Tchaourou:50 blessés, 2 morts et des dégâts matériels

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La Commune de Tchaourou a été vendredi 14 juin 2019,  le théâtre de violents affrontements entre forces de l’ordre et des groupuscules armés de jeunes et des chasseurs. Tchaourou, devenu un véritable champ de tirs semble avoir retrouvé  son calme habituel après 5 jours de violence.

Le  bilan  des cinq jours d’affrontement qui a livré sa dernière bataille le vendredi dernier, se présente comme suit : plusieurs victimes, aussi bien dans le rang des manifestants,  qu’au niveau des forces de l’ordre, et le pillage et la destruction  des édifices publics et des biens privés.  De sources concordantes, on apprend qu’il y a une cinquantaine de blessés,  dont 12 cas graves dans les deux camps protagonistes. A cela, s’ajoute le pillage du commissariat de la localité, la vandalisation du bâtiment, la destruction du domicile de la famille Kabassi et des véhicules incendiés. Au moyen des pneus brûlés, les voies bitumées ou pavées qui traversent Tchaourou ont été aussi endommagées. En effet, ce jour-là, Tchaourou  était  devenue un véritable champ de tirs entre les militaires et les chasseurs. Des tirs nourris et des crépitements d’armes retentissaient  dans la ville. La circulation a été  bloquée dans les deux sens sur une distance de 3kilomètres environs, à partir de Guinérou. Un  militaire  en faction sur la voie, le visage froissé avec une mine très serrée, d’un geste à la main retourne ceux qui tentent de forcer le passage. Armé de son fusil il veille au grain et prêt à abattre celui qui va désobéir à ses injonctions.  Impossible donc pour les conducteurs de poursuivre la route.« Je suis ici depuis trois jours.  J’ai quitté le Niger pour aller à Cotonou. Arrivé à Tchaourou on nous a dit que la voie ne passe pas. Ceux qui manifestent sont venus dégonfler nos pneus. Vraiment ça me fait mal d’être encore ici », se désole Arouna, conducteur nigérien de camion. Au sein de  la population, c’est la débandade. Emballés par une psychose généralisée, les habitants de la Commune  en proie aux violences,  se déplacent vers les villages environnants avec bagages légers sur la tête. «Depuis cinq jours, notre sommeil est troublé. C’est pourquoi nous avons fuit de Tchaourou pour venir à Guinérou. S’il n’y a pas la paix ici, nous allons continuer pour aller à Parakou », a confié dame Salamatou, enquête d’un asile paisible. Pendant ce temps, les véhicules médicalisés faisaient la navette pour évacuer les victimes  au centre hospitalier départemental du Borgou,  à l’hôpital d’instructions des armées de Parakou ou au Cnhu-Hkm de Cotonou par vol  selon le cas. L’interpellation par la Police de deux  personnes identifiées comme des meneurs des violences électorales du 28 avril 2019 est la goûte d’eau qui a fait déborder le vase.

 

Zéphirin Toasségnitché

(Br Borgou-Alibori)

 

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