Un an après la fermeture des frontières terrestres nigérianes:L’économie béninoise tient le coup !

0
1103

Demain, jeudi 20 août 2020, cela fera un an que le Nigeria a unilatéralement pris la décision de fermer ses frontières terrestres avec le Bénin. Au regard des relations économiques qu’entretenaient les deux pays, il était annoncé que le Bénin allait être asphyxié. Erreur ! L’économie tient le coup. En témoigne l’enchainement des performances enregistrées.

20 août 2019-20 août 2020. Un an que les frontières terrestres nigérianes restent légalement infranchissables sur décision unilatérale du président Muhammadu Buhari et son gouvernement. Depuis lors, toutes démarches menées par les autorités béninoises pour faire fléchir la position des autorités du géant de l’Est se sont révélées infructueuses. La médiation de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) n’a visiblement pas aussi prospéré puisque la mesure reste toujours en vigueur. Les séances de travail et commissions bipartites créées dont l’issue devrait être la réouverture des frontières n’ont également rien donné. Le gouvernement nigérian est resté de marbre sur sa position. L’économie béninoise a été éprouvée, car dépendante des exportations vers le voisin nigérian. Dans la foulée, des oiseaux de mauvais augure avaient affirmé que le Bénin était au bord de la banqueroute et qu’il serait quasiment impossible pour le gouvernement de payer les salaires des fonctionnaires. Sur des chaînes de radio et de télévision, dans des médias nationaux comme internationaux, des opposants ont peint exagérément la situation en démontrant à qui voulait les entendre que le pays était foutu. L’Exécutif béninois avait été accablé de tous les noms d’oiseaux. Le pays serait coupable d’un entêtement inutile de ses dirigeants face au géant voisin. Chose curieuse, un an après le Bénin se porte mieux.

 

Le Bénin se porte mieux

 

Les signaux ne sont pas passés au rouge comme annoncer. Bien au contraire ! C’est au cours de cette période que des bonds qualitatifs ont été réalisés au plan économique. Tenez ! La première progression du pays par rapport au score de l’évaluation des Politiques et des institutions nationales (Cpia) de la Banque mondiale depuis 2008 a été enregistrée au cours de cette période de fermeture. Le Bénin est sorti de la liste des pays à faible revenu pour rejoindre désormais la catégorie des pays à revenu intermédiaire. Mieux, lorsque les institutions financières internationales cherchent à prendre des modèles en Afrique, elles pensent désormais au Bénin. Avec une croissance des plus élevée au sein de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), l’économie béninoise fait montre d’une certaine résilience malgré cette décision arbitraire des autorités nigérianes. La fermeture a amené le gouvernement béninois à diversifier ses partenaires commerciaux. Aujourd’hui, les Béninois se souviennent encore à peine de cette fermeture de frontières. Même s’il est nécessaire pour le Bénin de composer avec son voisin de l’Est, la globalisation oblige, le président Patrice Talon et son gouvernement ont pris la mesure de la situation. Ils n’ont pas cédé aux caprices d’un voisin fut-il géant, qui a prétexté des frontières poreuses utilisées par des contrebandiers avec la complicité des responsables des douanes des deux pays pour faire sortir du Nigeria des produits pétroliers et pour faire entrer sur son territoire, du riz d’Asie, des tomates d’Italie, des voitures d’occasion d’Europe et autres produits qui ne sont pas déclarés à la douane pour couper le pont terrestre. La décision est certes douloureuse pour le Bénin mais elle n’est pas sans conséquences sur l’économie nigériane qui subit également les contrecoups de la décision de fermeture. L’apocalypse professée pour le Bénin n’a pas lieu. Elle est restée lettres mortes.

 

Serge Adanlao

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here