Bertin Koovi a apprécié l’ordonnance de non-lieu délivrée par le juge d’instruction du 4ème cabinet du Tribunal de Cotonou. Interrogé le lundi 16 août 2021 par la radio Océan Fm, il a déclaré que cette décision montre que nous sommes dans un pays où la justice ne cherche pas forcément à incarcérer les citoyens. Selon lui, quand la justice vient à incarcérer un Béninois, c’est parce qu’elle estime que celui-là est dangereux pour la société ou pour lui-même. Ci-dessous publiée l’intégralité de son intervention.

« Effectivement le 21 mai 2021, le juge en charge de mon dossier au tribunal de première instance de Cotonou, après m’avoir auditionné a pris une décision de  non-lieu. Maintenant, à votre question de savoir si ça voudrait dire que la justice n’avait rien contre moi ou m’avait poursuivi inutilement, je ne dirai pas cela puisque moi-même j’ai fait plus de 3000 audios. Vous les avez écoutés et maintenant quand vous prenez mes audios, ils ont connu plusieurs phases. Vous vous rappelez que j’avais fait un audio le 11 janvier  2019 depuis le Brésil accusant le  président Patrice Talon. Le 13 janvier 2019,  j’ai fait un autre audio demandant pardon et démentant le premier audio parce qu’en réalité nous nous sommes à l’étranger et nous parlons en fonction des informations que nous avons. Et quand j’ai eu des informations contraires, J’ai eu le courage de me dédire. Trouvez-moi un seul activiste ou homme politique au Bénin qui peut avoir le courage de revenir devant les populations et dire je m’étais trompé, j’avais menti, pardonnez-moi. Moi Koovi je l’ai fait, mais écoutez, ça compte  justement. Il y a des audios où j’ai répondu à l’appel d’autres autorités. Mais vous savez, l’eau a coulé sous le pont, ce n’est pas aujourd’hui qu’on mettra encore de l’huile sur le feu. Il y a eu un audio  que plusieurs ont incriminé, mais cet audio a été fait en réponse à une autorité qui a tenu des propos qui m’ont poussé aussi à répliquer. D’ailleurs, c’est ce qui a fait que la justice de la Guinée équatoriale m’a libéré parce qu’elle s’est dite que ce pays est devenu fou. Voici ce que dit une autorité et comment peut-on reprocher à un citoyen s’il répond à une autorité. On a fait la paix et je voudrais m’en tenir à la paix. Qu’est-ce que je pense de cette décision ? La décision montre que nous sommes dans un pays où la justice ne cherche pas forcément à incarcérer les citoyens. Quand la République en arrive à incarcérer un Béninois, c’est parce qu’elle estime que celui-ci est dangereux pour la société, ou pour lui-même. On le met un temps en prison ou en détention, soit pour le protéger de lui-même, soit pour protéger la République. N’oubliez pas que moi Koovi, j’ai fait 6 mois de détention en Guinée équatoriale. Maintenant ceux qui croient que c’est le président Patrice Talon qui m’a fait arrêter, je voudrais leur dire ici et maintenant que c’est faux. Ce n’est pas lui qui m’a fait arrêter. On m’arrête le 17 avril 2019 et au Bénin je suis poursuivi seulement le 17 mai 2019. Ça voudrait dire 1mois après. Réécoutez moi très bien, on m’arrête et c’est le 17 mai que je suis poursuivi. Alors, sur quelle base la Guinée équatoriale m’a-t-elle arrêté ? Sont-ils des magiciens pour savoir à l’avance que dans un mois je serai poursuivi dans mon pays ? Mieux, je suis poursuivi dans mon pays le 17 mai et c’est seulement le 28 juin qu’il y a un mandat international à mon encontre. Quelle décision la justice de la Guinée équatoriale ou plutôt la police de la Guinée équatoriale a-t-elle exécutée ?  Vous savez, je n’ai jamais été autant ridiculisé, et je n’ai jamais eu autant honte voyant mon pays ridiculisé à l’étranger. Parce que le procureur de la République de la Guinée équatoriale a posé des questions aux policiers qui m’ont arrêté. Le procureur leur a posé la question: comment avez-vous pu arrêter quelqu’un un 17 avril et qui est poursuivi un 17 mai dans son pays et un mandat a été émis le 28 juin. C’est le procureur qui a plaidé pour un non-lieu et le juge n’a fait qu’exécuter. Quand vous voyez la façon brouillonne dont ce dossier a été conduit, vous savez que ce n’est pas Patrice Talon. Moi, s’il y a quelque chose que j’ai toujours aimé chez Patrice Talon, même quand j’étais encore son opposant farouche, c’est qu’il est ordonné, méticuleux. Ce n’est pas un brouillon comme d’autres présidents que nous avons connus. Il ne tombe pas d’abord dans l’eau pour se poser la question après si c’était de l’eau chaude ou de l’eau froide. Alors, quand vous voyez comment ça a été conduit, je dis que ceux qui ont fait ça ont démontré la pagaille dont souffre le Bénin. Ceci étant dit, est ce que je leur en veux ? Non, je ne leur en veux pas. Il faut avouer que moi-même tous les jours, je faisais des audios. Parfois même 3 à 4 et 5 par jour. Je mettais certainement en difficulté certains plans du gouvernement. Ceux qui travaillent pour la République ont peut-être cru qu’il fallait me mettre hors d’état de nuire. Voilà, la Guinée m’a libéré. Alors un dossier où la justice de l’étranger m’a libéré, où l’Onu m’a donné le statut de réfugié, j’ai pris le risque de rentrer parce que je savais que je suis innocent et je me suis présenté moi-même à la justice. C’est ça la différence. Je suis revenu de l’étranger me présenter à la justice pour leur dire me voici. Dans ces conditions, le procureur s’est rendu compte qu’il n’avait pas besoin de me mettre en prison pour me juger puisque je suis venu me présenter moi-même. Je voudrais terminer en vous disant qu’aucune justice n’est neutre, dans aucun pays. Ne vous y trompez pas. Vous avez dû entendre que j’ai dû faire allégeance à la République et j’ai appelé tous mes militants à déposer tous les moyens de contestation, parce que le droit n’étant plus de notre côté. Il n’y avait plus aucune lutte à faire. L’élection parlons-en. Ceux qui disaient cinq ans c’est cinq ans, oui cinq ans c’est cinq ans ce n’est pas faux. Même la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a invalidé toutes les lois et pourtant on a eu des candidats. Un éminent professeur de droit constitutionnel a été candidat dans les mêmes conditions décriées par la cour, mais le plus grand parti de l’opposition, soi-disant ‘’Les démocrates’’ ont présenté une candidate et son colistier sous les mêmes lois. Mais alors, les décisions de la Cour africaine sont devenues caduques. Il n’y avait plus aucune lutte à mener. Et c’est pour ça que j’ai appelé le peuple à ne pas suivre des aventuriers avides de pouvoir. Le juge a aussi tenu compte de ce que j’ai dit hier. Et puis dans la décision, ceux qui me poursuivaient devant les tribunaux au Bénin n’ont produit aucune preuve, ils ont juste dit que j’ai fait des audios mais le contenu  n’a jamais été présenté à la justice. Bref, je me réjouis qu’il y ait une justice juste et équitable au Bénin. Le reste quand vous mettez la République en danger, elle n’a pas d’autre choix que de vous mettre hors de possibilité de lui être dangereux. »

Source : Océan Fm

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