Steve Mounié avant le match Bénin-Togo du 24 mars prochain:« Rendre fier le peuple béninois en nous qualifiant »

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Avant le début du stage de préparation hier lundi 18 mars 2019 dans le cadre du match décisif contre le Togo comptant pour la 6è journée des éliminatoires de la Can Egypte 2019, Steve Mounié (24 ans) nous a accordé une interview exclusive. L’attaquant d’Huddersfield revient sur sa saison en club, son avenir et le duel du 24 mars prochain. Lisez plutôt…

Vous êtes dans une période compliquée avec Huddersfield, dernier de Premier League. Comment vous arrivez à vous motiver dans cet épisode ?

C’est vrai que cette saison n’a pas été simple. On n’a pas su reproduire ce qu’on avait fait la saison dernière. Il faut savoir qu’on est Huddersfield, le petit poucet de la Premier League. Une équipe avec moins de moyens. On a réussi à le faire une saison et celle-ci a été malheureusement un peu plus compliquée. Après cela n’a pas été facile à gérer mentalement que ce soit en tant qu’attaquant ou compétiteur, j’ai du mal à accepter d’être dans cette situation. Une saison avec peu de buts (ndlr : 2   buts en Premier League), une saison avec peu de victoires. C’est très compliqué. Au-delà de cela, même si les statistiques, les performances collectives n’ont pas suivi, je sais que j’ai énormément progressé cette saison, je suis un meilleur joueur. L’important c’est de ne pas baisser les bras, de toujours relever la tête dans les moments difficiles, d’être conscient de ses qualités et sa valeur.

Avec seulement deux buts marqués, l’effet surprise de votre arrivée la saison dernière en Angleterre s’est dissipé…

L’effet surprise n’a plus été pour l’équipe entière. Je ne pense pas que je n’ai pas marqué plus de buts que ça à cause du fait que les adversaires me connaissent mieux. Je pense simplement que cette saison je suis dans une équipe où on a du mal à se créer des opportunités. En tant qu’attaquant, on a besoin de ses partenaires pour avoir des bons ballons. Après, il a fallu que je me réinvente, que je cherche des solutions, que je sorte de mon style de jeu mais je ne peux pas faire des miracles.

Le changement d’entraîneur avec le départ de David Wagner et l’arrivée de Jan Siewert en décembre n’a pas fait plus de bien que cela ?

Le changement de coach pour l’instant n’a pas eu son effet. Cet effet qui normalement est censé galvaniser les troupes et donner un nouvel élan à l’équipe. Malheureusement pour l’instant cela n’a pas encore fonctionné, on a qu’une pauvre victoire à notre compteur. Il reste des matchs pour changer la donne et on va essayer de donner le maximum. On se bat avec nos armes. Le changement de coach a été très compliqué à vivre pour la plupart des joueurs. On portait tous l’ancien manager près du cœur. C’est quelqu’un qui nous a tous fait venir en Premier League. C’est grâce à lui et aux autres que le club en est là. C’est grâce à lui que j’ai signé. Je le remercierai toujours. Il m’a fait progresser en tant que joueur.

Le 26 février, vous avez d’ailleurs offert une victoire à votre équipe en toute fin de match. Ce genre de moment fait toujours du bien…

C’est toujours de grandes émotions. On joue au foot pour ce genre de moment. Un but à la dernière minute qui permet à votre équipe de remporter le match. Ça fait toujours son effet même si vous êtes derniers. J’étais content de ramener la victoire à mon équipe, de donner la joie aux fans, mes coéquipiers et au staff. J’espère pouvoir reproduire ce genre de performance en équipe nationale. Si cela peut déjà être le cas lors du prochain match face au Togo, j’aimerais revivre ce genre de moment  avec le peuple béninois.

D’ailleurs, vous débutez ce lundi le stage de préparation du match contre le Togo à domicile. Dans quel état d’esprit allez-vous aborder ce derby ?

C’est toujours une fierté de représenter les couleurs du Bénin. On sait que ce match face au Togo va être crucial. C’est une finale chez nous. Il va falloir gérer ce match comme des hommes, comme des footballeurs professionnels matures. Ne pas faire n’importe quoi. On a déjà nos fantômes du passé comme ce match face au Mali où on avait subi cette lourde défaite. Avec une meilleure gestion, cela aurait pu se passer autrement. Il faut que ces expériences nous servent. Il va falloir le soutien de tout le peuple. Il va falloir une ambiance de feu au stade pour nous galvaniser.

En l’absence de Stéphane Sessègnon et Mickaël Poté, vous êtes attendu pour endosser le rôle du leader d’attaque ?

C’est vrai que ces absences redistribuent les rôles au sein de l’équipe. On connait leur importance dans la gestion des matchs. Il va falloir que l’on prenne la relève. On sait qu’ils ne seront pas éternels.  Ce match est une bonne occasion pour montrer que le Bénin a des ressources et de l’avenir avec sa jeunesse.

Vous rêvez d’une première Can…

Bien sûr que c’est un rêve, un objectif aussi. On a envie de rendre fier le peuple béninois, de porter haut les couleurs du Bénin. C’est pour cela qu’on joue pour le Bénin. Tout ce que nous voulons c’est rendre fier le peuple béninois en se qualifiant. On sait que cela fera beaucoup d’heureux et cela donnera beaucoup d’espoir à tout le monde. Ça donnera plus d’envie de nous soutenir. C’est très important. On va tout donner.

Un message pour finir…

Un dernier message à tout le peuple béninois. J’espère que vous serez nombreux au stade le dimanche 24 mars, on a besoin du soutien du peuple, de la chaleur. Avec le douzième homme, on est capable de grandes choses, on l’a déjà montré contre l’Algérie. Je suis sûr qu’on peut reproduire ce genre de performance, surtout à la maison.

Propos recueillis par Géraud Viwami (Coll)

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