Quel crédit pourrait-on accorder à l’appréciation de l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, Achim Tröster, qui estime que les réformes au Bénin depuis 2016 sont bénéfiques pour le pays ? Cette préoccupation a focalisé les attentions sur la chaîne de télévision E-Télé hier jeudi 10 juin 2021. Pour le Consultant politique et Expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, c’est une appréciation de très grande portée. Lire des extraits de son analyse.

 « …En fin de mission au Bénin, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne est allé faire ses civilités au chef de l’Etat. Face à la presse, Achim Tröster a confié qu’il est surtout impressionné par la nouvelle dynamique qui a cours sous la gouvernance du président Talon, ce grand sérieux et cette grande discipline à mettre en œuvre des réformes rigoureuses qui faisaient parfois grincer des dents, mais qui s’avèreront bénéfiques pour le pays. A mon avis, c’est une appréciation de très grande portée lorsqu’on analyse globalement les événements de ces derniers mois. N’oublions pas qu’on a passé du temps à décrypter le message du Secrétaire d’Etat américain après la Présidentielle du 11 avril 2021. N’oublions pas aussi qu’à cause de ceux qui recherchent désespérément ou avidement des lettres de félicitations après l’élection du président Patrice Talon, on a dû passer du temps à commenter un message du président français Emmanuel Macron. Aujourd’hui, lorsque vous avez un diplomate européen, et pas n’importe lequel, celui de la puissance de l’Union européenne qu’est l’Allemagne, qui tient des propos du genre, cela vous rassure… »

Rien de surprenant

« …Il n’y a rien de surprenant. Les Béninois qui sont au pays savent que depuis 2016, les réformes se font de façon sérieuse et pour le Bénin de demain. Je pense que c’est l’une des meilleures consécrations que le président Patrice Talon a pu avoir depuis qu’il est en place. Quand vous entendez cela, vous pouvez être fier. Car, pendant que certains sont au dehors et travaillent à noircir l’image du pays, ceux qui sont à l’intérieur, comme l’ambassadeur de l’Allemagne au Bénin qui vient de passer 4 ans exactement, sont satisfaits de ce qui est fait. Il est venu au Bénin au moment où les réformes se mettaient en place. Il a donc eu l’occasion de les suivre, de suivre les bouleversements structurels, conjoncturels et également les bouleversements sociétaux. Il a eu le temps de les analyser, parce qu’un ambassadeur n’a pas nécessairement un regard de spectateur. Il a un aussi un regard analytique sur les faits. Il a l’obligation de donner sa lecture sur la gouvernance du pays, puisque, de temps en temps, il doit faire un rapport de sa lecture du pays hôte… »

Pas besoin d’appréciation pour avancer

« …En principe, un Chef d’Etat n’a pas besoin de l’appréciation de quelqu’un pour dérouler son programme d’actions. Lorsque vous êtes sûr de ce que vous faites, vous respectez la constitution et les lois de votre pays qui ne sont pas en déphasage avec les standards mondiaux, vous pouvez avancer. Lorsqu’on prend les indices par exemple, c’est le regard que les autres ont sur notre pays. Ce n’est pas à négliger, mais ce n’est pas le facteur le plus déterminant pour avancer. Le facteur déterminant, c’est celui qui est aux commandes et l’objectif qu’il veut atteindre. À partir du moment où il est sûr de ce qu’il veut faire pour le développement de son pays, il lui revient d’avancer pour montrer à ses compatriotes qu’il avait raison. Depuis 2016, il y en a qui ont cru et qui disent que c’est du sérieux. Il y en a qui étaient à l’extérieur et qui avaient une mauvaise appréciation de ce qui se fait. Mais, depuis qu’ils sont revenus, ils ont compris qu’ils avaient une mauvaise appréciation et que le Bénin change. Je crois que c’est progressivement que les autres vont se rendre compte que c’était dans la durabilité… »

Un connaisseur

« …Quand une telle appréciation vient de l’ambassadeur d’Allemagne, cela n’étonne guère parce que nous entrons dans une affaire de culture. En effet, un pays comme l’Allemagne, en 1945 était un pays totalement dévasté. Mais aujourd’hui, elle est la première puissance européenne. Et quand on le dit, il suffit d’y aller pour voir comment les Allemands fonctionnent, leur structure politique, la rigueur avec laquelle ils fonctionnent, travaillent, analysent, jugent. La grève, ce n’est pas la première des choses à laquelle pense un Allemand. Or, ici au Bénin, la première des choses auquel pense le fonctionnaire d’Etat, c’est la grève, parce qu’il a copié ses ancêtres français. C’est pour dire que le regard que vous portez sur les autres dépend de votre niveau de culture et de votre maîtrise de ces sujets-là. Achim Tröster qui a porté ces jugements là sur le Bénin est un connaisseur… »

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