Conformément à l’article 72 de la Constitution béninoise, le président de la république a prononcé hier, mercredi 29 décembre 2021 à l’Assemblée nationale, son traditionnel discours sur l’état de la Nation. A occasion, Patrice Talon a salué la mémoire des soldats tombés au front lors des attaques des terroristes dans le Nord du pays. Il a également évoqué les défis sécuritaires et sanitaires à relever par le gouvernement. Au terme de cet exercice constitutionnel, les acteurs de la société civile et autres personnalités se sont confiés à nous pour donner leur lecture de ce discours. Lire ci-dessous leurs propos.

Gilles Expédit Gohy, Maître de conférences, Camès :« C’est un discours rempli d’optimisme »

«  Mes impressions sur les interventions du président sont toujours très positives. Le président n’a pas, une fois encore, démenti cette bonne impression que j’ai. C’est un discours concis et extrêmement dense qui a abordé  tous les problèmes importants. Je dis tous les problèmes importants, parce qu’en deux expressions fortes, il a tout résumé. Défis sécuritaires et défis sanitaires, et le mot extrêmement fort qu’il a sorti, qui a englobé ces deux expressions, c’est le développement global. Le Bénin est dans une dynamique de développement global et à partir de cet instant, tous les espoirs sont permis. Toutes les espérances sont ouvertes  et c’est positif. C’est cela qui permet il y a quelques semaines, d’envisager l’annonce de la croissance économique de 7%  attendue pour 2022. On peut dire que toutes les conditions sont actuellement réunies pour  que le développement lancé par le président Patrice Talon pour sa  campagne pour le second quinquennat, sont en train d’être réunies pour que ce soit ça. ‘’Le développement ça y est’’.Mais le retournement social  aussi est en cours parce que, si vous avez bien suivi le discours du président Patrice Talon, c’est un discours rempli d’optimisme. Cela veut dire que la méthode  dans la rigueur pour l’accomplissement est encore là. La détermination résolue est là, c’est-à-dire que l’objectif  fixé  est clair et on avance résolument  vers cet objectif fixé qui est le mieux-être des communautés béninoises. Donc le développement global à la satisfaction de tout le monde. L’un dans l’autre,  mes impressions sont hautement positives. C’est tout à fait un excellent discours que moi j’ai  bien aimé »

Martin Vihoutou Assogba, président de l’Ong Alcrer :« Le chef de l’Etat a fait un discours concentré »

« Le chef de l’Etat a fait un discours concentré, mais avec tout ce qu’il faut comme élément d’appréciation de la situation. Les défis que nous avons à relever sont de deux ordres. Il y a la question sécuritaire, et le chef de l’Etat a dit qu’il fera en sorte que nos forces de sécurité et de défense soient renforcées, qu’elles aient du matériel  pour mieux  faire leur travail, combattre les terroristes qui cherchent à nous envahir. Il a parlé  aussi  du deuxième défi à relever, la question  de la  pandémie. Cette pandémie qui abeaucoup de conséquences néfastes sur tout ce que nous faisons comme  activité de développement. Le panier de la ménagère s’amenuise à cause de cette pandémie.Lesproduits sont chers. Et maintenant pour vaincre cette  pandémie-là, le chef de l’Etat nous demande de nous  faire vacciner. Donc, à tous les citoyens de  prendre cette relève-là par rapport au discours du chef de l’Etat. Premièrement il faudrait  que nous nous incluons dans  la question de  sécurité et que nous puissions informer  les forces de l’ordre de ceux que nous allons trouver sebalader dans nos villes, campagnes et hameaux, informer  les hommes de sécurité pour qu’ils puissent prendre le relais et faire la veille sur ces gens-là. Deuxièmement, par rapport à la pandémie, nous devons prendre le relais  en sensibilisant  tous ceux qui sont autour de nous, que ce soit dans notre maison, dans notre  quartier, dans notre village, dans notre arrondissement OU  dans notre commune, il faut sensibiliser les gens à aller se faire vacciner. C’est  le seul moyen pour lutter contre cette pandémie-là. C’est très  important. En ce qui concerne le développement, le chef de l’Etat a dit que c’est l’effort  de tous les Béninois. Il n’est pas égoïste. Il dit que  ce sont  nos efforts communs  qui ont fait que nous avons amorcé le développement et il faudrait que  nous puissions continuer et que nous devons être solidaires l’un envers l’autre. Nous devons être des patriotes pour que notre pays puisse se développer et devenir une  Nation révélée».

Noël Chadaré, Sg de la Cosi-Bénin :

« C’est un discours qui me satisfait en partie »

« En tant que Béninois, je suis en partie satisfait. Mais en tant que représentant des travailleurs,  je ne suis pas satisfait. Je suis resté un peu sur ma faim. En tant  que Béninois, j’ai écouté le discours du chef de l’Etat à l’Assemblée nationale sur l’état de la Nation.J’ai estimé qu’il y a des choses déjà évoquées. Il a dit que le Bénin va bien et se porte de mieux en mieux. C’est vrai pour certaines choses en tant que Béninois, on voit (les réalisations infrastructurelles, les voies, les grands chantiers et puis l’agriculture qui fait des prouesses, malgré le Covid). Mais quelque part, je suis insatisfait.Quand le gouvernement dit dans son Programme d’actions du gouvernement (Pag) 2, qu’il y aura une revalorisation des salaires, les travailleurs sont à l’écoute. On attend qu’il confirme cela. Il n’a pas dit un seul mot sur cela. Cette attente n’a pas été comblée. L’autre chose aussi, c’est qu’on est sorti de l’élection présidentielle et il y a eu assez de dégâts. Les gens se sont retrouvés en prison et donc, le processus judiciaire a été conduit à son terme pour certaines personnes et d’autres qui sont toujours en attente. Le Béninois veut que le chef de l’Etat pose les actes de décrispation. Je veux parler par exemple de la grâce présidentielle, mais on est resté aussi sur notre faim par rapport à cette attente. On attendait la bonne nouvelle au niveau des travailleurs et donc je dois dire, dans l’ensemble, que c’est un discours qui me satisfait en partie, mais qui me laisse sur ma faim. C’est vrai que le Bénin va de mieux en mieux aux plans des réalisations infrastructurelles, agricole.L’économie qui tient le coupmalgré le Covid-19, mais on veut voir un peu le quotidien des travailleurs. On attendait qu’il confirme. On veut qu’il décrispe un peu l’atmosphère».

Célestine Zanou, femme politique : « Il faut faire en sorte que tout le monde se sente concerné par le message »

« Mon avis depuis le président Mathieu Kérékou sur cet exercice de message sur l’état de la Nation reste le même. J’avais fait une proposition. J’ai martelé plusieurs fois sous le président Yayi Boni également sur ce que devrait être le discours sur l’état de la Nation, parce que le président de la République parle, mais personne ne pose de questions. Pour avoir fait l’exercice de rédaction de discours sous le président Kérékou, je me suis dit qu’on ne peut pas être juge et partie à la fois. Les présidents s’adressent à la Nation sans qu’on ne leur pose de questions. J’aurais aimé que tout le Bénin soit attentif à ce discours, car l’état de la Nation, c’est l’état de tout le pays. Le président doit ainsi faire l’effort pour que les gens se retrouvent dans son discours. La question qu’il faut donc se poser est de savoir si les gens se retrouvent dans ce discours prononcé par le président Patrice Talon. Quand je l’écoute, il a parlé entre autres des questions sécuritaire et sanitaire. Pour ce qui est du Covid-19, le taux de vaccination est encore faible au niveau de la Nation. Il y a à s’interroger sur ce qu’on fait pour lever ces réticences. Qu’est-ce que nos chercheurs en matière de biologie et de maladies infectieuses ont-ils fait ? Qu’est-ce que l’Etat a fait pour les mobiliser dans ce domaine ? C’est ce que j’aurais aimé entendre. C’est bien de peindre le tableau, mais c’est brusque de dire que la vaccination reste la solution alors qu’on a beaucoup de discours qui dissuadent les gens sur la vaccination. La proposition vis-à-vis certainement des interrogations légitimes est la vaccination mais nos chercheurs ont été mobilisés pour apporter leur pierre à la lutte ? C’est un exemple que je donne parmi tant d’autres. Il faut faire en sorte que tout le monde se sente concerné par le discours, que tout le monde s’arrête pour suivre le message de leur président. Ce message doit refléter celui qui est à Natitingou, à Abomey ou à Sègbohouè qui doit se sentir concerné.

La question que je me pose est de savoir si la population se sent vraiment concerné par ce qui a été dit ? Moi, je me suis arrêtée pour suivre parce que je suis engagée politiquement et je veux m’informer. Est-ce que les présidents successifs du Bénin se sont-ils posé cette question depuis des années qu’ils font cet exercice? J’ai posé le problème sous Kérékou. J’ai fait des propositions sous Yayi. J’aimerais bien que ces propositions soient mises en application. Il y va de l’intérêt des gouvernants et des gouvernés car je suis sûr que les femmes de Dantokpa n’ont pas écouté le discours, alors qu’elles sont concernées par le Covid-19. C’est pourquoi, je prône le dialogue depuis. Il faut qu’on aille s’asseoir pour discuter. Le dialogue, ce n’est pas seulement pour évaluer la gouvernance d’un président. C’est pour s’interroger sur le chemin parcouru et les choses à revoir dans le fonctionnement de la République. Cela nous ramène à notre esprit de consensus dans lequel nous devons diriger nos pays en Afrique pour ne pas copier servilement ce que les gens font ailleurs parce que les réalités socioculturelles ne sont pas les mêmes. Lorsque vous prenez la Chine, on l’appelle démocratie, mais vous savez comment cela fonctionne là-bas de façon tournante. C’est pareil pour l’Allemagne, l’Angleterre, le Japon, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et le Portugal. Ils ont su adapter la démocratie à leurs réalités socioculturelles.

Je voudrais que l’Afrique réfléchisse également à travers les modèles de ces pays pour que les réalités socioculturelles soient prises en compte dans la définition de nos modes de gouvernance ».        

 Claudine Prudencio, présidente de l’Inf :« C’est un discours pertinent »

« Le Discours du président Patrice Talon devant le Parlement est un discours pertinent ! C’est un discours responsable ! C’est un discours producteur d’espoir ! Le président Talon y a abordé les défis qui s’imposent à notre Nation aujourd’hui, pour sauvegarder le bien-être et le bon vivre-ensemble : les questions sécuritaires et la riposte conséquente à la pandémie du Covid-19 et ses effets dévastateurs. Un discours responsable parce que le chef de l’Etat a réaffirmé la posture d’un Etat digne, décidé à donner les moyens adéquats à nos forces de défense et de sécurité pour arriver à bout des velléités des groupes terroristes contre notre pays. Les propos du président Talon, sont rassurants. Cela présage de l’engagement d’un Etat qui sait prendre ses responsabilités. Concernant le défi sanitaire, le chef de l’Etat a également posé le bon diagnostic par rapport aux efforts consentis contre la crise sanitaire. Mais aussi et surtout la nécessité de lever les goulots d’étranglement face à la nécessité d’une couverture vaccinale assez forte pour ne pas sombrer sous les affres de la pandémie qui désorganise toute notre vie sur les plans économique et social… J’en profite pour appuyer le message lancé par le chef de l’Etat afin que tout le monde aille se vacciner. Le discours du chef de l’Etat est producteur d’espoir parce que, comme le président l’a plusieurs fois martelé, la situation n’est pas désespérée. Et il a surtout annoncé avec conviction, que de très merveilleuses choses se feront au cours du second quinquennat pour le bonheur du peuple. Pour le soulagement des femmes, j’ai été très heureuse d’entendre le chef de l’Etat se montrer préoccupé au plus haut point par la question de la cherté de la vie. Nous lui faisons confiance pour les mesures idoines à prendre pour améliorer le contenu du panier de la ménagère tenue par la femme, mère de la cellule familiale ».

Delphin Gangannan, acteur politique :« Un discours d’avenir plein de rêves »

« Le message sur l’état de la Nation est un acte constitutionnel républicain obligatoire à tout chef d’Etat élu par notre peuple souverain. Alors, le chef de l’Etat, Patrice Talon, comme tous ses prédécesseurs, a sacrifié à la tradition une sixième fois, mais la première fois au cours de son second mandat. Il faut commencer déjà par noter la sobriété, la ponctualité, le respect de la tradition, le respect de l’attribut, mais surtout le côté nationaliste du chef de l’Etat. Qu’il vous survienne que la marche se faisait jadis sur l’avenue Victor Ballot, mais cette fois-ci,  c’est sur une avenue qui a bénéficié de la beauté et des bienfaits du projet asphaltage. Et je profite déjà pour demander au Conseil communal de  Porto-Novo de rebaptiser cette avenue par un nom du président de l’Assemblée nationale qui a la date d’aujourd’hui a régné  le plus : Adrien Houngbédji. Et ceci déjà de son vivant. Dans le respect des gestes barrières, puisque Covid-19 oblige, cette cérémonie a respecté et a revêtu toute l’importance républicaine. Un discours bilan, un discours d’avenir plein de rêves. Un message d’encouragement, d’invite à la combativité. Un discours qui nous invite aux défis actuels, un message rassurant. Le chef de l’Etat, dans un dosage acido-basique propre à lui, nous a dit en peu de mots toute son ambition et sa vision. Loin de se mettre à lister les réalisations passées pour se verser dans une autosatisfaction béante, il nous a plutôt parlé de l’avenir, des projets à venir. Juste pour dire : quand il reste à faire, rien n’est encore fait. Le chef de l’Etat, conscient que pour les pays pauvres comme les nôtres, tout ce qui se fait c’est du social et surtout en ce qui concerne le panier de la ménagère. A ce titre, un clin d’œil est fait, sans oublier l’emploi des jeunes. C’est la façon royale pour le président de nous dire, je sais ce qui se passe et ce qu’il nous faut. Le chef de l’Etat, comme à son habitude, a donné à certains le retour aux basiques en français en nous livrant : mon « second » mandat, je n’ai pas dit deuxième mandat hein. Puisque  la tradition veut qu’on emploie deuxième lorsque l’énumération peut aller au-delà de deux, et second lorsque l’énumération s’arrête à deux. Donc, c’est pour ne pas paraître rébarbatif en répétant dernier mandat  à chaque fois. Alors, le président Patrice Talon vient encore une fois dire que pour lui, c’est le respect des textes votés qui est son leitmotiv. En tout cas, nos soldats au front et tout le peuple ont le soutien du premier des Béninois. La pandémie qui est un mal mondial avec ses variantes variables et variées ne pourra se conjuguer au passé sans l’apport, la contribution et la participation de tous. Mais notre salut actuel est : la vaccination.

En somme, le chef de l’Etat nous invite à regarder l’avenir avec assurance espoir et détermination. Un peuple en guerre, un peuple malade ne peut pas réussir. Donc, le défi pour notre salut passe par le combat contre ses deux fléaux du moment. Moi, mon invite pour finir est que tous, nous l’accompagnons pour que son second mandat soit deux fois et trois fois plus bénéfique que le premier mandat comme il l’a si bien dit lui-même ».

Charlemagne Yankoty, maire de Porto-Novo : « Le chef de l’Etat a été très concis comme d’habitude »

« Le chef de l’Etat a été très concis comme d’habitude. Dans son discours, il a insisté sur les défis majeurs qui nous attendent et qui concernent surtout la sécurité et la santé. Du point de vue sécurité, il a parlé de la situation qui prévaut actuellement au Nord du pays et du point de vue de la santé, il nous a rappelé qu’aujourd’hui plus que jamais, il est important de sensibiliser la population, de renforcer le taux de couverture vaccinale pare que beaucoup d’intoxication ont amené à la réticence de bon nombre de nos concitoyens face à cette pandémie. C’est le lieu d’inviter la population à vraiment réagir par rapport à ce discours du chef de l’Etat et à se faire davantage vacciner et que nous renforcions davantage le taux de couverture vaccinale surtout que nous abordons la période des fêtes. Ce sont des moments où on s’oublie et il serait très impérieux surtout à cause des variantes que nous observons aujourd’hui, de se faire vacciner. Mais au-delà de cela, le président nous a donné beaucoup d’espoir. D’abord, il a fait un état des lieux et fait retenir à  l’auditoire que pendant les cinq dernières années, nous avons fait un grand bond. Au nombre de ces bonds, il y a le changement de l’état d’esprit des Béninois. Il a fait ressortir cet aspect fondamental et qui s’observe aisément dans le pays. Aujourd’hui, on sait qu’il y a un changement de mentalité que « impossible n’est plus Béninois » comme il l’a dit. Mais au-delà, il nous a donné l’espoir par rapport à tout ce qui viendra renforcer déjà les acquis. Il a dit qu’au cours de son quinquennat, le temps serait largement suffisant pour booster plus loin, pour qu’on fasse deux, trois voire quatre fois ce qu’on a déjà vu. Nous espérons bien et si nous avons une prière à faire, c’est qu’au cours de cette année, Dieu lui donne toute l’énergie nécessaire, que Dieu lui accorde la santé nécessaire pour que ses bons vœux se réalisent pour notre cher pays, le Bénin ».

Antoine Guédou, président du parti Gsr : « Il aurait pu ajouter un 3ème défi qui est celui de la paix »

« Des gens diront que les défis évoqués par le chef de l’Etat sont importants. Je veux parler du défi sécuritaire et du défi du Covid-19. Mais il  aurait pu ajouter un troisième défi qui est celui de la paix, surtout qu’il parle de cohésion, de renforcement de l’unité. Il n’y a rien de tout ça lorsqu’il n’y a pas la paix. Moi j’estime aujourd’hui qu’il y a le terrorisme extérieur, mais il y a aussi le terrorisme intérieur. Ce que je veux dire, c’est que le terrorisme qu’on vit aujourd’hui, qui est un choc extérieur, mais également un choc intérieur. Tout le temps, on est en prison. On ne sait jamais qui va passer demain. Ce n’est pas bien. Et je pense que le président aurait pu associer à son discours ce volet là et rassurer  un peu le peuple. Ce n’est pas seulement les opposants. Même quand vous posez la question au citoyen lambda, tout le monde a peur. C’est cela le vrai état de la Nation, ce que le paysan pense, ce que le commun des mortels pense. Les attaques à nos frontières, nous savons, mais l’inconnue aujourd’hui, c’est quand même  la paix intérieure ? C’est cela le vrai problème. Moi je dis, il y a un troisième volet qu’il pouvait ajouter pour que tout le monde ait la paix intérieure dans le pays».

Alassani Tigri, vice-président « Les démocrates » : « Il a manqué le défi politique dans le discours »

« C’est une bonne chose que le chef de l’Etat se soit de nouveau conformé à la Constitution parce qu’il faut respecter la loi fondamentale. Deuxième chose, je constaté que dans son discours, il a relevé trois défis que sont: le défi sécuritaire, le défi sanitaire et le défi social. Ce diagnostic est incomplet en ce sens qu’il manque en toute humilité selon moi, un 4ème défi qui est d’ailleurs le plus important. Il s’agit du défi politique. Je pense qu’à l’écouter, il l’a senti et c’est ce défi qu’il a pudiquement appelé l’état d’esprit. S’il avait identifié ce défi, il l’aurait appelé défi politique. Ce défi se trouve en amont des autres défis étant entendu que tous ces défis sont liés. Mais la clé de voûte pour les résoudre, c’est le défi politique. Le défi politique, c’est de constater humblement et franchement la fracture sociale et politique qu’il y a actuellement dans le pays, d’essayer de le résoudre avec les autres acteurs politiques. Il s’agit, en termes clairs, de libérer les détenus politiques, de ramener les exilés politiques et de s’asseoir autour d’une table pour un dialogue politique national, car en fait, si vous considérez le premier défi, le défi sécuritaire, l’expérience a prouvé partout dans le monde que  les terroristes ne peuvent pas résister devant un peuple uni. S’ils trouvent en face d’eux, un peuple béninois uni derrière son Armée nationale, dans une unité nationale bien réussie parce qu’on aura réglé le défi politique, ce serait un début de victoire. Par rapport au 2ème défi sanitaire identifié par le chef de l’Etat, quels que soient les complotistes, la gravité du Covid-19, si le défi politique est réglé et que tout le peuple béninois, tel un seul homme, se dresse avec la volonté de se sensibiliser pour la vaccination et de régler tous les problèmes liés au Coronavirus, je crois que ce serait déjà un début de victoire. S’agissant du 3ème défi, celui social identifié, imaginez que le défi politique soit réglé, et que l’unité nationale et la concorde sont établies, que tout le peuple béninois se lève et s’engage dans le développement global et intégré, ce sera également un début de victoire. Ce sera un moment où enfin, l’épineuse question de panier de la ménagère commencera par trouver un début de solution.

En somme, il faut que nous puissions identifier tous les défis. En identifiant le défi politique et en s’attelant à le régler, ce ne sera pas une défaite pour le pouvoir, pour l’opposition, mais ce sera prendre une conscience que l’enjeu réel, c’est le peuple béninois, c’est son développement, son bien-être et s’atteler à résoudre cela ».  

Sa majesté Nicoué Kpatakpatakou II : Roi de la civilisation guin du Bénin : « C’est le plus beau cadeau de fin d’année que nous puissions rêver »

« En tant que leader traditionnel, on ne peut rester insensible sur des questions liées à l’emploi, au pouvoir d’achat, à la santé, à la sécurité, etc… Hors, il se trouve que le discours du chef de l’Etat porte essentiellement sur ces sujets importants. Je suis heureux d’apprendre que le chef de l’Etat veuille régler les problèmes recurrents qui minent actuellement la population. L’intervention du chef de l’Etat vient à point nommé, évitant ainsi une crise de confiance et de désespérance.                         Des mesures seront donc prises pour inciter les citoyens béninois à se faire vacciner d’avantage ; des financements conséquents seront consacrés à l’acquisition de matériels et équipements militaires pour les soldats qui sont au front afin d’optimiser leur capacité à annihiler et décourager les actions terroristes ; des emplois seront créés pour compenser les pertes enregistrées pendant la crise due à la pandémie ; enfin, des mesures incitatives et financières viendront améliorer le pouvoir d’achat des masses populaires. Ces mesures devraient être accompagnées et relayées par les leaders traditionnels qui devront jouer pleinement leur rôle, afin de garantir, dans leurs royaumes respectifs, la paix, en soutien au Programme d’Action du Gouvernement. Le président John Kennedy a déclaré, un jour au peuple américain : « Ne demander pas ce que l’Amérique peut faire pour vous, demandez-vous plutôt ce que vous pouvez faire pour l’Amérique ». Cette phrase à elle seule a bouleversé le comportement et le quotidien des américains. Hier, le chef de l’Etat a demandé à tous de serrer un peu la ceinture. Aujourd’hui, il promet plus de prospérité.  C’est le plus beau cadeau de fin d’année que nous puissions rêver. Quand le panier de la ménagère va, tout va… »

Julio Tométy : «  Nous avons vu un Patrice Talon sûr  de la qualité de sa gouvernance »

« Dans la forme, le Chef de l’Etat, en délivrant un message devant la Représentation nationale, satisfait à une exigence constitutionnelle qui découle de l’article 72 de la Constitution laquelle dispose que « Le Président de la République adresse une fois par an un message à l’Assemblée Nationale sur l’état de la nation ». Mais c’est le Chef de l’Etat qui choisit le contenu à lui donner. C’est pourquoi, bien que ce ne soit pas le message de vœux de fin d’année ni l’adresse à la nation du 31 juillet à l’occasion de la célébration de la souveraineté nationale, ça peut leur être assimilé. Sur le contenu du message, le Chef de l’Etat comme à son habitude s’est voulu suscinte en choisissant à sa guise d’aborder les sujets de l’actualité qui lui paraissent importants. C’est dire qu’il y a biens de sujet sur lesquels les béninois auraient voulu l’entendre mais qu’il a esquivé comme l’atmosphère politique ou politico-juridique par exemple… Nous avons vu un Patrice Talon sûr de la qualité de sa gouvernance au point d’affirmer que le pays se porte de mieux en mieux. Les béninois a entendre le PR, sont en phase avec  l’état d’esprit qui conditionne l’action gouvernementale… Le Chef de l’Etat a mis l’accent sur les deux défis majeurs de l’heure : Sécuritaire et Sanitaire. Sur le plan sécuritaire, le gouvernement ne semble pas être surpris par les incursions djihadistes au large de nos frontières avec le Burkina Faso et avait même déjà pris les dispositions pour renforcer ses positions en moyens, logistiques, humains et technologiques. Les béninois peuvent se sentir en sécurité des sérieuses options prises. La pandémie du Covid-19, comme second défis n’a pas échappé au 1er des béninois. A l’en croire, c’est la pandémie a accentué la cherté de la vie de le monde et particulièrement en Afrique subsaharienne. Notre salut résiderait dans la prise de conscience individuelle et collective en fédérant aux exigences et mesures prescrites par les milieux scientifiques qui font un travail inlassable. Il faudra se départir des différentes thèses complotistes et continuer le respect des gestes barrières et se prêter à la vaccination. De bonnes perspectives donc malgré les soubresauts sur les deux défis, rassure le Chef de l’Etat. Patrice Talon n’a pas manqué, à l’entame de son discours de répondre aussi bien à ses soutiens (qui lui murmurent l’évidence d’un mandat supplémentaire) ainsi qu’à ceux qui lui prêteraient des intentions d’un autre (3è) mandat. Et bien Patrice Talon est à son second et dernier mandat présidentiel. Cette précision était utile en ce sens que la fébrilité de la constitution ne peut résister à aucune initiative de révision relativement à l’architecture institutionnelle actuelle. Il est donc à espérer que le reformateur reste dans cette constance qui rassure pour les quatre prochaines années. »

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