Série « Agbonnnon dans les Labyrinthes du réel »:Les éclaircissements de Barnabé Affougnon

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Après son lancement officiel il y a quelques semaines, la série « Agbonnnon dans les labyrinthes du réel », réalisée par Serge D. Yeou qui relate le vécu quotidien des populations dans une République imaginaire « Biglochemin » sera de nouveau projetée les vendredi 29, samedi 30 et dimanche 31 mars 2019 au Ciné le Bénin. Dans une interview accordée à notre rédaction, Barnabé Affougnon, co-producteur et co-réalisateur de la série, nous parle des vraies raisons qui ont conduit à la production du film.

Le Matinal : Vous êtes l’un des personnages principaux de la série « Agbonnnon dans les Labyrinthes du réel ». De quoi s’agit-il concrètement?

 

Barnabé Affougnon : La série « Agbonnnon dans les labyrinthes du réel »  est l’expression de la population par rapport à la gouvernance d’un chef d’Etat qu’ils ont eux-mêmes choisi compte tenu de leurs aspirations et du contexte socio-politique.  Ils se sont dit que ce président est la personne requise pour réaliser ce rêve.  Cette série est également les intrigues politiques, l’exercice du pouvoir,  le mode de gouvernance,  la réaction de la population par rapport à tout ce qui se passe dans la République imaginaire de Biglochemin. Que ce soit du bien ou du mal.  Nous n’avons pas travaillé dans un sens unique. C’est tout un cosmos de réalités que nous avons transgressé en une série.

 

Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à réaliser ce film ?

Vous savez,  tout ce qui est satire en politique intéresse l’humain.  Tout ce qui titille l’intelligence et l’émotion retire l’attention des populations. On a voulu s’appesantir sur les réalités politiques, sociales et économiques qui sont les nôtres afin de les ventiler dans cette série. « Monsieur le président » est une série qui a commencé au cours du mandat de Yayi Boni.  À chaque fois qu’il y a un nouveau président à  la tête de la République imaginaire de Biglochemin, il y a également une nouvelle saison de la série Monsieur le Président qui commence.  Nous sommes à la saison 2.

 

Quels sont les thèmes abordés et le message véhiculé dans cette nouvelle saison de la série « Monsieur le Président » ?

Nous avons parlé des faits sociaux, des faits politiques, des intrigues, des enjeux.

 

On aurait appris que vous avez initié cette nouvelle saison pour vanter les mérites du chef de l’Etat. Que répondez-vous ?

Quand les gens disent qu’on vante les mérites de Agbonnon ou du président de la République, cela me faire rire. C’est la population qui juge. C’est l’œil du peuple qui transparait dans la série « Agbonon dans les Labyrinthes du réel ». Ce n’est pas l’œil du réalisateur. C’est cet œil qui voit que telle action est bonne et telle autre n’est pas bonne. Ce n’est que la perception de la population. On n’a pas tourné cette série pour vanter les mérites du chef de l’Etat, mais c’est pour attirer son attention sur un certain nombre de choses, notamment la jeunesse, l’emploi, la lutte contre la corruption. C’est ce corpus de thématiques qui nous permet aujourd’hui de  nous accoler aux réalités cinématographiques, politiques et sociales. Pour tout dire, on ne vante pas les mérites du chef de l’Etat, mais on a juste exprimé des faits socio-politiques.

 

Quels sont les acteurs principaux qu’on peut retrouver dans ce film ?

Vous avez Agbonnon, Bocovo, Togou et Yabo. Nous avons aussi d’autres acteurs que le public maîtrise très bien, notamment Eléphant mouillé, Sambéni, Cloclo, Toutouvi. Ils ont voulu apporter la joie dans les cœurs des Béninois.

 

Après le lancement officiel de la deuxième saison, avez-vous constaté une adhésion de la population ?

Vous savez, nous avons une situation au Bénin. Compte tenu des réalités socio-économiques, il n’y a plus de productions cinématographiques. Les réalisateurs ne produisent plus assez de films au Bénin. Ceux qui en produisaient ont été arrêtés. De ce fait, la population a perdu la culture des films. Au lancement de la série, ils ont voulu que nous le fassions sur un support Dvd. Mais vu les menaces liées à la piraterie, on a décidé de projeter la série dans les salles de cinéma. Généralement, la série a reçu un bon accueil, mais le titre Agbonnon a créé du doute dans le rang des populations.

 

Combien vous a coûté la réalisation de cette série ?

Je ne souhaiterais pas donner les chiffres.

 

Qui vous finance ?

Personne ne nous finance. Tout le financement est à notre charge. C’est avec nos ressources que nous avons tout assumé.  C’est un sacrifice. Malgré les difficultés, nous continuons toujours de travailler. Ce qui nous a le plus aidé est que nous avons des matériels de production à notre disposition. Cela nous a permis de régler les questions techniques. Aucun acteur n’a été payé jusqu’à l’heure où je vous parle. On n’a rien eu de la part des autorités.

 

Parlant des difficultés, lesquelles avez-vous rencontrées ?

Nous avons eu de problèmes du point de vue logistique (disponibilité de l’espace) et transport du matériel et des comédiens.

 

La projection du film est prévue pour quand ?

Nous avons retenu trois dates. Une séance sera faite ce jour vendredi 29 mars 2019 au Ciné le Bénin. La première projection est à 18 heures et la deuxième à 20h30. Deux séances seront aussi organisées le samedi 30 et le dimanche 31 mars 2019 à 17h et à 19h30. Les prix d’entrée sont fixés à 1000f et à 1500 f.

 

Quelle sera la suite après l’étape de Cotonou ?

On sera à Porto-Novo, Parakou, Natitingou, Abomey, Bohicon et à Ouidah. Les dates ne sont pas encore retenues.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de la population ?

Nous voulons que la population se déplace massivement pour soutenir le film et l’équipe de production.

 

Propos recueillis par

M Y A (Coll)

 

 

 

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