La mise aux arrêts et la détention provisoire de la candidate recalée du parti « Les démocrates » à l’élection présidentielle du 11 avril prochain suscite moult réactions et interprétations au sein de l’opinion publique. Quelques personnes interrogées ont accepté de donner leur avis. Elles exigent de la justice toute la lumière pour que les responsabilités puissent être situées.
Casimir Kanakin, administrateur des finances et trésor :      « Gardons notre sang froid et faisons confiance en notre justice »
« Les institutions au Bénin fonctionnent de manière autonome et très efficace. C’est le lieu de saluer le sens de la mission républicaine de ces dernières qui font la fierté de la maturité démocratique de mon beau pays le Bénin. Par rapport à l’arrestation et à la détention préventive de l’ancienne ministre Reckya Madougou, permettez-moi de saluer l’efficacité de la Police républicaine, des services de renseignements et de la justice qui par leur expertise, ont su anticiper pour éviter le pire à la Nation béninoise. N’eut été leur vigilance, notre beau pays allait basculer dans une violence non-maîtrisable. Rendons grâce à Dieu car il aime notre pays. Les noms cités dans cette affaire, ne sont pas des noms inventés. Mieux, les intéressés sont encore vivants et ont témoigné devant la Police avant qu’ils ne soient présentés au procureur spécial de la Criet. Donc, laissons la justice fait son travail et que les mises en causes utilisent le droit à la défense. Il ne faudrait pas que les gens dramatisent ce dossier en le confondant à un dossier politique. La politique n’a rien à y avoir. C’est une question de sûreté de l’Etat. Gardons notre sang froid et faisons confiance en notre justice. Pour finir, je salue l’esprit de clairvoyance de la jeunesse béninoise qui a grandi en maturité. Elle ne se laisse plus emballer dans l’autodestruction. Bravo à cette digne jeunesse. Qu’elle garde ce calme jusqu’à prochaine élection afin que le Bénin triomphe par le bon fonctionnement de ses Institutions ».
Paulin Kohoué, conducteur de taxi-moto : « Que l’on aille au bout du dossier pour nous permettre de voir clair »
« Ce que je pense, c’est que l’on aille au bout du dossier et que l’on voit clair parce que Modeste Kérékou a parlé. Si Reckya Madougou n’a rien dit ou n’a rien fait, on ne peut pas l’arrêter. Il faut que le procureur spécial près la Criet poursuive le dossier jusqu’à la fin. Notre pays, le Bénin n’aime pas la guerre, ni la violence. J’espère qu’ils vont rester calmes pour voir comment la justice va traiter l’affaire. La classe politique doit revoir sa copie notamment les partis politiques qui ont été recalés pour l’élection présidentielle du 11 avril. Ce n’est pas encore la fin du monde ».
Aïounou T. Pierre, conseiller communal à Dogbo : « On ne doit pas faire de bruit autour de ce dossier »   
« Je pense qu’on ne doit pas faire de bruit autour de ce dossier. On devrait attendre que la justice fasse son travail. Au moment de son interpellation, je crois qu’elle n’était pas seule dans le véhicule. Ils étaient trois candidats recalés de la course à la Présidentielle. Mais, si c’est elle seule qui a été arrêtée et pas les autres à savoir le professeur Joël Aïvo et l’ambassadeur Moïse Kérékou, c’est certainement pour des raisons. Sans doute qu’il y a des indices étaient contre elle ».
Dadah Adjahouto Dodo 2 Pkodjeto Boadinhwè : Empereur des Aïzo « J’invite le peuple
 au calme » 
« L’affaire Reckya Madougou étant pendante devant la justice, j’invite tout le peuple béninois au calme et lui demande de faire confiance en la justice et de la laisser faire la lumière sur l’affaire. »
Bienvenue Agbazagan, journaliste : « Si vous êtes noir ou blanc, c’est la justice qui donnera votre couleur » 
« Ce qu’il faudrait savoir dans le dossier de Reckya Madougou, c’est le cours normal de la procédure, mais quand vous prenez le Code de procédure pénal en République du Bénin, vous allez remarquer que tout ce qui a été appliqué est en adéquation avec ce qui est prévu. Moi, je ne pense pas à l’acharnement politique. Dans une République, c’est comme des uns, les autres et les etc. Mais si c’était un citoyen lambda qui a été cité dans une affaire, on va l’appeler. Ce n’est pas parce qu’on est politicien qu’on va rester sous cette couverture pour pouvoir dire que c’est de l’acharnement politique. Moi, je ne vois pas l’acharnement politique. Si vous êtes noir ou blanc, c’est la justice qui donnera votre couleur. Il faut que des gens cessent avec cette philosophie là. Quand un politicien de l’opposition est impliqué dans une affaire, on va commencer par dire que c’est de l’acharnement politique. Ce que je sais, si Reckya Madougou n’est pas impliquée dans cette affaire, la justice va le dire. Le système judiciaire béninois est toujours dans son objectivité. En tout cas, pour moi, elle a été ministre de la justice, elle devrait mieux connaitre le système ».
Gisèle Ahoussi, sociologue : « Une femme est censée apporter la paix dans une société désorganisée »
« Comme l’a dit Magaret D. Nadauld, « La joie d’être femme », Le Liahona, janvier 2001, p. 18 je cite : « Le monde compte suffisamment de femmes dures, nous avons besoin de femmes tendres. Il y a assez de femmes brutales, nous avons besoin de femmes gentilles. Il y a assez de femmes grossières, nous avons besoin de femmes raffinées. Il y a assez de femmes célèbres et riches, nous avons besoin de plus de femmes qui ont la foi. Nous voyons assez de cupidité, nous avons besoin de plus de bonté. Nous voyons assez de vanité ; nous avons besoin de plus de vertu. Nous avons assez de popularité ; nous avons besoin de plus de pureté… » Nul n’est au-dessus de la loi, et je ne vois rien de mal dans l’arrestation de Madougou. Et une femme est censée apporter la paix dans une société désorganisée. Malheureusement Madougou n’a pas eu cette sagesse. En tout cas, comme le dossier est dans la main de la justice, laissons-la faire son travail ».
Delphin Gangana, acteur politique : « C’est à la justice de pouvoir décanter la situation »
 « Le jour de l’interpellation, il y avait même deux ou trois autres candidats qui étaient dans le même véhicule que celle qui a été arrêtée. Or, parmi ces candidats avec qui elle était, il y en a ceux qui avaient commencé ce combat depuis des mois voire des années. Depuis 2017, Joël Aïvo était déjà sur le terrain, mais on ne l’a jamais interpellé. C’est un peu comme on dit, il ne peut pas avoir de fumée sans feu. C’est à la justice de pouvoir décanter la situation pour dire qui a fait quoi et quand. Parce qu’il paraît qu’il y a des gens qui ont fait des aveux et qui ont accusé. La seule manière de pouvoir laver son honneur, c’est d’aller faire face à ceux-là pour dire je n’en suis pour rien. Donc, on laisse la justice faire son travail pour qu’à la fin chacun soit dégagé ».
Théophile Hounsoulin, administrateur d’action culturelle à la retraite : « Elle ne peut pas être arrêtée sans avoir commis un impair » 
« L’arrestation de dame Reckya Madougou n’est pas la première. Elle ne peut pas être arrêtée sans avoir commis un impair, sans avoir enfreint aux lois de la République. S’il est arrivé que Reckya cherche à troubler la quiétude du peuple ou cherche à perturber l’élection présidentielle du 11 avril prochain, il y a de quoi la mettre dans un lieu sécurisé ».
Jacques Migan, ancien bâtonnier : « Cette interpellation ne veut pas dire que Madame Madougou est condamnée »   
« Nous sommes dans un Etat de droit. Un Etat de droit repose sur des lois et tous les citoyens doivent respecter ces lois. Nul n’est au-dessus de la loi. Conformément  à la Constitution, nous sommes libres et égaux devant la loi. Monsieur le procureur spécial près la Criet a donné un point de presse au cours duquel il a expliqué des faits. Il a déclaré à travers ces faits que : « de l’aveu du colonel Ibrahim Mama Touré, chargé de l’exécution de la mission, il ressort que cette somme a été envoyée par Madame Reckya Madougou. Ce citoyen a été interpellé. Lors de l’interrogatoire,  il a évoqué le nom de l’ancienne ministre. Il va donc de soi que le procureur convoque cette dernière pour l’écouter à travers un mandat d’amener. Cette interpellation ne veut pas dire que Madame Madougou est condamnée ou a fait ce que dit Ibrahim Mama Touré. Il faudrait que nous restions coller aux déclarations du procureur spécial et des avocats ».
Dimitri Adankpo, chargé de mission du président de l’Assemblée nationale : « J’attends que la Justice fasse son travail »
« Je compatis à la douleur de dame Reckya Madougou, une citoyenne, une Béninoise et un être humain en difficulté. L’intéressée s’est présentée une fois en public pour poser des problèmes liés à la justice. Elle a dit détenir des preuves sur elle. Elle a déclaré détenir la preuve que les libertés sont piétinées. Elle confié publiquement qu’il a été interdit à des gens qui devraient lui remettre le parrainage de le faire. Elle a dit qu’elle en a les preuves. Elle a dit qu’elle a des captures d’écran. Dès lors, le boulevard est ainsi ouvert à la justice. Les mêmes (opposants) pouvaient dire si la justice ne faisait rien, comment fonctionne la justice du pays pour qu’on soulève un dossier aussi délicat et elle n’a pas daigné réagir. Je crois que c’est que la justice est en train de faire en ce moment. Elle veut savoir et encore plus puisqu’il y a eu beaucoup de déclaration. Après la réaction de dame Madougou, il y a eu d’autres réactions. Il fallait clarifier et c’est sur ce chemin que nous sommes. J’ai entendu le ministre Modeste Kérékou parlé de captures d’écran. J’ai entendu Rachidi Gbadamassi dire que telle chose est contestable. J’attends que la justice fasse son travail et que le procureur aille jusqu’au bout. J’attends que les avocats de l’intéressé montent au créneau et la défendent comme cela se doit. J’attends aussi que dame Madougou se défende comme cela se doit et que finalement la justice tranche pour que ceux qui doivent être gardés le soient et que ceux qui doivent être libérés recouvrent leur liberté ».
Geoffroy Kossou, suppléant du député Rosine Dangniho :   « Si la justice estime qu’elle n’est pas coupable, elle sera libérée »
« Le dossier étant en instruction, je vais demander à l’opposition de laisser la justice faire son travail puisqu’il est reproché à dame Madougou de vouloir déstabiliser le pays. Si la justice estime qu’elle n’est pas coupable, elle sera libérée. Si elle est coupable, elle sera condamnée. Quand vous prenez la conférence de presse de Porto-Novo, regardez les termes employés. Ces termes ne sont pas à encourager. C’est comme si elle mettait de l’huile sur le feu. La conclusion, c’est qu’elle préparait à l’insurrection. Quand c’est comme cela, un Etat est dans l’obligation de la freiner dans son élan pour la paix et le développement ».
Alassane Soumanou, conseiller politique du parti Fcbe: « Que toute la lumière soit faite afin que nous comprenions ce qui s’est passé exactement »
« C’est avec regret que nous avons appris en tournée de sensibilisation, dans le Bénin profond, que notre camarade Reckya Madougou a été arrêtée. Nous voulons que toute la lumière soit faite afin que nous comprenions ce qui s’est passé exactement. Nous souhaitons qu’elle recouvre vivement sa liberté. Nous faisons confiance en notre justice parce qu’au Bénin, pour nous, l’élection présidentielle constitue une occasion de fête. Nous souhaiterons que tous ceux qui ont des intentions de troubler la prochaine Présidentielle, qu’ils réfléchissent et sachent que lorsqu’une guerre commence, où elle débute mais jamais où elle finit. On reconnaît toujours les premiers morts, mais on ne sait pas si on sera soit le dernier mort. C’est pourquoi nous lui souhaitons une prompte liberté pour que la démocratie aille de l’avant ».
Christhelle Houndonougbo, Da de l’Up : « J’ai pour elle la même compassion      que celle que j’éprouve pour tous ceux qui ont connu le milieu carcéral » 
« J’ai pour elle la même compassion que celle que j’éprouve pour tous ceux qui ont connu le milieu carcéral quelles que soit les raisons qui les y ont amené parce que j’ai connu la vie carcérale. J’ai d’ailleurs fêté la journée du 8 mars 2013 dans le milieu carcéral ».
Jacques Ayadji, président du Moele-Bénin : « Nous demandons à la justice de faire en sorte que toute la lumière soit faite sur ce sujet »
« Les faits à charge de dame Reckya Madougou sont préoccupants. L’affaire étant pendante devant la justice, un parti responsable comme Moele-Bénin ne saurait se prononcer sur un dossier qui est en instruction. Ce que je peux dire, vu la gravité des faits énoncés par le procureur spécial de la Criet, la requête de Moele-Bénin, c’est de demander à la justice de faire en sorte que toute la lumière soit faite sur ce sujet et de demander aux acteurs politiques, toutes tendances confondues, de laisser la justice travailler dans la sérénité pour la manifestation de la vérité. Souffrez-donc que ne n’aille pas dans les détails de ce sujet parce que nous sommes nés à Moele-Bénin pour contribuer à l’amélioration positive de ce que nous avons comme comportements publics à avoir. Une élection n’est pas une fin en soi. A Moele-Bénin, cela fait deux que nous avons été recalés à des élections. Nous n’avons pas voulu brûler le Bénin pour cela. Lorsque vous investissez en politique, c’est pour contribuer à l’idéal national, à l’amélioration des conditions de vie des concitoyens. Pour ce faire, ce n’est pas en détruisant ce qui est là, que vous allez y parvenir. En somme, le pouvoir ne devrait pas être une fin en soi. La fin ne doit pas justifier les moyens. Vous pouvez être recalés aujourd’hui et demain sera votre tour. Il suffit de voir l’exemple d’Abdoulaye Wade au Sénégal ou de Jacques Chirac en France pour comprendre qu’on peut attendre son tour ».

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