Tendance aux grands regroupements politiques:Le Bénin précurseur d’une réforme école

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Le Bénin, laboratoire de la démocratie, sort un autre tour de magie. La réforme du système partisan en cours actuellement est une première en Afrique et fera école assurément les années à venir. Le peuple béninois peut être fier d’être le précurseur d’une réforme politique intéressante qui annonce sans doute une révolution dans toute l’Afrique.

Ils n’ont pas souvent l’occasion de s’entendre, mais quand ils réussissent une fois, cela donne toujours quelque chose de grand. Les Béninois s’apprêtent une fois encore à sortir une nouveauté qui inspirera sans doute les experts en sciences politiques. La réforme du système partisan en cours actuellement qui se manifeste par la naissance de grands partis politiques aux idéologies facilement lisibles est une expérience unique dont la réussite fera école sur le continent tout entier. Finalement, tout part du Bénin. Le patriarche Mathieu Kérékou, au cours de l’élection présidentielle de mars 2006, avait déclaré que le Bénin étonnera le monde. C’est sans doute une prophétie qui se réalise avec ce merveilleux projet sorti des entrailles du régime du Nouveau départ. Il y a 28 ans, le monde entier retenait son souffle pour l’enfant malade de l’Afrique. Le Bénin, au cœur d’une instabilité politique, devrait procéder à une réforme politique majeure. Le pays au bord du chaos devrait retrouver son équilibre et trouver une réponse à la crise qui le paralysait.



Face à cette difficulté, le pas de trop entraînera sans coup férir, le chaos. C’est dans ce contexte assez hypothétique que les Béninois, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et même de la diaspora ont réussi une expérience unique dans la sous-région ouest africaine et dans le monde: la conférence des forces vives de la Nation de 1990. Ce pari du consensus est brandi au plan international comme un modèle de démocratie. La conférence des forces vives de la Nation était un défi de tout un peuple qui rappelle une fois encore ce génie béninois qui se révèle toujours lorsque l’union est utile à la vie de la Nation. 28 années après, les Béninois s’apprêtent à écrire une fois encore une nouvelle page de leur histoire politique. C’est heureux de l’apprendre car dans la sous-région, le Bénin reste et demeure le seul pays à expérimenter ce choix politique assez important. Ces regroupements politiques qui naissent comme des champions à la veille des élections sont animés par des individus sans objectifs visibles qui polluent l’environnement politique et prônent l’improvisation, le clientélisme et l’affairisme. Ce sont généralement des Présidents de partis qui n’existent que de nom et dont le bureau est toujours dans le sac.

Plus de marchandage politique

Ce phénomène rétrograde de marchandage politique dénature le militantisme et crée une distorsion majeure avec une intrusion des gens sans conviction en politique. Il s’agit d’un opportunisme politique maladif qui empêche les partis sérieux à s’imposer dans l’arène et crée des émiettements inutiles. C’est une difficulté pratique à laquelle aucun Etat de la sous-région n’a encore réussi à trouver une solution assez claire. Une fois encore et fort de sa responsabilité d’éclaireur du Continent, le Bénin a repris ses attributs de laboratoire et s’est engagé à trouver une solution pratique à cette pagaille qui n’a fait que trop durer. Cette solution, il l’a dénommé : ‘’ réforme du système partisan’’.



Désormais au Bénin, on peut être fier d’avoir des partis politiques forts avec des idéologies claires qui peuvent finalement prétendre conquérir et exercer en toute responsabilité le pouvoir d’Etat. Désormais, le Bénin peut s’enorgueillir de chanter le requiem des partis ambulants sans fondement qui pullulent et polluent la société politique avec à la clé, le marchandage, le clientélisme et le népotisme. L’expérience entamée est assez osée car il porte le germe d’un défi nouveau inouï. Il est le pari d’un nouveau contrat politique qui doit s’écrire avec toutes ses subtilités et éventualités. Dans un pays où la contestation est la norme (parce que composés de gens assez éclairés qui tombent difficilement d’accord), il y a fort à faire pour trouver des points de convergence à tous les niveaux. L’exercice ne sera pas aisé, mais ce pays réussira à coup sûr ce nouveau défi. Le premier match test que sont les élections législatives de mars 2019 permettra de dissiper les doutes!
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