Le réquisitoire de l’ancien ministre de l’Economie et des finances, Komi Koutché, contre le Nouveau départ sur Rfi le vendredi 14 mai 2021 n’a pas laissé indifférent les acteurs et analystes politiques béninois. Au nombre de ceux-ci, Antoine Adoukonou du Bloc républicain (Br), Jules Léandre Kiti de l’Union démocratique pour le développement d’un Bénin nouveau (Udbn), Rémi Agossou de la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), Léon Koboudé, communicateur politique, Mohamed Liamidi, analyste politique et Prudent Nasséhou, éditorialiste à Tado Fm. Ils ont exprimé leur étonnement et consternation face aux propos de l’ancien argentier national qui a déclaré entre autres, n’avoir appelé qu’à des manifestations pacifiques non violentes, mouchoirs en main et traité l’Armée de son pays de milice. Lire leurs réactions.

Antoine Adoukonou, membre du Br : « Cela m’étonne que l’ancien ministre Komi Koutché dise qu’il n’a fait qu’un appel pacifique»                   

« Cela m’étonne que l’ancien ministre Komi Koutché dise qu’il n’a fait qu’un appel pacifique en demandant aux gens de prendre sifflets et mouchoirs. Il a juste dit quelque chose pour pouvoir s’en sortir parce que ce n’est pas avec des mouchoirs qu’on pourra faire partir le président de force ou de gré le 5 avril à minuit. Ce n’est pas en sifflant que le président de la République va quitter le pouvoir. Lorsqu’on ne s’organise pas, à l’arrivée, on trouve toujours que les institutions sont à la solde du pouvoir en place. Il n’est pas le premier à le dire. C’est le leitmotiv de toute l’opposition en Afrique. L’opposition n’est jamais prête à reconnaître ses faiblesses pour se préparer aux joutes à venir. On veut toujours rejeter le tort sur les autres. Je pense que Komi Koutché n’a pas raté le coup. Il est resté dans la même posture de ne reconnaître que leur malheur ne provient que de l’autre. Entre ce qu’il veut et ce qu’il a dit, quand vous faites l’écart, vous comprenez en réalité qu’ils sont les principaux auteurs sous réserve que la justice ne nous éclaire ce qui est arrivé ». 

 

 

Rémi Agossou, membre de la Fcbe : « Il faut que la jeunesse sache suivre l’homme politique »  

 

« L’ancien ministre Komi Koutché est un leader que j’aime bien et que j’ai suivi depuis 2006 et que je continue de suivre même si nous ne partageons pas les mêmes points de vue aujourd’hui. C’est comme une déception le sentiment qui m’anime après l’avoir suivi le vendredi 14 mai 2021 sur Rfi. Cela fait 15 ans que j’ai l’ai suivi. Je l’ai pris comme un exemple qui a toujours déconseillé à la jeunesse de sortir manifester dans la rue, manifesté contre un homme politique. Que celui-là se retrouve à l’extérieur avec toute sa famille et lance cette jeunesse dans la rue, j’ai tiré comme conclusion après l’avoir écouté qu’il faut savoir suivre l’homme politique. C’est en cela que je m’adresse à la jeunesse béninoise. Il faut qu’elle sache suivre un leader politique. Un leader qui ne peut pas resté constant dans ses déclarations, n’est pas un bon leader ».    

Jules Léandre Kiti, porte-parole de l’Udbn : «  Sa sortie a été une grosse erreur de communication politique »

 

« Sa sortie a été une grosse erreur de communication politique. Cela a même tué le minimum qu’on pouvait encore utiliser pour nourrir une certaine fierté vis-à-vis de lui par exemple à ce qu’il venait juste de décrocher son doctorat en économie aux Etats-Unis et venant d’un compatriote, ce n’est pas rien. Il faut qu’il se rappelle qu’il est jeune et que ce n’est pas en déstabilisant ce pays ou en peignant ce pays en noir, qu’il va être heureux. S’il n’avait pas besoin du Bénin, il n’allait pas se gêner. Il allait juste rester aux Etats-Unis dans son eldorado. C’est parce qu’il a compris que c’est son terre natale, et c’est là que se trouve l’aberration dans ses propos concernant la justice. Si la justice était en faveur de lui et de tous ceux qu’il appelle les exilés, c’est qu’il y aurait justice. S’il se met à la disposition de la justice, ce qu’il ne fait pas, et que les autres qui sont interpellés ont des avocats qui les défendent bien et qu’on se rende compte qu’il n’y a pas de preuves suffisantes pour les condamner, pourquoi va-t-on les condamner ? Ils vont être relaxés purement et simplement ».     

 

Léon Koboudé, communicateur politique: « Traiter notre Armée de milice, c’est un manque de respect pour la République »          

 

« C’est clair que quand on rejoue les vidéos de Monsieur Komi Koutché le 5 avril demandant aux Béninois d’envahir les rues, évidement, ce n’était pas un appel pour une partie de danse ou de plaisir. Traiter notre Armée de milice, c’est un manque de respect pour la République. Je crois qu’il gagnerait déjà en sortant un communiqué pour retirer ce mot. Notre Armée n’est pas une milice. Notre Armée est une Armée républicaine qui protège les citoyens. Ce n’est pas parce que certains sont mécontents que d’autres doivent subir leur mécontentement. Ce qu’on peut ensuite reprocher à Komi Koutché, c’est de n’avoir pas donné le ton quand il y a eu débordement de ces manifestations. On est clairement en face d’une irresponsabilité car ce n’est pas parce qu’on est opposant qu’on peut rester sourd face aux débordements. C’est le moment pour lui de retrouver le chemin républicain et de reconnaitre que le Bénin est en train de faire des efforts au plan des réformes et qu’il nous faut ces réformes pour aller de l’avant ». 

 

Mohamed Liamidy, analyste politique : « La culture de l’alternance est ce que nous devons prôner et non la violence »            

 

« La violence n’a pas sa place en démocratie. L’élection présidentielle était une occasion pour tous ceux qui pensent que le principe démocratique était encore maintenu d’appeler le peuple de l’opposition qui n’est pas d’accord avec le système en place à manifester son mécontentement à travers les urnes. La culture de l’alternance est ce que nous devons prôner et non la violence ». 

Prudent Nasséhou, éditorialiste à Tado Fm: « Komi Koutché aurait réussi sa sortie, s’il avait d’abord condamné ces actes » 

 

« Komi Koutché aurait réussi sa sortie, s’il avait d’abord condamné ces actes et demandé à la justice de faire son travail pour élucider les auteurs, les complices et co-auteurs et les initiateurs. Malheureusement, il a pris un raccourci, c’est-à-dire indiqué qu’il s’agit de milices au profit du gouvernement. C’est assertion qui apparaît comme une incantation. Komi Koutché veut se racheter une certaine honorabilité et peut-être aussi se victimiser quand il sera éventuellement cité dans le cadre des enquêtes judiciaires. Il dira : « je vous l’avais dit, je suis persécuté, on m’accuse à tort. Pour une acteur politique de son rang, on aurait souhaité qu’il prenne de la hauteur par rapport à la République et qu’il dissocie le combat des hommes du combat républicain qui est lié à tous les Béninois et va pouvoir orienter vers les bonnes causes ».     

 

Source : Télévision national

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