Situation du football béninois:Rafiou Gazaliou écrit à Patrice Talon

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Dans une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat, l’ancien responsable à l’organisation de la Fédération béninoise de football (Fbf) et président de l’Union sportive de Cotonou, Rafiou Gazaliou, dénonce la mauvaise gestion de l’instance. Lisez plutôt…

Union sportive de Cotonou (Usc)

Téléphone : +229 97.081.349 / 97.193.894 / 97.571.946

N/Réf. N° 005/Usc/Pdt/Usc/2018

A

Monsieur le Président de la République

Cotonou

Objet : Dénonciation de mauvaise gestion répétée à la Fédération Béninoise de Football (Fbf)

Excellence, Monsieur le Président de la

République,

Je viens très respectueusement solliciter auprès de votre haute bienveillance, la faveur d’aider la famille du football du Bénin, à élucider un certain nombre de dossiers de mauvaise gestion répétée à la Fédération Béninoise de Football et érigée en mode de fonctionnement depuis 17 ans, malgré vos nobles efforts pour une famille heureuse de football.

C’est ainsi que, le 23 Décembre 2016, vous avez voulu une famille unie des acteurs du football qui devrait faire rouler le ballon à nouveau pour le plein épanouissement de la jeunesse de votre pays.

Mais malheureusement, le chef de cette mission, le sieur Anjorin Moucharafou a été mal choisi. En réalité, ce dernier, très assoiffé du pouvoir, est celui qui empêche l’accomplissement heureux de cette noble mission que vous avez confiée aux acteurs du football, pour un nouveau départ de cette discipline sportive dans notre pays.



En effet, Anjorin Moucharafou est et demeure celui qui enlise le football béninois dans des crises répétées depuis 17 ans, où pour se maintenir au pouvoir, il se lance dans diverses formes d’alliances avec pour méthode : les intimidations, les chantages, les promesses mensongères, le marchandage des titres de champions aux responsables de clubs et autres formes de manipulations des résultats des compétitions, tout comme celles de nombres d’acteurs.

Excellence, Monsieur le Président de la République, la belle preuve est que, malgré vos conseils à ce Monsieur, appuyés de la lettre de mission en présence de vos Ministres d’Etat et de la Justice, il a très tôt rangé votre document de côté pour se préparer à sa réélection en juin 2018.

C’est pourquoi, le championnat de réconciliation que vous avez sollicité a été purement et simplement bâclé avec un règlement de la compétition rendu public en plein championnat et modifié au gré des intérêts pour lesquels les équipes qui ne sont pas de son bord telles que l’Union Sportive de Cotonou et les Vautours ont été recalées, tandis que les équipes sorties de nulle part, sans aucune existence juridique et n’ayant jamais joué le championnat sous le Comité de Normalisation (Conor), ont été autorisées à jouer le championnat, à l’image de la Jeunesse Athlétique du Plateau devenue frauduleusement une nouvelle fois, la Jeunesse Sportive de Cotonou.

De même, votre objectif de réconcilier a été complètement dénaturé, à telle enseigne qu’on ne pourrait ne pas poser la question de savoir s’il n’y a vraiment plus de cadres avertis des normes du football du développement aux côtés de ce monsieur ? Car dans le championnat, les arbitres appelés à rendre les matches bien plaisants, ont été tellement manipulés, crétinisés avec des consignes malsaines, pour faire perdre des matches aux clubs des adversaires, au point même que la réconciliation que vous avez tant souhaitée, est devenue un vain mot, parce que le championnat de la réconciliation a été transformé en championnat de désunion. Ceci, pour la simple raison que le chef de la mission est plus préoccupé par sa réélection que par un rendement convaincant.

Monsieur le Président de la République, vos nobles ambitions pour le sport en général et le football en particulier, à travers le programme d’action de votre gouvernement, auraient du mal à se réaliser avec un monsieur comme Moucharafou Anjorin à la tête de notre football et qui ne connait depuis toujours que la méthode de l’improvisation et de l’intimidation. Car malgré le fait que la Fifa a toujours envoyé au début de chaque saison le calendrier international, avec toutes les dates des journées Fifa, notre pays le Bénin peine à disposer d’un calendrier sérieux et connu de tous, parce que celui qui est à la tête de notre football ne connait que les calculs qui doivent lui permettre de se maintenir et de se faire de l’argent à tout prix.



C’est ainsi que dans un marché de dupe, le démarrage du championnat a été annoncé avec faste, après un contrat de sponsoring signé à N’Djamena avec Nasuba auparavant, pour un million de dollar américain par an, est redevenu mystérieusement un partenariat entre la Fbf et Lc2.

Monsieur le Président de la République, je vous prie d’aider les acteurs du football au Bénin, à savoir ce que devient ce fameux contrat. Car d’une part, le prétendu partenaire a disparu très tôt en début du championnat et d’autres part, aucun compte rendu n’a été fait au Comité exécutif de la Fbf, jusqu’à ce jour. Mieux, de nombreux clubs fictifs ont été intégrés à la liste des vrais clubs devant participer à ce championnat, juste pour avoir des voix de vote à l’assemblée générale élective de juin 2018. Sans oublier la malhonnête faveur de dépasser les 25 licences par club dont certains clubs proches de Monsieur Anjorin Moucharafou, ont bénéficié.

Excellence, Monsieur le Président de la République, au regard des nombreuses zones d’ombres qui entourent et entachent la gestion du sieur Anjorin Moucharafou à la tête de notre football depuis 17 ans et pour la concrétisation d’un football de développement dans notre cher pays le Bénin, je voudrais solliciter votre concours pour la manifestation de la vérité sur les dossiers de scandale que sont : le partenariat Fbf-Mtn Bénin ; le dossier Fbf-Jago ; le dossier de détournement des frais de construction du siège de la ligue de football de l’Atlantique-Littoral ; le dossier relatif aux 850 000 000F Cfa de dépenses non justifiées à la Can Angola 2010.

En effet, il faut d’abord noter que depuis le 1er mandat, de ce monsieur, de 2005 à 2009, où j’étais membre, et en sa qualité de Président, Mtn avait accepté de nous accompagner après négociation, avec une enveloppe financière de 300 millions (300 000 000F Cfa) sur quatre ans. Lorsque subitement, Moucharafou Anjorin nous ramène un contrat avec Ifap, une société française appartenant à Monsieur Durand Eric et dont la mission fondamentale est de venir uniquement chercher les chèques émis par Mtn Bénin au profit de la Fbf. En contrepartie, cette fameuse société empochera 50% du montant total. C’est-à-dire, 150 millions de francs (150 000 000 F Cfa). Et le montant restant de 150 000 000 F Cfa est resté jusqu’à ce jour, entre le ministère des Sports et notre Président, Anjorin Moucharafou.

Ensuite, il y a le dossier relatif au détournement des frais de construction de la ligue de football de l’Atlantique-Littoral. En effet, nous avons reçu de la Confédération Africaine de Football (Caf), la somme de 100 000 dollars américains et nous avions décidé au Comité exécutif de consacrer cette ressource financière à la construction du siège de la ligue de football de L’Atlantique-Littoral et celui du Borgou-Alibori. Malheureusement, jusqu’à ce jour, seul le siège de la ligue de football du Borgou-Alibori a été effectivement construit à Parakou. Celui de l’Atlantique-Littoral prévu pour être construit à Cotonou, n’a jamais été construit parce que son budget a été détourné, sans aucune justification du Président. Et pour cacher cette forfaiture, il a fait loger la ligue régionale de l’Atlantique-Littoral, dans les locaux de l’actuelle ligue du football du Bénin, sise au quartier Mènontin à Cotonou. C’est pourquoi, espérant que ce crime répété contre la jeunesse de ce pays ne soit définitivement impuni, je vous prie une nouvelle fois, Monsieur le Président de la République, d’aider la famille du football du Bénin, à voir clair dans cette affaire.

C’est bien malheureusement du même cas, de gestion douteuse et cavalière qu’il s’est agi dans l’affaire dite Fbf-Jago. Car, alors même que la société Jago a accepté de nous accompagner avec une somme de 20 millions de francs (20 000 000 F Cfa), je n’avais jamais pu comprendre jusqu’à ce jour, ce qui s’est passé par la suite, en ma qualité de membre du Comité exécutif de l’époque.

Et tout comme cela ne suffisait pas, Moucharafou Anjorin n’avait trouvé mieux dans une option cavalière, que de faire construire le centre de formation de Missérété en matériaux précaires, tel que la clôture des dix hectares qui a été faite avec des briques de 10, au lieu de celles de 15. Alors que c’est des jeunes enfants qui doivent fréquenter ce centre.

Monsieur le Président de la République, je ne saurais citer les nombreux dossiers de malversations financières dans lesquels, il est impliqué sans solliciter encore votre concours pour élucider le dossier des 850 millions de francs Cfa de dépenses non justifiées par notre délégation, dans la somme allouée par le budget national pour la participation du Bénin à la Coupe d’Afrique des Nations, édition 2010, en Angola.

Excellence Monsieur le Président de la République, je voudrais vous prier de bien vouloir aider la famille du football béninois, désabusée depuis 17 ans à récupérer ces nombreuses ressources financières très utiles pour le fonctionnement de la nouvelle équipe dirigeante qui s’active à libérer cette discipline sportive des mains de ses prédateurs. Le recouvrement de ces ressources détournées permettra de gérer convenablement la formation des entraineurs intervenant dans les différents championnats de notre pays, dans les centres de formation et à la formation des anciens joueurs qui vont animer la direction technique nationale.

Je voudrais ici, compter sur votre favorable et prompte réaction pour non seulement aider les acteurs du football béninois à assainir notre milieu devenu le refuge des hors la loi, mais aussi et surtout pour faciliter et sécuriser les précieux investissements des passionnés de la discipline au Bénin. Ceci contribuera sans nul doute au plein épanouissement de votre jeunesse de ce domaine qui souffre surtout en silence, attendant vos actions salutaires et libératoires.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Le Président,

Rafiou Gazaliou

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