Zinsou a fait preuve d’honnêteté intellectuelle

0
932

L’ancien Premier ministre, Lionel Zinsou, sous le président Boni Yayi, a fait une sortie médiatique au cours de laquelle il a déclaré que le Bénin a fait une démonstration à laquelle personne ne s’attendait. Il a notamment évoqué les performances enregistrées au niveau agricole. Pour le Consultant politique Agapit Napoléon Maforikan, il a fait montre d’honnêteté intellectuelle en reconnaissant des mérites à son challenger de la Présidentielle de 2016. Lire des extraits de son intervention sur la chaîne de télévision E-télé le dimanche 06 septembre 2020.

 

« Lionel Zinsou, lors de sa dernière sortie médiatique, a fait preuve d’une honnêteté dont très peu de personnalités font montre. Pour apprécier la gouvernance au Bénin, il a dit subtilement : « Je me démarque légèrement de la position de l’opposition ». Cela veut dire qu’il reste dans l’opposition, mais voit les choses autrement qu’une certaine frange de cette classe politique. Lorsqu’il déclare que le Bénin a fait des progrès en matière agricole, c’est qu’il parle en connaissance de cause. C’est un technocrate qui est très peu dans les postures. Il a l’art de faire des analyses, de proposer des plans de développement aux Etats. Sa stature internationale l’empêche de mentir sur les chiffres. Ce qui n’est pas le cas de certains de ses compatriotes politiciens vivant au pays. Le politique béninois, en effet, fait ses analyses en fonction de ses intérêts. Donnez-lui un nouveau positionnement, et vous constaterez qu’il va voir autrement la réalité. Cela n’a donc rien d’étonnant de voir ces intellectuels, qui zigzaguent entre mouvance et opposition selon qu’ils sont appelés à exercer le pouvoir ou non, le critiquer. Ils sont tout simplement aveuglés par leur posture du moment (…) Je trouve que l’intellectuel doit souvent faire preuve d’honnêteté, surtout lorsqu’il apprécie ce qui paraît évident. En matière de chiffres, on ne peut pas se tromper. Lorsque « Reporter sans frontières » dira, par exemple, que nous avons reculé de 10 points, l’opposition dira que cela va très mal au Bénin. Lorsque le pays va engranger des points dans le cas de la lutte contre la corruption, ils diront que les chiffres sont trompeurs. Ils utilisent les chiffres quand ils ont envie d’annihiler les efforts du gouvernement (…)

Ces dernières années, le Bénin a connu les meilleures progressions de son histoire. Cela ne veut pas dire que tout était mauvais sous Boni Yayi. En 2006, les dynamiques entamées vers la fin du régime Kérékou ont continué au niveau agricole. On ne peut pas dire que la révolution verte a commencé avec le président Patrice Talon. Son prédécesseur a créé les universités d’agriculture, par exemple. Des efforts ont été constatés surement dans la recherche scientifique. Il y a eu un certain nombre d’évolutions qui peuvent permettre de dire que la gouvernance sous le Changement et la Refondation a été clairvoyante dans le domaine de l’agriculture. Donc, reconnaître que la dynamique a été maintenue depuis 5 ans n’est pas une faiblesse. Il ne s’agit pas de dire que Talon est mauvais et que c’est sous Boni Yayi qu’on a connu des succès en la matière. On ne peut pas séparer systématiquement un Exécutif d’un autre. Il y a des domaines où c’est radical, il y a des domaines où c’est complémentaire. Mais voir l’évidence et dire le contraire, sur le plan intellectuel, ce n’est pas honnête. Le président Patrice Talon n’a jamais dit que c’est à lui seul que revient les mérites de ces succès. Il a son cap, et il avance. C’est lui qui conduit le pays, et il sait où il a envie de le mettre. Beaucoup de personnes font de petits calculs. C’est comme si c’est le travail d’une seule personne. C’est un travail continu. C’est autant grâce aux paysans béninois qu’à la politique mise en place par le gouvernement. C’est un ensemble de facteurs (…)

Sous le président Boni Yayi, j’ai eu à travailler au Conseil présidentiel de l’investissement avec un certain nombre de personnes, notamment Nasser Yayi et Aurel Houngbédji. A l’époque, nous avons rencontré les différents corps de métier. A la mairie de Cotonou, nous avions travaillé sur le permis d’habiter. Nous avions travaillé avec la Sbee, la Soneb. Aujourd’hui, le climat des affaires s’est beaucoup amélioré. Créer une entreprise n’est plus un chemin de croix. Les formalités sont dématérialisées. On n’a pas forcément besoin de Lionel Zinsou pour le savoir ».

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here