Sessimè au sujet de son single « Gbadou »:« Je fais la promotion de la carte culinaire du Bénin

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Révélée au grand public en 2007 à travers l’émission de téléréalité Coca-cola stars-promo, Sessimè, de son vrai nom Bidossessi Christelle Guédou, a confirmé tout le talent musical qu’elle avait depuis le bas âge. Auteure de deux albums dont « Pourquoi » et « Wazakoua », elle a déjà raflé une pléthore de distinctions. Dans une interview, elle nous parle de son nouveau single « Gbadou » et de ses projets.

Le Matinal : Vous venez de sortir un nouveau single. Son nom est « Gbadou ». Pourquoi ce titre et quel message véhiculez-vous à travers ce morceau ??

Sessimè : Vous savez, le mot « Gbadou » veut dire littéralement « Casser et manger ». C’est un mot qui exprime la joie, la satisfaction d’être dans une certaine condition. A travers ce son, je veux faire une dédicace à mon pays. Je suis fière de ma patrie et de mes origines. A travers ce morceau, je présente la carte culinaire du pays en faisant mention de toutes les belles régions géographiques que nous avons. J’invite tout le monde à venir découvrir le Benin et à déguster tous les mets.

Peut-on dire alors que vous faites la promotion de la destination Bénin ?
Oui, c’est ce qu’on peut dire. Je fais la promotion du Bénin.

Combien d’albums avez-vous à votre actif ?

J’ai actuellement deux albums et beaucoup de singles. Au nombre des albums, il y a « Pourquoi » lancé à la sortie de Star promo. Trois ans après, j’ai sorti l’album « Wazakoua ».

On a vu récemment des featuring avec des artistes comme Richard Flash, Niyi Kosibérou. Quelles sont vos relations avec les autres artistes de votre promotion?

Avec Richard, tout se passe très bien. On a fait le son. J’attends qu’il y ait un peu de liberté dans le « Flash live tour » pour tourner la vidéo. Avec Niyi, c’était aussi bien. Généralement, c’est comme ça que ça se passe avec les autres. Quand on se rencontre, on partage des choses. C’est une belle ambiance. J’apprends beaucoup d’eux et c’est vice-versa. Je n’ai de souci avec aucun artiste, mais il faut dire que nous sommes des êtres humains. Même dans un foyer, il y a toujours des prises de bec qu’il faut résoudre.

Parlant de featuring, à quoi doit-on s’attendre parlant des projets musicaux?

Actuellement, il y a la vidéo « Gbadou » qui vient d’être lancée il y a deux semaines environ. Nous sommes actuellement en pleine promotion pour ce titre. Il y a un autre single qui arrive bientôt. Il y aura aussi des collaborations tant au Bénin qu’à l’international qui sont déjà bouclées et qui sortiront d’ici à là. Je travaille aussi sur la sortie de mon troisième album. Je l’avais annoncé pour la fin de l’année 2019, mais ça ne pourra plus tenir. Je prends mon temps pour bien m’apprêter avant de sortir le troisième album.

Quels sont les rythmes que vous pratiquez ?

Je suis dans la variété africaine. J’ai fait l’afro-pop pendant un bon bout de temps. Aujourd’hui, la musique est en pleine évolution et on doit évoluer aussi. Je garde mon identité qu’est l’afro-pop rock, mais j’évolue aussi dans d’autres rythmes. J’essaye de faire du « gbon », du « high-life », du « têkê ». Généralement, j’essaye de puiser dans les rythmes africains et je les associe à la modernité.

On se rappelle très bien que Sessimè est un produit de « Star promo ». A ce jour, vous faites partie des grosses cylindrées de la musique urbaine au Bénin et en Afrique. Parlez-nous de vos distinctions.
J’ai eu pratiquement toutes les distinctions au Bénin à part le trophée Conavab pour lequel je n’ai pas postulé. J’ai eu les trophées « Bénin golden awards », « Sicca », « Focan », « Femmes héros », « Bénin top 10 » dans plusieurs catégories, le « Kora » et « Icone music awards » au Ghana.

Selon vous, qu’est-ce qui vous a permis cette ascension ?

Il y a la rigueur dans le travail, la foi en ce qu’on fait et mon staff. Je crois en Dieu et je fonce droit. Je donne le meilleur de moi-même chaque fois que j’en ai l’occasion.

Sessimè est traitée d’égoïste parce que vous ne prestez pas sur certaines scènes sur lesquelles on vous invite.
Non, je ne suis pas égoïste. Mais si c’est parce que je suis rigoureuse dans l’exercice de ma profession qu’on me traitre de cela, alors ça m’est égal. Vous savez, c’est ce que j’ai appris à faire et pour que ça soit accepté du public qui est de plus en plus exigeant, il faut que je sois rigoureuse sur les conditions dans lesquelles je dois prester. J’ai un staff et des employés, et si on veut faire de ma musique un métier, il faut se donner les voies et moyens qu’il faut pour aller de l’avant. Du coup, si je dois disposer d’un micro performant pour que ma voix soit vraiment comme ce qu’on entend sur le morceau, je l’exige. C’est vrai que nous sommes dans un pays sous-développé et nous devons faire avec, mais ce n’est pas une raison de toujours rester dans les conditions de premières heures. Je ne demande pas des millions pour prester, mais je demande qu’on me mette dans de bonnes conditions pour donner de bons résultats lors de mes prestations. C’est ce qui traduit ma rareté sur les scènes.

Parlant des scènes, laquelle vous a le plus marquée négativement durant votre carrière musicale jusque-ici?
Sourire… Il y en a beaucoup. Parfois vous montez sur scène et le public ne réagit pas ou les conditions ne sont pas réunies. Il y a eu des spectacles où j’ai coulé des larmes à la fin.

Sessimè est mariée ?

Non, je ne le suis pas.

Quels sont vos préférences culinaires ?

J’adore l’igname pilée accompagnée de la sauce d’arachide aromatisée de « chayo ». J’aime aussi le « monyo » avec les « chêkê » plus du « kanan » ou du « lio ».

Qu’est-ce que Sessimè peut changer dans le monde musical si vous étiez à un niveau de responsabilité donné?
Je vais œuvrer pour la consommation de la musique béninoise à 90%, car c’est ce qui manque actuellement. Dans les bars ou les boîtes de nuit, les gérants et promoteurs jouent la musique étrangère. Ce qui ne favorise pas la promotion des artistes béninois. Je vais donc sortir une décision qui vise à imposer à tous les promoteurs des lieux de distraction de jouer la musique béninoise. Dans les autres pays, c’est ce qui se passe. Il est vrai qu’un effort est fait, mais ce n’est pas assez. Il reste à faire.

Propos recueillis

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