Les Béninois ont dans leur ensemble apprécié le retour au bercail de 26 trésors royaux pillés. Une cérémonie d’hommage leur a été consacrée mercredi dernier. Seul bémol, l’absence de deux personnalités de marque, les présidents Soglo et Yayi.

Nul ne peut connaître ou prétendre connaître dans les moindres détails les motivations des hommes d’Etat. C’est pourquoi certains spécialistes passent du temps à scruter leurs actes, ou à analyser leurs propos, parfois des années après le pouvoir, pour y déceler de quoi donner du sens à leurs actes.  De la même façon, il serait presque illusoire et presque impossible, de justifier les absences des présidents Soglo et Yayi Boni, à la cérémonie organisée par le gouvernement pour célébrer le retour des 26 trésors d’Abomey de la France. Puisque, alors que les Béninois du Nord au Sud partageaient un moment de solennité mercredi 10 novembre 2021 pendant une cérémonie diffusée depuis le palais de la Marina, ces deux illustres personnalités, conviées et attendues,  ont brillé par leur absence. Pour des raisons diverses. Or pour beaucoup, cet instant était au-dessus de tous les autres. C’était une occasion rêvée,  certes de reconnaître les talents de négociateur diplomatique du président Patrice Talon, mais aussi et surtout un moment de rassemblement. Rassemblement, afin de donner ne serait-ce que le temps de cette célébration, le sentiment que  le pays est un et indicible. Mais, hélas. En effet, ces 26 œuvres spoliées, arrachées avec douleur au Dahoméens de l’époque, est une partie d’une histoire arrachée, amputée. Le  temps de panser les plaies est donc revenu, et,  même si,  l’histoire ne peut pas être complètement reconstituée en l’état, la contemplation de ces « souvenirs », ou plutôt reliques, pourrait insuffler un  supplément d’âme pour revivre l’histoire d’une grande Nation ou une grande époque. Et c’est cela, le sens du « combat » qu’a mené, à succès,  le président Talon.  Il fallait redonner cette émotion, ou ce sentiment d’appartenance à une grande Nation, à ses compatriotes d’aujourd’hui. Histoire de les préparer aux nombreux challenges du futur et aux défis qui restent à relever. Cette approche n’a pas reçu l’assentiment de tous.

Une occasion ratée

La présence des deux Chefs d’Etat avait été annoncée par les  médias. Selon ses proches,  le président Yayi Boni  avait des rendez-vous privés, qui l’ont contraint à ne pas honorer le moment. C’est à travers les  réseaux sociaux  qu’il s’est excusé à par  un  message dans lequel il  salue l’esprit d’ouverture du Président Macron et félicite Patrice Talon. Défenseur de la culture africaine, initiateur du festival Ouidah 92 pour célébrer la traite négrière, le président Soglo, quant à lui,  n’a pas honoré de sa présence ce bel hommage. Les esprits mal  intentionnés se sont empressés d’y lire la résultante des conflits et désaccords qui enveniment les relations entre le président  Talon et les Soglo. Peut-être pourrait-on l’admettre. Mais est-ce que cela valait la peine de snober cette occasion de faire la paix et de se mettre au-dessus des contingences politiques actuelles ? L’histoire nous le dira. Car, selon un chef  d’Etat africain connu, « la paix n’est pas un vain mot, mais un comportement ». Les chefs d’Etat béninois en fonction, ou à la retraite, doivent donc agir pour préserver la paix. Puisque toutes les querelles et dissensions ne peuvent s’imposer à la Nation.

Wilfrid Noubadan

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