Au détour d’une interview accordée à Jeune Afrique dans sa livraison de février,  la ministre du Numérique et de la digitalisation, a levé le voile sur les progrès réalisés par le Bénin dans le secteur du numérique de 2016 à 2021. Aurélie Adam Soulé Zoumarou a présenté le modèle béninois des Points numériques communautaires.

Le gouvernement a mis en place une solution originale : les Points Numériques Communautaires (Pnc). En quoi consistent-ils ?

 Nous avons mis en œuvre de façon rapide et audacieuse la vision du président Patrice Talon dans le secteur du Numérique et de la Digitalisation. Nous avons souhaité que les investissements massifs réalisés dans les infrastructures, notamment dans le déploiement de la fibre optique, puissent avoir un impact rapide sur les populations. Pourquoi ? Parce que nous ne pouvions pas digitaliser les services publics, rendre possible la création de plus en plus d’outils en ligne, et ne pas permettre aux usagers d’y accéder de façon confortable. Le modèle des PNC, que nous avons développé dans les zones non-urbaines, répond à cet objectif. Le PNC, c’est d’abord un espace de type cyber-café équipé de dix ordinateurs et dédié à tous les usages numériques possibles. C’est ensuite un point d’accès wifi public gratuit mis en place en collaboration avec les mairies, souvent dans les maisons de jeunes des communes concernées. C’est enfin la possibilité pour les organisations publiques ou privées, ainsi que pour les foyers, de se connecter à la fibre via un fournisseur d’accès à Internet (FAI) à qui nous facilitons l’extension dans ladite commune.

 

Êtes-vous satisfaite des résultats obtenus à ce jour par les Pnc ?

 

Oui, depuis 2018, 43 communes sur 77 ont été équipées, ce qui représente un impact sur plus d’un million de personnes dans des zones non urbaines, habituellement peu couvertes par les services de communication électroniques. On constate un grand engouement de la part des usagers. On remarque aussi que les usages changent. Alors que les gens venaient auparavant essentiellement pour naviguer sur le Net, ils sont désormais de plus en plus nombreux à suivre des formations délivrées par les gérants des PNC. Au travers des témoignages recueillis, le Portail National des Services Publics est également très sollicité, alors que de plus en plus d’enseignants se rendent dans les PNC pour utiliser les plateformes dédiées au secteur de l’enseignement.

 

Le modèle des PNC requiert une forte implication des Fai. Que fait l’Etat béninois pour les accompagner ?

 

Les attentes des populations sont très fortes et l’État a déjà beaucoup fait. Outre les investissements dans les infrastructures, nous avons révisé le cadre réglementaire de façon à assouplir les conditions d’exercice des FAI. Désormais, les opérateurs n’ont plus besoin d’une licence pour devenir Fai, mais d’une autorisation délivrée par l’Arcep Bénin [Autorité de régulation des communications électroniques et de la Poste du Bénin, ndlr]. Nous avons aussi mis en place des dispositions juridiques qui permettent une meill eure mutualisation des infrastructures. La Société béninoise des infrastructures numériques (Sbin), opérateur de gros, a également revu son catalogue afin de permettre un accès plus facile à son réseau. Pour plus de flexibilité, la plus petite unité qu’un Fai peut choisir de couvrir est désormais la commune. L’ancien modèle exclusif aux Fai nationaux, a montré ses limites, c’est pourquoi nous voulons aujourd’hui inciter les entrepreneurs à s’impliquer, commune par commune.  La volonté politique est là. C’est pourquoi je lance un appel aux Fai, afin qu’ils profitent de l’environnement que nous avons mis en place.

 

Source: Jeune Afrique

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here