(Les mesures de soutien du Gouvernement saluées)

Au lendemain de la décision du conseil des Ministres relative aux mesures de soutien aux occupants illégaux de la zone balnéaire de la Route des pêches et de Xwlacondji, nous nous sommes rapprochés des concernés pour recueillir leurs impressions.  De nos échanges, il ressort que les ex-habitants de Fiyégnon 1 ont hâte de rejoindre le site qui leur est réservé.  

Jeudi 16 Septembre 2021. Il est 20h30 au quartier Fiyégnon 1, juste derrière l’aéroport international Bernadin Cardinal Gantin de Cotonou. Les traces de l’intervention effectuée mardi par les autorités dans le cadre de la libération de ce domaine public sont très visibles.  Les lumières de l’aéroport et celles qui éclairent la nouvelle route le long de la mer permettent d’avoir un peu de visibilité sur le domaine. Les débris des casses effectuées sont là. Mais, par endroits, on remarque l’érection de petits hangars de fortune à l’aide de tôles, briques et autres. Ils servent d’abris aux occupants illégaux dégagés.   René Agbossou, la quarantaine environ, est un pêcheur. Nous l’avons vu sur le site avec sa famille, à la belle étoile. Sa femme faisait à manger et les enfants profitaient du clair de la lune pour s’amuser. Il a accepté notre proposition de faire un entretien sur la décision du Gouvernement les concernant. Il nous laisse la seule vieille chaise plastique qui lui restait et s’assit lui-même sur un tabouret sauvé de justesse, selon ses propos, mardi, à l’arrivée des engins.  A notre question de savoir ce qu’il pense de la mesure de soutien prise en Conseil des Ministres à leur profit, il répond : « Il y a longtemps que je cherchais les moyens d’acquérir une parcelle à Pahou pour y aller m’installer. Mais, les investissements que j’ai fait dans mon activité de pêche ne m’ont pas permis de réaliser ce rêve. Et si ce que nous apprenons est une réalité, je pense que ce serait un grand soulagement pour nous. Si on savait que cette possibilité nous serait offerte, on allait supplier les autorités de nous arranger ce site de Pahou dont on parle avant l’opération du mardi dernier ». Et quand nous lui avons fait part des propos du Préfet Alain Orounla selon lesquels cette proposition avait été faite à leurs représentants lors des nombreuses rencontres ayant précédé l’opération de libération, il réagit avec étonnement en langue locale fon: « personne ne nous avait dit que les Autorités avaient cette solution pour nous. Nous sommes restés jusqu’à ce que les bulldozers n’arrivent parce qu’on ne savait pas où aller. Et vous voyez, certains d’entre nous sont encore là, malgré les menaces. On n’a pas le choix. C’est depuis 80 ans que nos parents se sont installés ici. Moi j’y suis né. J’ai construit des maisons en dur ici parce que la Mairie nous avait fait payé la somme de 248.000 Fcfa pour le recasement ».

Prêt à quitter pour relancer ses activités

« Quel homme normal sera heureux de continuer par vivre dans les conditions que nous vivons ici depuis mardi dernier avec femmes et enfants dehors, ne sachant pas ce qu’il faut manger ? Si ce qui a été annoncé nous concernant pouvait être réalisé demain même, je suis prêt à rejoindre le nouveau site pour que mes enfants ne perdent pas l’année scolaire qui s’annonce ». A poursuivi René Agbossou, le pêcheur professionnel qui, visiblement, est surpris de cette décision du Gouvernement de les reloger et de leur octroyer des fonds. Il a dit être même pressé de bénéficier de cette mesure de soutien pour relancer sa vie.

Tout comme lui, son jeune frère du même quartier Fiyégnon, soudeur de profession, est pressé de partir à Pahou, si c’est le site à eux trouvé : « C’est vrai que nous avions souffert pour construire nos maisons et aujourd’hui, tout a été détruit parce que le domaine ne devait pas être habité. Mais si Patrice Talon, notre papa à nous tous, peut faire accélérer le processus de relogement, ce serait très bon nous. Nous avons juste l’impression que les gens ne lui disent pas la vérité ou ne lui rendent pas exactement compte de ce que nous avons dit. Notre attitude n’était pas une rébellion. On a été certainement mal compris ». Il aurait voulu que Fiyégnon 1 bénéficie de la même clémence que Xwlacondji. Mais, apparemment les responsables de leurs associations qui sont restés en contact avec les autorités les ont driblés. « Nous étions prêts pour quitter. Mais nos devanciers qui parlent avec les autorités nous ont dit d’attendre. Et que personne ne viendra nous casser. Pendant qu’ils nous faisaient patienter, ils vidaient progressivement leurs effets de leurs maisons. Nous voilà aujourd’hui, victimes d’une grande trahison de leur part », nous a confié, mardi, une femme contrainte de partir avec l’arrivée des engins.

Félicien Fangnon   

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