Vote de la loi sur l’amnistie:Les députés sauvent la paix

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Les députés de la 8ème législature ont adopté le 31 octobre 2019 la loi sur l’amnistie. A travers ce vote, les élus du peuple ont exprimé leur volonté sans faille de se battre pour la paix et l’unité des fils du pays.

Tous les 83 députés ont apposé leur  »oui » pour l’œuvre de consolidation de la paix à travers ce vote historique. La huitième législature a démontré son engagement à pacifier le climat politique. Les députés confessent qu’ils sont décidés à consolider cette unité éprouvée au cours des récents événements électoraux. Pendant ces moments de remise en cause profonde du vivre-ensemble, ils étaient les premiers à en souffrir véritablement. Beaucoup parmi eux ont subi de grands revers de la part de certaines personnes en courroux qui étaient même décidées à attenter à leurs vies. Le pire était à la porte. En ces moments d’épreuve réelle pour la paix et l’unité, les députés qui ont fait  l’objet de représailles de toutes sortes ont tenu fermement, car ils savaient que ce sont des moments d’incompréhension qui finiront par renforcer le vivre-ensemble. Ils y croyaient véritablement et c’est justement ce qui expliquait leur candeur et leur disponibilité à œuvrer à tout prix pour que se retrouvent et se parlent les enfants d’un même pays. Ils y ont cru dur comme fer. Même en dépit de la volonté de la justice de voir clair dans ces dossiers qui a conduit à l’interpellation et à la détention de nombre de personnes soupçonnées dans le cadre de ces événements, les députés de la huitième législature  avaient toujours pensé que la voie du consensus et de la négociation pourrait permettre d’unir les fils et filles du Bénin. Cette prière longtemps mûrie a été matérialisée par la volonté du chef de l’Etat d’instaurer un dialogue constructif qui permettra de réunir autour de la même table les acteurs en conflit. L’idée était assez géniale, mais inspirait de la crainte de la part de nombreux acteurs. Après plusieurs échanges, la décision est prise et le dialogue politique, socle de l’unité retrouvée a été décidée du 10 au 12 octobre au Palais des congrès à Cotonou. Ces instants de débats de trois jours ont permis de s’ouvrir et de panser les plaies de la division. Un débat qui a mis les uns et les autres devant l’histoire. Les acteurs politiques présents ont compris qu’en réalité, l’avenir de ce pays dépendait en grande partie de leur volonté de poser les actes forts d’unité et de réconciliation. Ils ont compris qu’il ne servira véritablement à rien de continuer par s’accrocher à des certitudes dépassées. Du coup, les regards ont changé, les positions aussi. Chaque acteur a décidé, au cours de la séance, de lâcher du lest et de s’inscrire dans une démarche constructive. C’est dans cette dynamique qu’est apparue la nécessité de panser les blessures et repartir sur de bonnes bases. L’idée d’amnistie était donc la preuve d’une aspiration profonde, l’expression d’une volonté affichée au cours de cette assise importante. Cette décision des assises était comme la consécration d’un vœu historique des députés. Depuis longtemps, ils ont toujours espéré tourner la page en dépit des humiliations et regarder l’avenir avec conviction. C’était donc une bonne passerelle qu’ils n’ont pas hésité à explorer. Le vote de cette loi n’est que la consécration d’une volonté de vieille date de la plupart de ces députés qui avaient toujours l’esprit disposé à sauver la paix pour le bien de tous. Tendre la main à son bourreau et militer pour qu’il sorte de sa situation difficile, est un geste de sagesse. Les députés de la huitième législature ont donné l’exemple du détachement et de l’humilité pour sauver l’essentiel. Ce n’est que  grandeur.

 

Abdourhamane Touré

 

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