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Conseil communal d’Abomey-Calavi:Des suppléants en attente d’être installés

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(Le maire Angelo Ahouandjinou s’explique)

Les raisons de la non-installation des suppléants des conseillers communaux et des Chefs d’arrondissement intérimaires à Abomey-Calavi suite à la l’incarcération des élus titulaires sont désormais connues. Au détour d’un entretien, le maire Angelo Ahouandjinou a apporté des clarifications sur les différents cas.

Le maire d’Abomey-Calavi a quel intérêt à ne pas vouloir installer les suppléants des conseillers communaux et les chefs d’arrondissement intérimaires dont les titulaires ont maille à partir avec la justice? Cette interrogation qui taraude les esprits depuis des mois vient d’avoir une réponse. Joint par la rédaction du journal « Le Matinal », l’édile de la Cité dortoir a apporté des clarifications sur le sujet qui alimente les débats depuis des mois dans la Commune. « Il n’y a pas eu jusque-là d’installation des conseillers suppléants pour diverses raisons », a confié d’entrée, le maire Angelo Ahouandjinou, très préoccupé par la situation qui empêche le Conseil de fonctionner normalement (11 conseillers titulaires sont derrière les barreaux sur les 49 que compte la Commune Ndlr). La première raison avancée par l’autorité communale est l’appel interjeté par le collège des conseillers condamnés dans l’affaire « 39 hectares ». En effet, selon Angelo Ahouandjinou, l’ancien maire, Georges Bada et ses coaccusés ne sont pas satisfaits de la décision rendue par la Criet. Ils ont interjeté appel devant la chambre d’appel et attendent le délibéré. « En ce qui concerne les conseillers condamnés dans l’affaire « 39 hectares », ils ont fait appel. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) doit d’abord trancher. C’est après sa décision finale que l’appel à siéger pour les suppléants sera lancé. Sans cette décision, nous ne saurions enclencher le processus d’appel à siéger aux suppléants», a clarifié le premier responsable de la Commune. Toutefois, l’autorité communale se dite prête à tout moment pour saisir le préfet qui, par arrêté, va autoriser l’appel à siéger pour installer les conseillers suppléants. « Dès que la Cour rendra son verdict, moi je vais saisir automatiquement le préfet à titre de compte rendu. Le préfet à son tour, va autoriser l’appel à siéger à travers un arrêté préfectoral », a fait savoir le maire.

S’agissant du cas de l’ancien maire Patrice Hounsou-Guèdè qui a été condamné et a fini de purger sa peine dans un autre dossier de délivrance de fausses lettres d’attribution, ayant conduit à la délivrance de faux certificats administratifs de parcelles, l’actuel locataire de l’hôtel de ville de la Cité dortoir a informé que ce dernier a repris son siège de conseiller. Selon ses explications, l’ancien patron des renseignements sous le président Mathieu Kérékou a certes été condamné mais la loi l’autorise à finir son mandat de conseiller en cours seulement qu’il ne peut plus être éligible à aucune élection au Bénin. « L’ancien-maire Patrice Hounsou-Guèdè a été condamné et libéré. Mais la loi dit que lorsque vous êtes condamné, vous n’êtes pas candidat et vous ne pouvez postuler à aucune élection mais vous finissez le mandat en cours. A ce titre, l’intéressé m’a écrit et il a été rétablit dans ses fonctions. Il a repris sa place au sein du Conseil communal mais actuellement, il a sollicité une permission pour aller se faire soigner hors du territoire national», a expliqué le président de l’Exécutif communal d’Abomey-Calavi.

Quid de l’installation des Chefs d’arrondissement intérimaires ?

Les Chefs d’arrondissement intérimaires nommés en remplacement de ceux condamnés par la Criet seront officiellement installés en avril prochain par le préfet de l’Atlantique. La cérémonie de leur installation sera couplée avec celle du 3ème adjoint au maire, poste qui va figurer dans l’organigramme de la Commune à compter du 1er avril, date d’entrée en vigueur de la loi N°2021-14 du 21 octobre 2021 portant Code de l’administration territoriale en République du Bénin. Pour rappel, avec ce Code, Abomey-Calavi passe du rang de simple Commune à celui d’une Commune à statut particulier. Avec ce changement de statut, le maire disposera de trois adjoints au lieu de deux comme c’est le cas actuellement. « Dès que la Cour rendra son verdict, je vais saisir également le parti politique majoritaire (Union progressiste) qui va envoyer au préfet, les noms des nouveaux Chefs d’arrondissement (Ca). Après réception de ladite liste, il reviendra au préfet de programmer l’installation des nouveaux Chefs d’arrondissement », a déclaré l’édile.

Quant au cas du Chef d’arrondissement de Ouèdo, Liamidi Houénou de Dravo, en détention préventive pour extorsion de documents administratifs, faux et usage de faux, complicité de faux et usage de faux dans une affaire de parcelles, son dossier est pendant devant la justice. Dans ce cas, aucune installation ne peut avoir lieu tant que la justice n’a pas rendu son verdict.

La bonne foi du maire Angelo Ahouandjinou

Le maire Angelo Ahouandjinou n’a visiblement aucun intérêt à vouloir gouverner avec un Conseil amputé de plusieurs conseillers. Il en est conscient et s’en remet à la justice pour vite démêler l’écheveau. « Je n’ai aucun intérêt à vouloir enfreindre aux textes. Il m’est même difficile de gérer sans l’effectif de départ», a confessé le premier citoyen d’Abomey-Calavi tout en avouant que la mairie manque « cruellement de ressources humaines pour fonctionner ». « Nous attendons la décision de la Justice. Le maire est accusé à tort dans le dossier. Quand on interroge les textes, il n’en est pour rien. C’est soit le préfet, soit la Cour. Le maire est suspendu à eux et également au président du parti majoritaire », a laissé entendre le numéro 1 de la Cité dortoir.

Serge Adanlao

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