Sortie médiatique de l’Argentier national:Le Mef expose les secrets des performances béninoises et rassure

0
1620

Les dernières performances économiques du Bénin étaient au cœur d’une conférence de presse du ministre de l’Economie et des finances. Face aux professionnels des médias, vendredi 10 juillet 2020, Romuald Wadagni a expliqué les raisons pour lesquelles les exploits s’enchaînent pour le Bénin de Patrice Talon. Au cours de cette sortie médiatique, plusieurs préoccupations de journalistes notamment le sort des artisans non-pris en compte par les mesures sociales du gouvernement pour atténuer les effets du Covid-19, la levée régulière de la dette par l’Etat béninois et la solidité de l’économie malgré la crise sanitaire et la fermeture des frontières nigérianes ont trouvé réponse dans les différentes interventions de l’argentier national.

Les dernières performances économiques du Bénin suscitent des questionnements dans l’opinion. Face à la presse le vendredi 10 juillet 2020, le ministre de l’Economie et des finances, Romuald Wadagni, a passé en revue les raisons pour lesquelles les succès s’enchainent pour le pays surtout ces dernières semaines. Selon l’argentier national, ces prouesses ne sont pas réalisées par hasard. Elles sont non seulement la conséquence des réformes contenues dans le Programme d’actions du gouvernement (Pag), mais surtout le fruit du travail du gouvernement et de tous les Béninois. « Toutes ces performances n’auraient pas été possibles sans le travail de chacun et de tous. Parce qu’on ne peut pas les avoir de façon aussi durable depuis 3 ans, si derrière, il ne s’agit pas d’une action synchronisée, d’une action collective, qui rentre dans un Programme d’actions du gouvernement clair », a fait savoir Romuald Wadagni. Le deuxième « secret » partagé avec les hommes des médias pour justifier le top des palmarès du Bénin, est la chance pour le pays d’avoir à sa tête, un chef d’Etat (Patrice Talon) qui a affiché une ambition, des objectifs et un Programme d’actions du gouvernement qui mobilise l’ensemble de la population et du gouvernement qui travaillent avec acharnement, dans la discipline et avec sérieux. A en croire l’argentier national, c’est la synergie de ces actions avec un chemin qui n’a pas été jusque-là clairement tracé qui permet au Bénin d’obtenir les résultats inégalés qui sont les siens aujourd’hui. En guise de rappel des performances, Romuald Wadagni a, primo, souligné que le Bénin, à la faveur du dernier classement de la Banque mondiale le 1er juillet 2020, a réalisé un exploit historique. En effet, le pays a quitté le rang des pays à revenu faible pour intégrer la catégorie des pays à revenu intermédiaire laissant derrière lui, tout un groupe de pays que certains considèrent jusque-là comme des modèles pour le Bénin. Secundo, le Mef est revenu sur la publication de l’indice Country policy and institutional assessment (Cpa) qui permet de mesurer la qualité de la gouvernance économique dans les pays par la Banque mondiale. Quand on regarde les performances faites sur cet indice, pour la première fois depuis 2008, le Bénin a progressé. De 3,5 en 2019, le Bénin est passé à 3,6 en 2020 et devient du coup, le deuxième pays en Afrique derrière l’Ouganda. La troisième performance de ces dernières semaines rappelée, est la confirmation des notations « B+ » et « A- stable » par les agences  « Standard & Poor’s » et « Bloomfield » avec leurs félicitations au gouvernement béninois dans un contexte où la plupart des pays ont dégringolé. « Lorsque la plupart des pays ont dégradés et que le Bénin est considéré comme une économie suffisamment solide malgré la crise sanitaire liée au Coronavirus, on ne peut que s’en réjouir », a laissé entendre l’argentier national.   

 

Le Bénin, un pays à revenu intermédiaire : une opportunité pour les financements

 

L’accession du Bénin à la catégorie des pays à revenu intermédiaire ne l’empêchera pas de bénéficier des financements concessionnels des institutions internationales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi). Bien au contraire, cela lui ouvre d’autres perspectives positives. L’assurance a été donnée par le ministre de l’Economie et des finances au cours de la rencontre. Il n’en veut pour preuve que l’augmentation du programme triennal 2020-2021-2022 du Bénin de la Banque mondiale le 1er juillet 2020, date à laquelle l’institution bancaire publiait son classement 2020 des pays par revenu. « Chose formidable, c’est que la Banque mondiale qui, sur la triennale passée avait accordé au Bénin un programme de financement de 480 millions de dollars nous en accorde cette fois-ci 627 millions de dollars avec la moitié (plus de 300 millions en dette) », a fièrement révélé Romuald Wadagni. L’autre explication donnée par l’argentier national pour démontrer que le Bénin gagnerait beaucoup avec cette performance est le bénéfice de privilèges auprès de la Banque africaine de développement (Bad). Selon le ministre des Finances, « lorsque vous êtes un pays à revenu faible, vous avez accès au guichet Pad au niveau de la Bad pour les projets de taille modeste ». Mais avec le franchissement du seuil des pays à revenu intermédiaire, non seulement les pays continuent à bénéficier des projets du guichet Pad, mais ils ont accès au guichet Bad avec des financements supplémentaires. Pour s’en convaincre, l’exemple de la Côte d’Ivoire a été évoqué. En effet, le fait pour ce pays de passer de pays à revenu faible à pays à revenu intermédiaire lui permet de bénéficier à la fois au niveau de la Bad, des projets des guichets Pad et Bad. « Les possibilités de financement même au-delà de la Bad et de la Banque mondiale s’accroissent. Nous auront accès à des guichets complémentaires », a déclaré Romuald Wadagni pour dissiper les inquiétudes sur le blocus que pourrait constituer la performance du Bénin pour bénéficier des financements des institutions financières et bancaires sous-régionales et internationales.   

 

Des clarifications sur la subvention anti Covid-19 aux artisans

 

Les artisans qui n’ont pas pu se faire enregistrer mais dont les activités ont été impactées par les mesures de lutte contre le Covid-19 prises par le gouvernement pourraient bénéficier de la subvention gouvernementale. Le ministre de l’Economie et des finances, Romuald Wadagni, a promis de porter leurs doléances au niveau du gouvernement pour qu’une suite leur soit donnée. « Le gouvernement a annoncé qu’un soutien serait fait. Il y a des personnes qui n’ont pas cru à ce qui avait été dit mais qui regrettent aujourd’hui. Nous allons porter la doléance au niveau gouvernemental pour qu’elle soit débattue », a rassuré l’argentier national. Diligence sera donc faite « parce que chaque Béninois a droit à la protection du gouvernement ». Cependant, il a exhorté les Béninois à se conformer dorénavant aux prescriptions du gouvernement face à n’importe quelle situation. Il a aussi déploré le fait que lors de l’enregistrement des artisans, des informations incohérentes ont été communiquées par des artisans sur leurs activités. « N’eût été le chef de l’Etat qui a demandé que toutes les personnes impactées, qu’elles soient dans le formel ou l’informel, puissent bénéficier de la subvention, certains artisans seraient écartés car nous avons été confronté au niveau de l’Etat à des incohérences entre les chiffres déclarés », a-t-il annoncé. Pour finir, Romuald Wadagni a souhaité que ces pratiques soient corrigées à l’avenir et que les Béninois fassent confiance à l’Etat.

 

 

Levée régulière de la dette : les inquiétudes dissipées

 

Les Béninois n’ont pas à s’inquiéter sur la levée régulière de fonds sur le marché financier par le gouvernement. Les dispositions idoines sont prises pour ne pas dépasser les normes requises en la matière. Selon les explications du ministre de l’Economie et des finances, le rythme actuel de la dette béninoise croit moins vite que l’investissement. Les fonds levés par le gouvernement Talon servent à l’investissement productif pour créer de la richesse. Dès lors, Romuald Wadgani rassure qu’il n’y a pas péril en la demeure puisque l’Exécutif a mis les garde-fous nécessaires pour que l’essentiel de la dette contractée aille vers les investissements. L’autre argument avancé par le Mef pour apporter de l’eau à son moulin, est le respect des limites prévues en la matière. « En matière d’endettement, le plafond fixé par rapport aux critères de convergence est de 70%. Le Bénin s’est fixé 50% », a rappelé le ministre Wadagni pour qui, la première question à se poser à chaque fois qu’une nouvelle dette est prise, est de savoir à quoi cette dernière sert-elle ? « Le Bénin est dans une gestion dynamique de sa dette. Si demain il est possible d’aller lever une dette à Singapour ou à New-York à 1% pour des investissements, nous allons le faire », a-t-il soutenu. Il a convié ses compatriotes à regarder plutôt l’évolution de la dette et non le montant individuel levé.

 

Les conditions créées pour que le panier de la ménagère se porte mieux

 

Les Béninois doivent se départir de l’idée selon laquelle l’Etat doit leur distribuer de l’argent avant que le panier de la ménagère ne se porte bien. C’est la réponse apportée par le ministre de l’Economie et des finances vendredi 10 juillet 2020 à la question de savoir s’il n’y a pas de contraste entre les performances économiques du Bénin et la précarité de la population. Selon Romuald Wadagni, sur instruction du chef de l’Etat, l’accent a été mis depuis 2019 et 2020, sur les dépenses sociales prioritaires pour le mieux-être de la population. « En ce moment où je vous parle, nous avons des programmes dans le bastion cotonnier pour apporter du soutien aux exploitants pour qu’ils fassent autre chose que le coton, notamment l’anacarde, le riz… », a expliqué le ministre Wadagni. Bref, il s’agit d’un certain nombre de programmes qui permettent à la population de s’autonomiser et de produire des richesses. En la matière, le choix du gouvernement est clair. Il s’agit de faire en sorte que par le fruit du travail, chaque Béninois devienne prospère, indépendant et fier de jouir du fruit de son travail. « L’Etat crée les conditions et apporte l’appui pour que chacun puisse s’autonomiser et se développer », a laissé choir Romuald Wadagni. Pour lui, le fruit du travail doit permettre de soutenir les investissements productifs et réagir face à des coups durs comme la crise sanitaire liée au Coronavirus pour continuer à payer les salaires et faire tourner l’administration. Il a invité les Bénin à enlever de leur tête que c’est quand l’argent est distribué que le panier de la ménagère se porte bien. « Ce qu’il faut encourager, c’est l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé de qualité et à des opportunités pour créer de la richesse », a-t-il conclu. 

 

Quid des relations avec le Nigeria ?

 

« La question de savoir si le Bénin peut vivre sans le Nigeria, la réponse est Non. Nous sommes dans un monde globalisé et personne ne peut prétendre dire qu’elle peut vivre sans l’autre. Nous sommes des pays voisins, nous avons de l’interdépendance. Notre stratégie est claire, nous avons pour plan de travailler en synergie et en bonne intelligence avec le Nigéria. Nous avons des atouts qui peuvent profiter au Nigéria et le Nigéria a des atouts qui peuvent nous profiter.  Il faut reconnaître que pendant longtemps la facilité a prévalu. C’est à dire que nous étions uniquement orientés vers du « acheter et vendre » ou servir de transit pour le Nigéria. Mais dès qu’il y’a un choc, ces activités souffrent. Et donc nous sommes engagés dans un partenariat qui fait que le Nigéria et le Bénin gagneront d’être ensemble. Personne ne peut donc prétendre se passer de son voisin surtout quand nous avons des frontières poreuses, des communautés et des populations qui parlent la même langue, pratiquent les mêmes cultures. De façon concrète, quand nous lançons aujourd’hui des plans de transformation de nos produits agricoles, c’est pour pouvoir servir davantage le Nigéria. Nous ambitionnons d’ici trois ans de dépasser un million de tonnes de riz et l’essentiel de cette production ira vers le Nigeria. C’est la question essentielle, qu’est-ce que nous pouvons produire ici, transformer et échanger avec nos frères du Nigéria ? Et aussi qu’est-ce qu’ils ont comme atouts dont nous pouvons bénéficier ? C’est de cela qu’il s’agit ».

 

Les signaux au vert à l’échelle régionale et internationale 

 

« Depuis décembre 2016 où le chef de l’Etat a présenté son programme d’actions qu’il a dénommé « Bénin révélé », vous notez avec moi que le Bénin n’a de cesse de se révéler à nous-mêmes, à la sous-région et au monde entier. Les performances et l’actualité sur le plan économique confirment cet état de chose. Je voudrais commencer par le Bénin dans l’Uemoa. Le Pnud a classé le Bénin en tête de performance s’agissant de l’Indice de développement humain (Idh). Cet indice évalue la qualité des soins, l’espérance de vie de la population, la qualité et l’accès à l’éducation des populations. Au sein de l’Uemoa, le Pnud nous a classé en 2018 comme en 2019 comme un pays en tête de performance. Le dernier rapport de l’Uémoa a présenté le Bénin comme le pays ayant fait la plus forte performance en matière de réformes et d’internalisation des directives et normes communautaires. La notation obtenue par le Bénin n’a jamais été obtenue depuis l’existence de cette Union (40 ans). De la même manière, le dernier rapport de la commission de la Cedeao indique le Bénin est le seul pays de la Cedeao a effectivement mettre en œuvre les principes et règles de libre échange et de circulation des personnes et des biens. Cela ne s’est jamais produit jusque-là. Au niveau de l’ensemble des pays francophones d’Afrique, le Bénin a été noté au titre de 2019 comme étant le numéro 1 en matière de transparence budgétaire. La notation a été effectuée en partenariat avec les institutions internationales indépendantes financées par l’Union européenne. Dans l’ensemble des pays de l’Afrique francophone, le Bénin est reconnu pour la qualité de sa gestion des finances publiques notamment la transparence dans la gestion budgétaire.

Un peu plus loin en Afrique, le Bénin a été le premier pays à faire une émission obligataire de type Eurobond en Euro. La plupart des pays africains et même en dehors de l’Afrique, quand ils font leur première émission obligataire, ils le font généralement en dollar car c’est le marché le plus profond. Il offre beaucoup plus d’argent à lever. Pour ne pas prendre de risques, généralement, on va sur ce marché. Le chef de l’Etat a souhaité que l’opération soit faite en Euro. Ce que nous nous sommes organisé pour effectuer. Plusieurs spécialistes pariaient sur le fait de la non-réussite de l’opération. Vous avez vu le grand succès qu’elle a connu avec un taux de souscription de 250% avec les félicitations de plusieurs institutions internationales y compris le Fonds monétaire international. Lors de la dernière Assemblée générale de la Bad, le Bénin a obtenu pour une première fois, le prix du meilleur ministre des Finances.    

Au niveau mondial, quand les grandes institutions internationales cherchent à prendre des modèles en Afrique, on pense au Bénin. C’est ainsi que sous l’impulsion de l’Allemagne, l’Union européenne et le G20, l’initiative Compact with Africa (Cwa) a été lancée. Le Bénin a été l’un des tout premiers pays à être retenu pour participer à cette initiative ; initiative qui vise à faire des réformes pour élargir le tissu du secteur privé et attirer les investissements étrangers. Par le passé, ils n’avaient pas pensé au Bénin. De la même manière, les Nations Unies en partenariat avec le Fonds monétaire international, quand il a été décidé de choisir au niveau mondial 5 pays pour l’initiative appelée le Costing (l’évaluation du coût des Odd), le Bénin a été choisi avec le Rwanda comme les deux seuls pays d’Afrique. Au niveau de l’Amérique latine, le Guatemala a été retenu. En Asie, ce sont l’Indonésie et le Vietnam qui ont été retenus. Quand le Fmi et les Nations Unies s’asseyent en voulant lancer des projets pilotes et choisissent le Bénin parmi les deux pays au niveau de l’Afrique, c’est qu’il y a un travail qui a été fait et reconnu.

L’année dernière, la Banque mondiale a affiché sur son site l’opération de reprofilage réalisée par le Bénin. Nous avons fait une opération unique en partenariat avec l’institution, l’agence Ati-Aca et un pool d’une vingtaine de compagnies d’assurance basées à Londres qui n’ont jamais entendu parler du Bénin mais l’ont aidé à faire cette opération de levée de fonds pour remplacer de la dette chère à de la dette beaucoup plus longue et moins chère. Cette opération a été saluée par la Banque mondiale. Elle a été considérée par la Banque mondiale comme étant la meilleure opération financière internationale de l’année 2018.

Dans la même veine, lors des dernières Assemblées générales de la Banque mondiale, le Bénin a obtenu le prix de la meilleure gestion de dette en Afrique subsaharienne. Les exemples de cette nature, nous pourrons en parler pendant longtemps ».      

  

Le cap sera maintenu

 

« Je remercie chacun pour les questions. Ces questions qui m’ont permis peut-être d’apporter quelques clarifications. J’espère que j’aurais permis à chacun de repartir d’ici rassuré. Rassuré et fier d’être béninois, rassuré que demain sera meilleur, rassuré que nous sommes sur la bonne route, rassuré que le chef de l’État et l’ensemble de son gouvernement veillent chaque jour à ce que personne ne soit mise de côté. Nous ferons tout pour que chaque fois que nous gagnerons un peu plus d’argent, une partie significative de cet argent soit destinée vraiment aux dépenses de soutien aux pauvres et aux extrêmes pauvres, car c’est en réduisant la pauvreté réellement qu’on se développe. Je suis content que quand on regarde la progression des indices de développement humain, on voit que le Bénin fait des progrès. Je compte sur vous tous pour continuer à nous soutenir. Apportez vos critiques parce qu’elles nous nourrissent et nous permettent de mieux faire. Et je suis convaincu qu’en écoutant ces critiques et en ajustant ce qu’il faut ajuster, nous sommes sûrs que vous allez continuer à être fier du Bénin, que le Bénin va continuer à étonner dans la sous-région, en Afrique et dans le monde. Merci »

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here