Suspension du Prd sa participation à la constitution d’un nouveau bloc:Un choix risqué pour Houngbédji

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Le Prd a décidé de ne plus faire partie, du moins pour le moment, du bloc Républicain en gestation autour du président de la République. Un choix risqué pour le parti de Me Adrien Houngbédji.

Filant jusque-là le parfait amour, Patrice Talon et Adrien Houngbédji pourraient ne plus s’entendre comme avant. Le projet politique du chef de l’Etat, baptisé réforme du système partisan, faisant son petit bonhomme de chemin et embarquant presque tous les soutiens du régime, a fait surgir au grand jour des mésententes entre les deux premières personnalités du pays. Si depuis quelques semaines, des indiscrétions laissaient circuler que la condition sine qua non pour que le Prd dise oui au projet du chef de l’Etat, serait de faire accepter ses exigences (prendre en compte les couleurs arc-en-ciel du parti dans la confection du logo du bloc, repositionner sans conditions ses candidats dans leurs fiefs), c’est à la rencontre du dimanche 18 novembre 2018, présidée par Patrice Talon que Adrien Houngbédji s’est rendu compte que ses requêtes ne pouvaient pas aboutir.

En présence des autres ténors du bloc républicain où était annoncé le parti arc-en-ciel, le président de la République a mis au frigo les préoccupations majeures de son allié dans le souci de mettre tout le monde sur un même pied d’égalité. Même si les indiscrétions ont laissé croire que le chef de l’Etat a dans un premier temps marqué son accord pour donner satisfaction au président de l’Assemblée nationale, après mûre réflexion, il s’est montré très réticent. Patrice Talon dont on connait les méthodes de décision, qui tranchent avec les habitudes de ses prédécesseurs ne serait pas favorable à la requête du Prd, à commencer par la question du logo.




Ce qui a poussé Adrien Houngbédji à une décision rapide. En attendant, des clarifications, le Prd a décidé de suspendre sa participation à la création du nouveau parti, a indiqué un communiqué du bureau politique. Et de préciser, le Prd soutient l’action du gouvernement du président Patrice Talon et est membre du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp). En clair, le communiqué du Prd montre que les portes des discussions ne sont pas fermées et qu’on pourrait trouver un terrain d’entente. Mais à quel prix? Toute la question est là, quand on sait que les mêmes indiscrétions véhiculent que le chef de l’Etat n’a pas l’intention de laisser la porte ouverte à ceux qui comme le Prd poseraient des conditions particulières pour se singulariser dans le nouveau parti. Les exigences de Adrien Houngbédji ne datent pas de la rencontre du 18 novembre 2018 et l’on sait que les autres ténors des partis en fusion, attendaient de voir comment est-ce que Patrice Talon allait réagir face au Prd. Depuis le conclave de dimanche, nombreux sont ceux d’entre eux qui jubilent pour saluer la position du chef de l’Etat.

Tout le monde reconnait que Adrien Houngbédji est un personnage clé dans les rangs des alliés du chef de l’Etat et que son Prd est une grande formation politique, mais à vouloir regarder tout cela pour se singulariser dans un nouveau projet qui doit aboutir à deux regroupements des groupes et partis qui soutiennent l’action du gouvernement ressemble à une erreur grave. Seul, le Prd ne peut se tirer d’affaire aux prochaines élections législatives, vu que les nouvelles règles pour avoir des représentants à l’Assemblée sont plus corsées. Cependant, il ne faut pas déjà enterrer le Prd, un vieux parti, qui a sa propre logique et ses intérêts vitaux. De même, il faut reconnaître que le parti a perdu de sa puissance et mettra en péril sa survie dans un monde en plein regroupement. Les 30 novembre et 1er décembre 2018, sont annoncés pour les congrès constitutifs des deux regroupements adoubés par le président de la République, Patrice Talon.

Fidèle Nanga

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