Talon face à l’opposition sur les législatives:«Votre participation dépend de vous»

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On tend vers un dégel de la tension politique. La suite de la rencontre tenue au Palais de la Marina, hier lundi 25 février 2019, par le chef de l’Etat avec les représentants de l’opposition a permis d’aplanir les divergences et incompréhensions quant à la participation de tous les acteurs de l’échiquier politique aux législatives d’avril prochain.

Contrairement à ce qui est supputé çà et là pour intoxiquer la population, Patrice Talon est un homme de dialogue et un véritable homme d’Etat. En recevant et en échangeant dans l’après-midi du lundi 25 février 2019, avec une frange de l’opposition, le chef de l’Etat a voulu prendre de la hauteur et couper l’herbe sous le pied à ses détracteurs. A l’occasion, il était entouré de ses ministres de l’Intérieur et de la Justice, Sacca Lafia, et Séverin Quenum. Si les responsables du  Pcb, de l’Usl et les anciens présidents de la République, étaient attendus à cette séance, ce sont finalement ceux des Fcbe et Restaurer l’espoir qui ont fait le déplacement. Conduite par Candide Azannaï,  la délégation de l’opposition était composée de Guy Mitokpè, Eric Houndeté, Théophile Yarou et  Adjibadé Koussonda. Candide Azannaï, au nom de ses pairs, a  exprimé les griefs de l’opposition, relatifs au processus en cours. Selon lui, l’opposition  voudrait un dialogue plus inclusif du  gouvernement avec tous les partis politiques pour garantir des élections pacifiques. Car, «  les partis soutenant le pouvoir auraient bénéficié d’un traitement de faveur de la part du ministère de l’Intérieur dans le processus de délivrance du certificat de conformité. Alors que les partis d’opposition auraient fait l’objet de brimades et d’injustice ». Pour l’opposition, le chef de l’Etat doit fait prévaloir une gestion plus politique de la situation, afin de  permettre à tous, y compris ceux qui n’ont pas rempli les conditions prévues par la loi, de prendre part aux élections.

 

« Se mettre en règle dans les délais »

 

« Vous êtes conscients qu’il y a des insuffisances dans les dossiers », a en retour répondu le chef de l’Etat, qui  a insisté sur la nécessité de tout faire en respect à la loi. Patrice Talon a ensuite démontré à ses interlocuteurs, après que ceux-ci aient exposé leur compréhension des prescriptions de la loi, en quoi ils avaient tort. Poursuivant ses explications, le président de la République a rappelé que  les réformes opérées par la  Charte des partis et le Code électoral sont comme celles effectuées dans maints domaines de la vie publique et qui s’appliquent aux citoyens. Il est donc illogique qu’une dérogation soit faite aux hommes politiques, quand il s’agit d’appliquer les réformes qui les concernent. Pour le chef de l’Etat, les politiciens ne sont pas au-dessus des lois. Selon lui, si les réformes s’appliquent à l’ensemble des citoyens, celles qui concernent les politiciens doivent également être appliquées. Il leur a  donc demandé de tout faire pour se mettre en règle dans les délais. Au sortir des échanges, les responsables de l’opposition n’ont pas caché leur admiration face à la cohérence des démonstrations du président de la République. Théophile Yarou des Fcbe, a par exemple, salué la pertinence des propos du chef de l’Etat. « J’ai apprécié les observations que vous faites. Je suis d’accord avec la démonstration que vous faites et je suis aussi d’accord que nous devons nous améliorer  », a-t-il déclaré.

 

Jean Paul Mahougnon

 

 

Patrice Talon : « J’ai donné les instructions au Misp, au Mef et au Journal officiel »

 

« Ne passez pas le temps à dire que la loi est mauvaise, que le Misp a été trop exigeant…  J’ai noté votre inquiétude. Je souhaite qu’il n’en soit pas ainsi, mais cela dépend exclusivement de vous…  Si vous persistez à maintenir dans vos dossiers des pièces qui constituent de fausses déclarations, l’administration ne peut pas fermer les yeux dessus. Ce serait un péché parce que nous aurons montré que ce que nous exigeons de nos compatriotes, nous ne le faisons pas pour ceux qui dirigent (les politiciens).  Ce n’est pas à moi de vous dire ce qu’il faut faire, mais je serais à votre place que je serais capable d’être présent dans la compétition. « Donnez le meilleur de vous-mêmes pour être aux élections. L’administration fera ce qu’il faut. J’ai donné les instructions au Misp, au Mef (direction générale des impôts) et au Journal Officiel qui font des heures supplémentaires pour traiter les dossiers ».

 

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