Jusque-là attendu après l’annonce de la volonté affichée du président Patrice Talon de se réconcilier avec lui, le chantre du Changement et de la Refondation a réagi hier, mercredi 16 décembre 2020 au cours de la présentation du récépissé du parti « Les Démocrates » dont il est le président d’honneur. En lieu et place de la main tendue de son successeur, Yayi Boni préconise un dialogue national avant la Présidentielle de 2021 alors que le pays n’est pas en crise.

L’ex-chef de l’Etat nourrit une vaine espérance. Yayi Boni a appelé son successeur au Palais de La Marina à un dialogue national avant la Présidentielle de 2021 pour discuter des problèmes du Bénin. Pour lui, « le moment est venu de réunir toutes les bonnes volontés, quelles que soient leurs origines politique, idéologique ou ethnique pour donner un nouvel élan à notre destin national dans l’union sacrée de cette nation ». Cette déclaration a retenu l’attention de plusieurs Béninois. Ces derniers conçoivent mal qu’à l’heure où les signaux sont au vert et que le pays poursuit sa marche vers le développement, l’ancien président de la Banque ouest africaine de développement (Boad) en arrive à parler de « nouvel élan à un destin commun ». Ce nouvel élan au destin commun fait partie intégrante des actions menées depuis 2016 à travers toutes les réformes aussi bien économiques que politiques entreprises qui visent un mieux-être des Béninois. C’est donc une utopie que de penser à une autre assise après le dialogue politique d’octobre 2019 organisé pour aplanir les divergences et repartir sur de nouvelles bases. Malheureusement, l’opposition excepté la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), avait boycotté cet important rendez-vous qui a permis de panser les plaies issues des Législatives d’avril 2019 et de tourner cette page de l’histoire politique du Bénin. Pour embrouiller comme il en a l’habitude, l’ex-chef de l’Etat n’a pas manqué d’invoquer Dieu. « Dieu, le père céleste, créera les conditions pour que nous puissions reprendre le dialogue entre nous, tous les fils de ce pays, pour que nous puissions nous parler pour trouver solution à ce que vous connaissez », a-t-il confié faisant ainsi allusion à la réforme du système partisan. Plus grave, l’ancien locataire du Palais de la Marina, Yayi Boni, s’exprime au nom du peuple béninois qui réclamerait « le retour de la démocratie et de l’Etat de droit, du respect des droits de l’Homme et des libertés démocratiques », a indiqué Boni Yayi ». La démocratie béninoise se porte aujourd’hui mieux que sous les régimes du Changement et de la Refondation. En témoigne par exemple le classement 2020 de l’Indice Mo Ibrahim qui a reconnu les efforts du Bénin en matière de démocratie et de bonne gouvernance. En effet, le pays est hissé 2ème dans l’Uemoa, 4ème dans la Cedeao et 13ème en Afrique. Ce n’est donc pas une incantation encore moins de la démagogie. C’est une réalité. En termes de droits de l’homme, même si des efforts restent à fournir, la situation du Bénin n’est pas alarmante en comparaison à d’autres pays. Faire croire le contraire n’est que de la malhonnêteté. Pour rappel, le Bénin n’est pas en crise. Toutes les institutions fonctionnent normalement. Les élections sont organisées à bonne date. Le prochain scrutin, la Présidentielle est prévue pour le 11 avril 2021. Le processus enclenché suit son cours. L’ancien président de la République ne peut donc pas demander un dialogue national et exiger que ses anciens collaborateurs Valentin Djènontin et Komi Koutché qui ont maille à partir avec la justice y participent.  Le Bénin étant un Etat de droit, chacun doit pouvoir répondre de ses actes dans la gestion de la Cité.

 

Abdourhamane Touré

 

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