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Scandale à l’aéroport de Cotonou : 5 milliards dépensés pour des travaux bâclés

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Plusieurs milliards engloutis dans la réfection et le renforcement de la piste d’atterrissage de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin mais pour des travaux bâclés et en deçà des normes requises. Le scandale commis sous le régime Yayi a été révélé par un rapport d’audit dont nous publions des extraits. Des révélations inédites qui mettent en cause la société attributaire, l’Asecna sont légion.

L’un des derniers festins du régime défunt a été révélé au grand jour. Le carnage des finances orchestré sous le montage dénommé  »réfection de la piste de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin » a livré ses secrets dans un conséquent rapport de plusieurs pages. De quoi retourne le dossier? En effet, quelques années après la réfection faite à fort renfort médiatique par le gouvernement Yayi, de nombreuses plaintes affluent sur la dégradation avancée de l’infrastructure. Assez prompt, le gouvernement du président Patrice Talon s’est penché sur le dossier, mais il s’est révélé qu’il y a un reliquat qui doit être payé pour la finalisation des travaux. Fidèle à sa logique de reddition, le chef de l’Etat s’est opposé et a souhaité creuser pour cerner les causes de cette dégradation aussi rapide. C’est dans ce cadre qu’il a été diligenté un audit qui a travaillé d’arrache-pied sur le dossier. Les conclusions du rapport sont alarmantes. La procédure d’appel d’offres est tout sauf une procédure car l’attributaire était déjà connu dès le départ. Il s’agit d’une fameuse société dénommée « Rincent international Btp » à qui ont été confiés à la fois la maîtrise d’ouvrage et le contrôle. La conclusion du rapport laisse pantois. « ‘En conclusion, tout porte à croire que les différents appels d’offres avaient une et une seule finalité : attribuer le marché coûte que coûte à la société « Rincent international Btp ». Car les malfaçons et les divers défauts de la piste d’atterrissage prennent leur source en amont dans une étude bâclée du projet de réfection et de renforcement de la piste par « Rincent international Btp » et en aval par la défection du bureau de contrôle qui est la même société », conclut le rapport. Ce qui chagrine dans ce fumeux dossier de l’aéroport, ce n’est pas tant la remise du marché sur un plateau d’or à cette société. Le comble est qu’elle n’a pas été capable de fournir ne serait-ce qu’une prestation tout au moins à la limite de l’appréciable. Tout laisse croire que l’entreprise en question n’a jamais eu à faire par le passé un travail de cette envergure. L’audit technique a souligné des irrégularités qu’une jeune entreprise de Btp tutoyant la médiocrité ne ferait pas. « Des zones affaissées dues soit à un compactage insuffisant de la couche de base de roulement, au non refroidissement du béton bitumineux avant son exploitation, a la faible portance localisée de la structure de la chaussée,…»,  et la liste est longue.

Le gouvernement infatigable et

intraitable

Il continue sans désemparer sa lutte contre la corruption. Depuis son accession au pouvoir le Chef de l’Etat Patrice Talon, est resté ferme par rapport à son engagement sans cesse renouvelé d’en découdre avec les fossoyeurs à col blanc. Ces élites qui n’ont de vœu que de décimer les pauvres revenus de la République sont sur la braise du Nouveau départ qui attise le feu sans relâche. Un autre gros scandale vient d’être déterré par le gouvernement. En révélant ce nouveau scandale, il est soucieux de la moralisation de la vie publique et d’un changement de comportement dans la gestion des deniers publics.

Que faire?

Avec l’état de dégradation de la piste, le gouvernement une fois encore a la responsabilité de tout faire pour garantir la sécurité des passagers. C’est un devoir régalien et il ne saurait y déroger. De nouveaux travaux sont déjà lancés pour éviter le pire car avec la désinvolture qui a caractérisé la conduite des précédents travaux, c’était assez clair même à l’œil nu que le pire n’était pas si loin.

 

Abdourhamane Touré

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