Le ministre de la Communication et de la poste s’est prononcé hier jeudi 4 mars 2021, sur l’interpellation de la candidate recalée à la Présidentielle du 11 avril 2021, Reckya Madougou sur la Deutsche Welle. Alain Orounla pense que l’ancienne ministre de la Justice a été arrêtée parce qu’il y a des indices suffisants et concordants qui l’incrimine. Selon le porte-parole du gouvernement, il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières. Lire ci-dessous, l’intégralité de sa déclaration.

Deutsche Welle : Monsieur le ministre, l’opposante qui fait partie du parti « Les démocrates », Reckya Madougou, a été interpellée le mercredi soir alors qu’elle revenait de Porto-Novo. L’opposition crie à l’acharnement et à des règlements de compte politique. Une réaction ?

 

Alain Orounla : Le gouvernement s’en tient au communiqué du procureur spécial près la Cour spéciale de répression des infractions économiques et du terrorisme qui a ouvert une procédure dans laquelle deux personnes sont passées aux aveux et ont reconnu avoir été mandatées moyennant finance par la personne interpellée pour commettre des exactions sur le territoire national. Ce sont des faits suffisamment graves sur lesquels le gouvernement a déjà alerté surtout en cette période sensible des élections où il se doit de garantir la sécurité des personnes, des candidats, la tranquillité, la paix et dérouler un processus électoral paisible, donc de prévenir tout risque d’acte de terreur. Il ne s’agit pas donc d’un acharnement mais d’une enquête normale, obligatoire qui est ouverte à la suite d’indices graves et concordants faisant craindre des actes de terreur dans notre pays. Je voudrais préciser que nous ne sommes pas du tout sur un terrain politique, ni sur un terrain électoral puisque la personne en question n’est plus dans la course pour la Présidentielle et n’avait aucune raison de continuer de proclamer que les élections n’auront pas lieu sans elle comme d’autres d’ailleurs si ce n’est que l’on a des motivations qu’il appartient aujourd’hui à l’enquête d’établir.

 

Est-ce que Reckya Madougou ne paie pas sa proximité avec l’ancien président Boni Yayi qui n’a pas de bonnes relations avec son successeur le président Patrice Talon ?

 

Ce sont des futilités, des choses qui n’ont aucune assise. Personne ne perd rien. Il n’y a pas délit de proximité dans notre pays encore que personne ne s’en prend au président Boni Yayi. Il s’agit d’une infraction grave dont nous avons des indices suffisants et concordants, des faits matériels sur lesquels la police et la justice ont le devoir d’investiguer. Il n’y a pas du tout d’arrière-pensée ni de procès d’intention mais il s’agit d’une enquête qui doit se dérouler en dépit de l’implication de certaines personnalités à connotation politique.

 

Est-ce que l’arrestation de Reckya Madougou ne vient pas donner du grain à moudre aux opposants qui disent depuis plusieurs années que le président Patrice Talon est devenu un dictateur ?

 

Personne ne réprime personne. Il faut bien le savoir. Quand on pose des actes répréhensibles, quand on est indexé par des malfaiteurs, qui ont reconnu quand même avoir ourdi un certain dessein et que la justice vous interpelle, il ne s’agit pas de règlement de compte, ni de réprimande. Il s’agit simplement de sauvegarder la paix dans notre pays, un processus électoral, que ces personnes à tort contestent et essayent de semer la panique et la polémique. Il ne faut pas faire des interprétations quand bien même je reconnais que ces personnes ont appelé ou tenu des propos incendiaires, déplacés compte tenu du contexte actuel, mais ce n’est pas une raison pour que le gouvernement ne prenne pas ses responsabilités  et protège l’intégralité des Béninois d’actes qui pourraient semer la panique.

 

Est-ce que dans ces conditions, la Présidentielle du 11 avril va se tenir dans les conditions optimales et d’apaisement ?

 

Evidemment ! Ce sont ces conditions optimales et d’apaisement que nous recherchons. C’est pour cette raison que nous sommes vigilants et que nous prenons au sérieux toutes les menaces et toutes les alertes que nous recevons et qui sont des alertes qui ne sont pas clandestines, et que c’est ouvertement que certaines personnes appellent à l’insurrection. Une fois qu’elles ont appelé à l’insurrection, ce qui en soit est déjà une infraction, les pouvoirs publics se doivent de garantir pour la tranquillité et la sécurité des Béninois de faire ouvrir autant d’information que cela sera nécessaire pour éviter que ces crimes ne se commettent et le gouvernement a déjà alerté. Il a mis en garde certains citoyens indélicats de ne pas se mettre au travers de la loi et de l’ordre.

 

Source : Deutsche Welle

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