Le dossier agression à main armée sur l’ancien ministre de la Jeunesse, des sports et loisirs, GaniouSoglo continue de défrayer la chronique. Dans la journée du lundi 8 février 2021, des interviews accordées par la victime à des médias au plan national et international ont été abondamment relayés. A Tv5 monde, le fils cadet de l’ancien président a confié d’être candidat « même si ma Céna ne retient pas sa candidature ». Une déclaration qui amène ses compatriotes à se demander ce à quoi il joue vraiment.

Le dossier tentative d’assassinat de Ganiou Soglo n’a pas encore livré son verdict. L’enquête ouverte par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de deuxième classe d’Abomey-Calavi suit son cours mais le principal concerné de l’affaire semble être préoccupé par autre chose : la Présidentielle du 11 avril 2021 à laquelle il a déposé son dossier. Sans attendre la publication de la liste provisoire et définitive des candidats retenus, Ganiou Soglo met déjà la charrue avant les bœufs. « Je compte aller jusqu’au bout. Je vais me soigner. S’il plaît à Dieu et aux mânes de nos ancêtres, je vais rentrer très rapidement pour continuer pour continuer à battre campagne car, dans tous les cas, même si la Céna ne retient pas ma candidature, je serai candidat », a laissé entendre honteusement le fils du président Nicéphore Soglo. Avec un certain niveau intellectuel donné et pour avoir occupé de grands postes de responsabilité, il y a des comportements qui ne sont plus permis. Le boulevard dans lequel Ganiou Soglo s’est engagé est dangereux non seulement pour lui, mais pour la République. Le Bénin jusqu’à preuve du contraire est un Etat de droit. L’organisation des élections est régie par une loi, le Code électorale et la Constitution qui fixent les conditions d’organisation et de participation. Tout citoyen, fut-il progéniture d’un ancien chef de l’Etat, a l’obligation de s’y conformer si tant est qu’il veut participer à ces élections. Dans le cas de l’élection présidentielle à laquelle entend prendre part Ganiou Soglo, elle est régie par le Code électoral et la Constitution modifiés en 2019. Choisir d’aller déposer des pièces contenues dans les anciennes lois qui ne sont plus en vigueur est une pagaille et un bordel. La Céna doit jouer son rôle sans état d’âme pour que ce soit seulement les candidatures à jour qui puissent poursuivre l’aventure présidentielle. Le fair-play est toujours de mise à une compétition électorale. En la matière, le Bénin jusque-là s’est toujours illustré maître dans l’art d’organiser la Présidentielle sans anicroche. Ce n’est pas en 2021 que des candidats voudront faire bégayer l’histoire. Lorsqu’un dossier de candidature est rejeté, des voies de recours existent pour que justice soit rendue. Ne pas procéder de la sorte et privilégier la voie de l’intimidation et du forcing pourrait se révéler préjudiciable pour les concernés. Le Bénin est un Etat de droit, force doit rester à la loi.

 

Abdourhamane Touré

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