L’ancienne ministre de la Justice Reckya Madougou est sous mandat de dépôt à la prison civile d’Akpro-Missérété depuis vendredi 5 mars 2021. Son emprisonnement fait suite à son arrestation le mercredi 3 mars 2021 à Porto-Novo dans l’affaire « Association de malfaiteurs et terrorisme » et à sa comparution devant le juge de la détention et des libertés.

Reckya Madougou séjourne à la prison civile d’Akpro-Missérété depuis le vendredi 5 mars 2021. L’ancienne ministre de la Microfinance de Yayi Boni a été placée sous mandat de dépôt après sa présentation au Juge de la détention et des libertés. Son incarcération est intervenue après sa deuxième comparution devant le Procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) dans l’affaire « Association de malfaiteurs et de terrorisme » dans laquelle elle serait impliquée. Dans la journée du vendredi, elle a été auditionnée par trois magistrats de la Commission d’instruction de la juridiction spéciale. A cette occasion, la prévenue n’a pas reconnu les faits mis à sa charge. Sa défense assurée par les avocats Nadine Sakponou Dossou et Victorien Fadé ont rejeté les accusations contre leur cliente. Pour faire toute la lumière sur l’affaire, un mandat de dépôt a été délivré par la Criet. Tout comme elle, les deux principaux co-accusés à savoir l’ex-colonel de la Gendarmerie à la retraite, Ibrahim Mama Touré, et l’ancien directeur des domaines, Georges Sacca, ont été aussi placés sous mandat de dépôt. Un policier a été également incarcéré dans l’affaire. Selon nos informations, il est poursuivi pour abus de fonction car aurait fourni aux personnes impliquées dans l’affaire, des informations sensibles.

Le prix de la naïveté politique payé

Reckya Madougou se croyait intouchable. L’ancienne Garde des sceaux a oublié que la politique n’est pas un jeu d’enfants. Poussée par de prétendus soutiens du parti « Les démocrates » et de pseudos politiciens à monter dans le landerneau politique, elle lime ses dents derrière les barreaux en attendant qu’elle ne soit fixée sur son sort. Joël Aïvo, Yayi Boni, Eric Houndété et Cie ont fait croire à l’ancienne conseillère spéciale du président Faure Gnassingbé, ce qu’elle n’est pas. Les propos du genre « Je ne te laisserai pas Reckya » du constitutionnaliste béninois ont monté la tête à Dame Madougou qui savait pertinemment qu’elle était sur un terrain glissant : la défiance de l’Etat.  En sa qualité de consultante internationale, Reckya Madougou devrait savoir que la participation à une élection dans toutes les démocraties au monde répond à des normes. Visiblement, la naïveté politique de l’ancienne Garde de sceaux l’a empêché de se rendre à l’évidence qu’elle était poussée par des compagnons politiques dans un labyrinthe duquel toute sortie serait quasiment impossible. Désormais seule face à son destin entre les quatre mûrs de la prison, elle l’aurait appris à ses dépens. Au Bénin, la participation à l’élection présidentielle se fait conformément aux dispositions du Code électoral et de la Constitution. Se conformer à une partie de la loi et boycotter d’autres est un choix délibéré. Il faut l’assumer jusqu’au bout. Ne pas le faire et se lancer dans des initiatives attentatoires à la paix comme celles exposées par un procureur spécial de la Criet est suffisamment grave dans un Etat de droit. Il va falloir que la justice qui est déjà à pied d’œuvre situe les responsabilités et décourage au grand jamais de pareilles initiatives.

 

Abdourhamane Touré

 

 

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