Troublantes révélations lors du procès Icc-Services:La part de vérité de Yayi s’impose

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Après les dépositions de Pascal Irenée Koupaki, du Procureur général,  Constant Amoussou, et celles de Guy Aplogan, le promoteur de Icc-services, une évidence s’impose : l’ex-chef de l’Etat, Yayi Boni, ne peut plus fuir ses responsabilités. Lui seul détient les clés de dénouement de cette vaste escroquerie.

Depuis le lundi dernier, les Béninois en savent un peu plus sur l’autre pan caché des turpitudes ayant eu lieu sous le régime « Yayi ». On pensait, avec les scandales abjects qui ont caractérisé cette décennie de la « honte », avoir déjà tout vu. Hélas, non. Le meilleur restait à venir. Le procès ouvert devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) achèvera sans doute de convaincre les plus endurcis parmi les Béninois, que le régime de la Refondation a été l’un des pires cauchemars que le pays a connus. Au fil des déballages en effet, chacun a pu mesurer l’ampleur du sinistre et des dégâts. Icc-services, a été un grand crime, et un grand péché contre le peuple. Malheureusement, l’Etat dont le rôle était de protéger les ressources des citoyens n’a pas été du tout  à la hauteur de la situation. Apparemment, nous avons des hommes politiques peu vertueux. Certes, Guy Aplogan et compagnies, ont commis un délit d’initié. Ils en paient déjà le prix par les années de prison. Par contre, ceux dont les responsabilités n’ont pas été situées depuis, c’est l’ex-chef de l’Etat, Yayi Boni et son entourage immédiat.

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Pour les avoir reçu au Palais de la Marina, et avoir posé avec eux sur la fameuse « photo », c’est une preuve parmi tant d’autres que le « Prince de Tchaourou » était au courant des détails de cette affaire sordide. En attendant qu’il perçoive la gravité de la situation, lui qui  «n’est jamais au courant de rien », la parole des autres protagonistes du procès sera tenue pour « argent comptant ». Pour le moment donc, les effarantes dépositions  du promoteur Guy Akplogan, font froid dans le dos. Parole contre parole, en l’absence de l’autre, on continuera de boire comme du lait  les propos et déclarations fracassantes de Guy Aplogan. L’une d’entre elles restera dans les annales de l’histoire : les « 27 milliards emportés par hélicoptère de chez les promoteurs ».  On s’en doutait un peu. Mais, on nous demandera des preuves supplémentaires. Mais aux  incrédules, il faut demander où trouvait-on autant d’argent, à l’époque pour organiser des messes et marches de soutien dans les hameaux les plus reculés du pays ? On en profitera aussi pour demander les comptes sur le train de vie de l’Etat.Au demeurant, la question essentielle reste : qu’est-il advenu de ces 27 milliards ? Une seule personne en  détient la réponse. Elle est attendue à la barre, ne serait-ce pour avoir présidé aux destinées du pays pendant ces années noires. En tout cas, son ex- Premier ministre n’a pas fui ses responsabilités. En acceptant le lundi dernier de déposer devant la Criet, Pascal Irenée Koupaki a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui. Pris au piège dans un système politisé à outrance et fortement corrompu, il est à regretter qu’il n’ait pas pu mettre tout son talent au service de son peuple.

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L’ombre au tableau, l’absence de Yayi au procès

 

Son comportement est tout le contraire des déclarations de l’ex- Procureur général, Constant Amoussou. Sa déposition a manqué de cohérence et de rigueur juridique. C’est peut-être à mettre sur le compte  du contexte  politique d’alors, fait de filouteries et  cette frénésie intense  à courir derrière l’argent facile. Il est à déplorer les déclarations tendancieuses du PG Amoussou qui, apparemment soucieux de se tirer d’affaire, s’est un peu ménager les pinceaux. Lui qui dit ne pas connaître ICC services,  reconnaît à la fin avoir placé 3 millions appartenant à sa femme, pour soi-disant comprendre comment fonctionne le système. A moins qu’il ait des trous de mémoire. Au-delà, tout concorde à confirmer la thèse de ceux qui ont toujours affirmé qu’Icc-services n’a pas pu prospérer sans des complicités au sommet de l’Etat. On accusera les défenseurs de cette logique, d’avoir de la haine contre la personne de Yayi Boni. Mais, vu les déballages depuis le lundi dernier, il n’en rien. Comme Pascal Irenée Koupaki, il faut que l’ex-chef de l’Etat descende dans l’arène. D’ailleurs, la Criet n’a pas compétences à le mettre en accusation. Togbonon et les siens  ne peuvent que l’écouter.

 

Jean-Paul Mahugnon

 

 

Jean-Paul Mahugnon

 

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