour leur permettre de vivre dans des habitations respirant confort et modernisme. C’est donc une décision de grande portée que l’Exécutif a prise. Les effets positifs de cette décision se laisseront mieux apprécier dans les prochaines années.

 

Les avantages

financiers

 

Les tôles laquées ne coûtent pas particulièrement plus cher que celles grises. En effet, sur le marché béninois actuellement, la différence de prix est de l’ordre de 3 000 francs Cfa sur le paquet. En réalité, les tôles non laquées reviennent bien plus cher que celles laquées que le gouvernement invite à adopter désormais. Cela, du fait que, lorsqu’on intègre leur entretien et surtout le coût de leur renouvellement qui intervient souvent plus vite que celui des tôles teintées ou peintes à la fabrication, on se rend compte qu’on dépense plus. L’interdiction de l’utilisation de cette tôle par le gouvernement promeut la qualité durable sans, en réalité, générer un surplus de dépenses.Ainsi, un paquet de tôles grise coûte actuellement 47 000 francs Cfa sur le marché, contre 50 000 francs Cfa pour celui de tôles laquées.En fait, celui qui achète les tôles non laquées, économise peut-être 3 000 francs Cfa par paquet à l’achat, mais à terme, il va dépenser bien plus. Car, pendant qu’il remplace ses tôles ou les colmate, un autre qui a acheté directement les laquées en dépensant 3 000 francs Cfa de plus sera tranquille. Il ne faut pas, pour 3 000 francs Cfa d’économie apparente, se créer des ennuis sanitaires et des nuisances de toutes sortes.Le ratio qualité/prix va clairement en faveur des tôles laquées.

 

Donald Kévin Gayet (Coll)

 

 

Un moratoire de 12 mois aux vendeurs

Les désagréments que l’interdiction de la commercialisation et de l’utilisation des tôles grises pourrait causer aux importateurs et aux vendeurs tiennent à cœur au gouvernement béninois. Pour ce faire, il leur a donné un délai de 12 mois pour la commercialisation et l’utilisation de leurs stocks. Durant le moratoire, ces tôles grises peuvent être utilisées, notamment comme clôtures précaires de chantiers. La vision du président de la République, Patrice Talon, est non seulement de promouvoir la beauté des villes du Bénin, mais aussi de sauvegarder la santé oculaire de sa population vis-à-vis des effets néfastes de ces tôles.

 

Benjamin N. Douté (Stag

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