Ce lundi 20 septembre 2021, les écoles béninoises rouvrent pour une nouvelle année scolaire sans grève. Après la catastrophe de l’année scolaire 2017-2018, le gouvernement de  ‘’la Rupture’’ a trouvé le style adéquat pour  expédier au diable Vauvert, l’épée de  Damoclès qui a toujours plané sur l’école béninoise à chaque rentrée.

Finies les vacances, les écoles béninoise se réveillent une nouvelle fois sans aucune menace de grève. Venu au pouvoir en 2016, la première  (2016-2017), la deuxième (2017-2018) et le début  de la troisième  rentrée scolaire   sous  l’ère de « la Rupture » n’a pas désobéi à la règle de la grève intempestive. N’ayant pas encore fait un diagnostic sérieux pour endiguer le mal congénital à la fonction publique au Bénin, la grève, le gouvernement de la rupture  a laissé  les choses intactes en faisant de la négociation  la solution palliative. Avant la  rentrée du  3 octobre 2016,  précisément 19 jours avant, l’exécutif béninois a pris la décision d’aller à la table de négociation avec les syndicalistes. Une rencontre  importante d’ailleurs,  car à  la veille de cette rentrée, tout le monde  était incrédule d’une reprise des classes  apaisée. Un sentiment légitime quand on sait  que la grève est un mal endémique qui produit des résultats  fâcheux et  catastrophiques aux  examens de fin d’année scolaire (les statistiques dans  les prochaines parutions). L’inquiétude de voir resurgir les vieux démons  n’est   pas  donc étrange   quand on a tout le temps remarqué que  les trois ordres d’enseignement ont été    régulièrement perturbés par des mouvements de grève avant l’avènement  de Patrice  Talon.  Autrement dit,    à l’époque,   beaucoup de parents d’élèves se demandaient  si cette première   année scolaire du nouveau régime  qui s’annonce  ne sera pas perlée de grèves comme on l’a souvent noté sous les régimes précédents. La question qui était sur toutes les lèvres s’énonçait  comme suite: « A peine six mois de gestion, est-ce que le Nouveau départ  a déjà la carrure nécessaire pour surmonter ce phénomène qui ternit l’image du système éducatif béninois et créant par ricochet un enseignement moins apprécié ? Les jours à venir nous édifieront davantage». A la télé, à la radio, sur les réseaux sociaux, dans les bars, les maisons, les marchés… chacun  allait de son commentaire   tout en gardant à l’esprit la  fameuse date du 03 octobre  2016. Déjà, en mai à l’occasion de la fête du travail, les organisations syndicales, partenaires sociaux,  avaient déposé  les cahiers de doléances, au ministre de la fonction publique qui  l’a,  à son tour transmis à qui de droit. Au nombre des points  inscrits, il y a le recrutement des enseignants qualifiés sortis des écoles normales avant la reprise des cours, l’organisation des séances de recyclage à l’endroit des enseignants, la question relative au 1.25 que doit jouir les enseignants. Dans une interview, Martin Bakari, syndicaliste précisait que  personne ne peut dire  exactement si cette année scolaire ne sera pas jonchée de mouvements de revendications.  Pour justifier sa  position, il pointe du doigt les vieilles revendications   faites au  gouvernement de ‘’la Refondation’’ qui sont restées dans l’ombre depuis des années. A  le suivre, la solution pour  un retour dans les écoles sans équivoque  est que Patrice Talon  honore les engagements de l’ancien président Boni Yayi.

 La Ctsb radicale, le gouvernement fonce

Des négociations faites  environ à deux semaines de la rentrée,  le pouvoir de ‘’la Rupture’’ a pu accorder les violons avec  la quasi-totalité des centrales et confédérations syndicales sauf la Cstb qui a opposé un refus catégorique et n’a pas signé  la charte nationale sur le dialogue social. Le gouvernement,  dans  la perspective de l’apaisement,  a pris d’importantes décisions pour garantir un enseignement de qualité aux élèves.  C’est dans cette veine que des Directeurs dont leurs écoles ont donné de mauvais résultats (0%) à l’examen du Certificat d’études primaires (Cep) ont été relevés  de leurs fonctions  avec la nomination de nouveauxresponsables. Tout cela accompagné de  la promesse de recrutement de trois mille six cent un (3601) enseignants.

 Par ailleurs, le mercredi 21 septembre 2016, la Cstb fait une déclaration angoissante.  A suivre la Confédération, la rentrée scolaire prévue pour le lundi 03 octobre 2016 dans l’enseignement primaire et secondaire et pour mi-octobre pour le supérieur, provoque assez d’angoisse au niveau des parents d’élèves, des élèves, des étudiants, et des enseignants.  Elle estime que face à la ruine unanimement constatée de l’école, le nouveau  gouvernement ne préconise aucune solution sérieuse.  En l’absence de solution, la situation est ainsi irrémédiablement compromise.  Fidèle à son entendement, elle formule son mécontentement en une liste de questionnaire. « Avec les échecs massifs révélateurs d’un grand malaise au niveau de l’école, comment peut-on effectuer cette rentrée scolaire sans régler la crise à l’Uac ? Sans régler les problèmes de reclassement des enseignants contractuels qui sont détenteurs de diplômes professionnels à titre payant ? Sans régler le problème des vacataires qui constituent plus de 80 % de l’effectif des enseignants du secondaire ? Sans le recrutement des enseignants dont le manque criard est aggravé par des milliers de départs à la retraite le 1er octobre prochain ? Avec, encore, les Nouveaux programmes d’études malgré les dégâts que ceux-ci ont causé ? Avec le système Lmd encore reconnu même par des experts internationaux comme étant inadapté aux réalités béninoises, au dernier séminaire de Bohicon tenue  la semaine écoulée ?  En fermant des écoles qu’on prétend fusionner avec d’autres écoles pour raison de manque d’enseignants ? Sans régler le problème des milliers d’enseignants contractuels, communautaires, éducateurs et éducatrices, qui sont sans contrat et sans salaire depuis près de dix (10) ans ? Sans régler le problème de la sortie des actes des milliers d’enseignants ? ; Avec une carte universitaire irrationnelle et inadaptée ? », demande la Cstb avant de conclure : « Une rentrée scolaire effectuée dans ces conditions ne sera rien d’autre qu’un gâchis orchestré par le  gouvernement et dommageable pour le pays. La rentrée scolaire ne peut être apaisée avec les conditions décrites plus haut. Encore qu’une rentrée apaisée n’est pas synonyme d’une année scolaire apaisée, encore moins d’une année scolaire réussie. Aucun acteur de l’école n’accepte que la rentrée s’effectue dans ces conditions. Ce sont pour toutes ces raisons que la Cstb lance un appel à tous les acteurs de l’école (enseignants, parents d’élèves, élèves et étudiants) à prendre leurs responsabilités en prenant toutes  sortes d’initiatives afin d’amener le gouvernement à prendre en  compte leurs aspirations profondes  pour sauver l’école et effectuer une rentrée scolaire et universitaire qui conduit à des résultats satisfaisants ».

La Cstb ne lâche pas

Comme-ci la déclaration ne suffisait pas pour convaincre  l’équipe  gouvernementale qui  a fait la sourde oreille   en procédant à des les mutations des enseignants dans le primaire et le secondaire, un point de presse a été organisé  le 26 septembre à la Bourse du travail. A l’occasion  de ce rendez-vous avec la presse,  le Secrétaire général de la Cstb, Paul Essè Iko, très mordant dans  son analyse   soutient que les conditions d’une rentrée apaisée et d’une année scolaire sans anicroche ne sont pas encore réunies.  Ses récriminations sont allées au-delà du contenu de la déclaration du 21 septembre 2016. Il liste comme problème  à régler, le reclassement des enseignants contractuels qui sont détenteurs de diplômes professionnels à titre payant, la mise en formation des instituteurs titulaires de maitrise en service dans les lycées et collèges du Bénin sans formation professionnelle, les mesures arbitraires telles que la fermeture de certaines écoles et lycées et le déchargement de six cent dix-huit directeurs pour des raisons de mauvais résultats au Cep, édition 2016. Le conférencier dans sa logique à lui, posa la question de suivante : « a-t-on le droit de s’attendre à une année scolaire et universitaire apaisée ? « Une rentrée scolaire effectuée dans ces conditions ne sera rien d’autre qu’un gâchis orchestré par le gouvernement ; ce qui est dommageable pour le pays », se désole-t-il avant de convier les acteurs éducatifs à prendre leurs responsabilités par  toutes sortes d’initiatives afin d’amener le gouvernement à prendre en compte leurs aspirations profondes pour sauver l’école et effectuer une rentrée scolaire et universitaire qui conduira à des résultats satisfaisants.

(Suite dans la parution du mercredi)

Bienvenue Agbassgan

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